Le Soudan annonce de nouvelles mesures pour surmonter la crise politique

Avec ce nouveau plan, le pays africain tente de faire face à une situation convulsive secouée par des divisions internes au sein du gouvernement
hamdok-primer-ministro-sudan

PHOTO/BERND JUTRCZENKA  -   Le premier ministre soudanais Abdalla Hamdok

Le Soudan traverse une période de turbulence. Les tensions entre les civils et les généraux du gouvernement de transition se sont accrues depuis la tentative déjouée de réaliser un nouveau coup d'État. En réponse, le Premier ministre soudanais Abdalla Hamdok a proposé une nouvelle feuille de route pour résoudre la crise politique qui menace de déstabiliser le pays.

Dans un discours, Hamdok a qualifié la tentative de coup d'État de septembre d'acte qui devrait "réveiller le peuple" pour qu'il soutienne la nouvelle phase politique de transition. Selon le président sortant, "la grave crise politique que nous vivons actuellement est la pire et la plus dangereuse. Cela ne menace pas seulement la transition, cela menace notre pays tout entier. 

hamdok-primer-ministro-sudan
AFP/ ASHRAF SHAZLY  - Le Premier ministre soudanais Abdullah Hamdok (au centre) et le général de division Malik Tayeb Khojali (à gauche) inspectent une garde d'honneur à El-Fasher, dans le nord du Darfour.

Dans ce contexte, le Premier ministre a souligné que la suppression du contrôle de l'État par l'ancien régime d'Al-Bashir est une "obligation constitutionnelle". Il a souligné que "c'est un objectif qui ne doit pas être défait, mais (nous) pouvons revoir les moyens de travailler, en garantissant le droit de parvenir à la justice". En outre, il a souligné que "les problèmes fondamentaux de cette nouvelle crise politique existent depuis longtemps" et que ces mesures "contribueront à accélérer le passage de témoin à un gouvernement élu et civil".

En réponse aux appels au renversement du gouvernement actuel, le premier ministre a lancé un appel pour tenter de mettre fin aux "frictions entre les groupes du FFC" et essayer d'élargir les composantes du nouveau gouvernement de transition. 

protestas-sudan-jartum
AFP - Des femmes soudanaises célèbrent à Khartoum après la signature de la déclaration constitutionnelle pour une transition civile entre le Conseil militaire de transition et l'opposition.

Les frictions politiques du pays découlent des profondes divisions entre les partis civils et militaires qui ont cherché à mener la transition politique dans le cadre de l'accord de partage du pouvoir en août 2019. Plus précisément, la plupart des différences se situent au sein de l'alliance civile des Forces pour la liberté et le changement (FFC).

Par ailleurs, en pleine tension sociale, Hamdok a proposé un plan en dix points pour résoudre la crise et tenter de démocratiser le pays. Il s'agit notamment d'une proposition de désescalade entre les deux parties et d'une voie pour "engager le dialogue" sur les questions qui divisent. 

Ces nouvelles politiques font suite au rejet par Hamdok des propositions avancées par le président du Conseil souverain de transition, Abdelfatá al-Burhan, visant à approuver la dissolution du gouvernement et à en former un nouveau avec "un plus grand soutien militaire". 

sudan-consejo-soberano
AFP/ ASHRAF SHAZLY  - Président du Conseil souverain du Soudan Général Abdel Fattah al-Burhan

Deux ans après que l'armée a renversé le règne de trois décennies de Bashir, le chemin vers la démocratie au Soudan est fragile. Depuis la chute de Bashir, le Soudan a maintenu un gouvernement intérimaire civil-militaire. Ces derniers jours, cependant, les tensions entre civils et généraux ont augmenté au point que des milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour demander le retour des militaires au gouvernement.

Selon RFI, les manifestations auraient été menées par deux anciens chefs rebelles, dont l'actuel ministre des Finances, Jibril Ibrahim. Pour Hamdok, "l'essence de cette crise est l'impossibilité de se mettre d'accord sur un projet national pour réaliser les objectifs de la glorieuse révolution de décembre et les espoirs de liberté, de paix et de justice de notre peuple". Ces déclarations ont été faites quelques heures avant une manifestation convoquée par la faction dissidente du FFC, sous les ordres de Minni Minnawi, qui a accusé Hamdok d'être responsable du fait que le pouvoir "est tombé entre les mains de quelques-uns".