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Le président du Burkina Faso, Roch Kaboré, arrêté par les militaires

Les négociations avec les soldats mutinés, dimanche, se sont révélées être un échec
presidente burkina faso

REUTERS/GONZALO FUENTES  -   Le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kabore

Roch Kaboré, l'actuel président du Burkina Faso, vient d'être arrêté par les militaires dans le cadre d'un prétendu coup d'État. "Il a été arrêté à son domicile et emmené dans une caserne de la capitale burkinabè, Ouagadougou", a déclaré un haut commandant de l'armée, comme l'ont confirmé les agences de presse burkinabè et Efe. Cette arrestation est une réponse à l'échec des négociations de dimanche dernier, lorsque la tension est montée et que des coups de feu ont été tirés dans plusieurs casernes pour réclamer de meilleures conditions pour les forces armées.

Le gouvernement a considéré ces événements comme une mutinerie militaire menée par un groupe de dissidents. Par ailleurs, des coups de feu ont été entendus près de la résidence présidentielle, laissant planer le doute sur un éventuel coup d'État. L'arrestation du président est intervenue quelques heures après que la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a publié un communiqué exprimant sa grave préoccupation face au déclenchement de la mutinerie militaire et exhortant les militaires à établir un dialogue avec les autorités gouvernementales et à parvenir à une période de calme. 

REUTERS/VINCENT BADO
REUTERS/VINCENT BADO - Des membres de la gendarmerie au milieu de fumigènes, lors d'une manifestation appelant à la démission du président du Burkina Faso, Roch Kabore, et au départ des forces françaises qui patrouillent dans le pays, à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 27 novembre 2021.

Après le déclenchement de la mutinerie, le gouvernement du Burkina Faso a imposé un couvre-feu entre 20 heures et 5 h 30 du matin. À tout moment, le gouvernement, dirigé par Roch Kaboré, a tenté de maintenir une situation stable dans le pays, surtout après les premiers coups de feu tirés aux premières heures du dimanche matin dans les différentes casernes de l'armée. À aucun moment le gouvernement n'a prétendu qu'il s'agissait d'un coup d'État, mais plutôt d'une mutinerie militaire. En effet, le ministre de la Défense, le général Aimé Barthélémy Simporé, a affirmé qu'"aucune institution publique" n'avait été touchée.

Certains médias locaux ont affirmé que la mutinerie visait à demander des améliorations au sein du gouvernement et qu'en principe, les militaires n'ont pas l'intention de prendre le pouvoir dans le pays. L'une des mesures exigées par les militaires est la recherche de moyens et d'instruments pour lutter contre le terrorisme djihadiste, qui vise les troupes burkinabè ; et la démission de hauts responsables de l'armée et des services de renseignement pour leur incapacité à lutter contre le terrorisme. La population est descendue dans la rue et a commencé à manifester dans les différents rassemblements populaires appelés à montrer leur soutien à l'armée dans la capitale, Ouagadougou, entre autres régions du pays. En outre, le siège du parti au pouvoir, le Mouvement du Peuple pour le Progrès, dans le quartier de Nonsin, a été incendié.

Manifestantes salen a las calles de la capital de Burkina Faso, Uagadugú, el sábado 27 de noviembre de 2021, para pedir la dimisión del presidente Roch Marc Christian Kabore AP/SOPHIE GARCIA
AP/SOPHIE GARCIA - Des manifestants descendent dans les rues de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, samedi 27 novembre 2021, pour demander la démission du président Roch Marc Christian Kabore.

Ces derniers mois, la situation dans le pays africain n'a pas été très favorable, la tension a augmenté, ainsi que le mécontentement social, en particulier parmi les militaires, qui ont exigé un renouvellement de la direction militaire et une amélioration gouvernementale pour lutter contre le terrorisme djihadiste, car il existe différents réseaux établis dans diverses régions du pays, qui ont assassiné des dizaines de citoyens et de militaires.

Avant la mutinerie militaire de dimanche, une série de manifestations non autorisées contre le président du pays ont eu lieu samedi, à l'appel de divers groupes de la société civile, pour exprimer le mécontentement social face à l'insécurité causée par le terrorisme djihadiste, qui a entraîné le déplacement interne de plus de 1,5 million de citoyens, selon les données collectées par le gouvernement burkinabé, et à l'absence de mesures du gouvernement pour endiguer ce phénomène international. Des appels à la démission du président ont également été lancés.

Manifestantes salen a las calles de la capital de Burkina Faso, Uagadugú, el sábado 27 de noviembre de 2021, para pedir la dimisión del presidente Roch Marc Christian Kabor AP/SOPHIE GARCIA
AP/SOPHIE GARCIA - Des manifestants descendent dans les rues de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, le samedi 27 novembre 2021, pour demander la démission du président Roch Marc Christian Kabor.

Le terrorisme djihadiste est généralement attribué aux réseaux d'Al-Qaïda et d'ISIS, dont l'un des effets a été la déstabilisation économique du Burkina Faso. En conséquence, de nombreux citoyens sont descendus dans la rue dimanche pour manifester sous le prétexte de demander au gouvernement de prendre une série de mesures pour étouffer la menace terroriste.

Le Burkina Faso est, avec le Mali, l'un des pays où la violence, notamment djihadiste, est la plus concentrée. Depuis le début du mois, le Burkina Faso a procédé à 15 arrestations, dont 5 civils et 10 militaires, pour une tentative présumée de coup d'État. Selon les sources de Courrier Confidentiel, si les militaires perçoivent que leurs demandes sont ignorées, la situation dans le pays pourrait changer.