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Le principal quotidien algérien en grève après 4 mois sans payer les salaire

Les travailleurs dénoncent des conditions de travail "asphyxiantes"
AP/FATEH GUIDOUM - Un hombre lee un artículo en el periódico El Watan de Argel el domingo 22 de mayo de 2022

AP/FATEH GUIDOUM  -   Un homme lit un article dans le journal El Watan à Alger, le dimanche 22 mai 2022

Les employés du journal algérien El Watan ( La Patrie), le quotidien francophone le plus vendu, ont annoncé mardi une grève de 48 heures à partir de mercredi pour dénoncer leurs conditions économiques "étouffantes" après quatre mois sans salaire.
 
"Pour les 150 journalistes et salariés, la situation sociale est devenue critique et a dépassé le seuil de tolérance, d'autant que les horizons sont bouchés pour trouver une issue à l'asphyxie financière que subit l'entreprise", indique le conseil d'administration dans un communiqué.
 
Le quotidien national, fondé en 1990, a été suspendu à plusieurs reprises en raison des pressions politiques du régime, tandis que son ancien rédacteur en chef jusqu'en 2019, Omar Belhouchet, a été condamné à de nombreuses peines de prison pour "diffamation".
 
Ces dernières années, le journal a dénoncé la volonté politique de le priver de financement par l'intermédiaire de l'Agence nationale d'édition et de publicité (Anep), qui détient le monopole de la publicité publique, après avoir rompu "unilatéralement" son contrat en raison de sa ligne éditoriale.
 
À cela s'ajoute la baisse des ventes de journaux papier, dont le tirage est passé de 155 000 exemplaires en 2010 à moins de 40 000 actuellement, selon les chiffres de l'entreprise.
 
En février, El Watan - qui dispose d'un supplément hebdomadaire sur l'économie, l'immobilier et la télévision, ainsi que d'une édition du week-end et de plusieurs éditions régionales - a annoncé qu'il allait augmenter ses prix de 30 à 40 dinars (de 19 à 26 centimes d'euro) pour couvrir son déficit.
 
"La direction continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour perpétuer un journal qui a enduré tant de souffrances et qui a rapporté objectivement et consciencieusement l'actualité nationale et la vie des Algériens au cours des 30 dernières années", indique le communiqué.
 
Le quotidien indépendant "Liberté", également de langue française et créé dans les années 1990, a cessé de paraître en avril après que le conseil d'administration a dissous la société d'édition "pour des raisons financières" contre les demandes de ses employés.