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Marruecos

Le Qatar propose une médiation entre l'Iran et les États-Unis  

Cette proposition s'ajoute à celles faites il y a quelques semaines à l'Egypte et à l'Arabie Saoudite 
El viceprimer ministro y ministro de Asuntos Exteriores de Qatar, el jeque Mohamed bin Abdulrahman al-Thani 

AFP/KARIM JAAFAR   -   Le vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar, Cheikh Mohamed bin Abdulrahman al-Thani 

Comme l'a rapporté l'agence de presse AFP, le ministre des affaires étrangères du Qatar a rencontré son homologue iranien à Téhéran dans le but de servir de médiateur entre l'Iran et les Etats-Unis au sujet de l'accord nucléaire de 2015 auquel Washington envisage maintenant de revenir.   

Le cheikh Mohammed bin Abderrahmane al-Thani a été reçu par le ministre iranien, Mohamad Javad Zarif, une semaine seulement après que Téhéran ait renoncé à continuer à respecter certains points de l'accord jusqu'à ce que Washington ne lève pas les sanctions imposées à la République islamique depuis 2018.  

Le ministre qatari a profité de ce voyage pour rencontrer le président Hassan Rohani, à qui il a transmis les salutations de l'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad al-Thani.  

Bien que Doha soit un allié proche des États-Unis, elle entretient également de bonnes relations avec l'Iran. En fait, c'est l'une des raisons avancées par l'Arabie saoudite et ses alliés en 2017 lorsqu'ils ont rompu leurs relations avec le Qatar et lui ont imposé un blocus commercial.   

La visite s'est déroulée au milieu des tensions entre Téhéran et Washington malgré la volonté annoncée par le nouveau président américain, Joe Biden, qui s'est montré favorable à la fin de la politique de "pression maximale" de son prédécesseur, Donald Trump, qui a abouti à la sortie unilatérale des Etats-Unis de l'accord nucléaire international iranien conclu à Vienne en 2015.  

En réponse, l'Iran, depuis 2019, ne respecte plus progressivement la limite de production d'uranium enrichi à laquelle il s'était engagé pour que la communauté internationale assouplisse les sanctions qui causent tant de problèmes à son économie.   

Le Parlement iranien, dans lequel les groupes les plus conservateurs sont majoritaires, a adopté en décembre une loi exigeant du gouvernement qu'il mette fin à "l'application du protocole additionnel" de l'accord à partir du 21 février si les Etats-Unis n'avaient pas levé les sanctions imposées à cette date.  

S'il se conformait aux exigences du corps législatif, l'Iran ne permettrait plus aux inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'accéder aux installations, notamment militaires, en cas de soupçon d'activité pouvant conduire à la création d'armes nucléaires.   

Jusqu'à récemment, l'ambassadeur américain en Israël, David Friedman, était opposé au retour à l'accord nucléaire, arguant qu'il mettrait en péril la normalisation des relations entre Israël et plusieurs pays arabes depuis la signature de l'accord d'Abraham en septembre dernier.   

Le Qatar va diriger les négociations du Conseil de coopération du Golfe   

Fin janvier, le ministre qatari des affaires étrangères a annoncé dans une interview à Bloomberg TV que son pays serait prêt à servir de médiateur pour une rencontre entre les six pays qui composent le Conseil de coopération du Golfe (CCG), le Bahreïn, l'Arabie saoudite, le Koweït, les Émirats arabes unis, Oman et le Qatar lui-même, avec l'Iran, "un désir partagé par les pays" de l'organisation, selon M. Al-Thani.   

D'autre part, Mutlaq al-Qahtani, conseiller spécial du ministre, a annoncé que Doha était prêt à servir également de médiateur entre l'Iran et l'Arabie Saoudite, si Riyad demandait une telle médiation.   

L'Égypte a également reçu l'offre de médiation du Qatar, bien que l'Iran ait été favorable à la négociation avec l'Égypte pour normaliser les relations sans aucune médiation. Cependant, l'Egypte, pour sa part, est actuellement fermée aux négociations avec l'Iran, arguant que le temps et les circonstances ne le permettent pas.