Le Soudan confirme la visite d'une délégation israélienne la semaine dernière

Le porte-parole du Conseil de souveraineté a déclaré que "la visite était de nature technique et militaire" après avoir nié la semaine dernière  
SUDAN

AFP/ JACK GUEZ and ASHRAF SHAZLY:  -   Le Soudan confirme la visite d'une délégation israélienne la semaine dernière 

Depuis plusieurs jours, des rumeurs se développent à Jérusalem sur l'envoi d'une délégation israélienne à Khartoum suite à l'accord annoncé entre les deux pays le 23 octobre dernier par le président américain Donald Trump à Washington. Selon un haut responsable israélien, déclaré à l'AFP, Israël a envoyé lundi 23 novembre la première délégation au Soudan depuis l'annonce de l'accord de normalisation des relations entre les deux pays.  

Quelques heures plus tard, le gouvernement soudanais a déclaré qu'il "n'a aucune information" sur l'arrivée d'une délégation israélienne dans le pays ou sur une éventuelle visite d'une mission soudanaise en Israël, a déclaré à l'AFP son porte-parole Faisal Mohamed Saleh, mardi 24 novembre. "Le Conseil des ministres soudanais n'a aucune information sur la visite d'une délégation israélienne au Soudan et même pas si elle a eu lieu", a déclaré Saleh, qui est également ministre de la culture et de l'information. “Il ne dispose pas non plus d'informations sur une éventuelle visite d'une délégation soudanaise en Israël, comme l'ont mentionné les médias", notamment le quotidien soudanais Hikayat. 

Le mouvement de la délégation, composée d'un petit groupe de fonctionnaires, a également été confirmé le 23 novembre par la radio de l'armée israélienne. "Le but de ce voyage est d'ouvrir la voie à une visite officielle de hauts fonctionnaires au cours des prochaines semaines", rapporte le quotidien Yedioth Ahronoth. Cette annonce, démentie quelques heures plus tard par le porte-parole du gouvernement Faisal Mohamed Saleh, confirmant qu'ils n'avaient "aucune information" sur l'arrivée d'une délégation israélienne ou sur une éventuelle visite en Israël d'une mission soudanaise, a été définitivement confirmée lundi par les autorités soudanaises.   

Ce lundi, il a cependant été confirmé que la délégation israélienne s'est rendue à Khartoum la semaine dernière. "Nous ne l'avons pas annoncé (quand il a eu lieu) parce que ce n'était pas une visite importante ou de nature politique", a déclaré Mohamed al-Faki Suleiman. "C'est pourquoi nous n'en avons pas parlé au niveau du Conseil de souveraineté ou du cabinet", a déclaré le porte-parole du Conseil de souveraineté, selon le Sudan Tribune.   

Cité par la presse lundi, le porte-parole du Conseil de souveraineté, Mohamed al-Faki Suleiman, a déclaré que "la visite était de nature technique et militaire". Il a également déclaré que les discussions sur la normalisation des relations étaient bloquées parce que "certains engagements politiques et économiques n'ont pas été respectés", tout en soulignant une impasse qui pourrait retarder le processus de normalisation des relations entre les deux pays.     

PHOTO/ ASHRAF SHAZLY/SARAH SILBIGER/AFP: The President of the Transitional Council of Sudan, Abdel Fattah al-Burhan, Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu and the Prime Minister of Sudan, Abdullah Hamduk. 
PHOTO/ ASHRAF SHAZLY/SARAH SILBIGER/AFP: Le président du Conseil de transition soudanais Abdel Fattah al-Burhan, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le Premier ministre soudanais Abdullah Hamduk. 

Sans révéler d'autres détails, notamment le fait que le retrait du Soudan de la "liste noire" américaine des pays accusés de soutenir le terrorisme n'est pas encore effectif car il doit encore être approuvé par le Congrès américain. Ce blocus "retardera la mise en œuvre de l'accord si aucun progrès n'est réalisé", a déclaré Al-Faki Suleiman.   

Le Soudan demande depuis longtemps son retrait de la liste, ce qui signifie des sanctions et des obstacles à l'investissement pour son économie, qui souffre d'un manque de devises étrangères et d'un taux d'inflation annuel de plus de 200 %. Leur revendication s'est accentuée après la chute d'Omar al-Bachir en avril 2019, sous la pression de la rue, et avec l'émergence d'un pouvoir de transition.   

Mais la plupart des Soudanais reprochent à leurs dirigeants d'avoir franchi la ligne rouge en trahissant la "cause panarabe" qui s'est cristallisée autour des Palestiniens depuis la création d'Israël en 1948, selon les sources du Figaro.