Le sud de la Libye, théâtre de divisions internes

Ces dernières années, les régions du sud de la Libye ont été marginalisées par les autorités du gouvernement central
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AFP/GREGORIO BORGIA  -   Libya's Prime Minister Abdul Hamid Dbeibeh

La Libye apparaît comme un pays d'une importance vitale pour la sécurité du continent européen dans la lutte contre le trafic d'êtres humains, ainsi que dans la migration et la lutte contre le terrorisme qui sévit sur le continent africain. Le Premier ministre libyen, Abdul Hamid Dbeiba, s'est rendu dans le sud du pays pour asseoir sa position dans la région. Il a tenu son premier conseil des ministres à Sebha, la capitale du Fezzan, considéré comme la troisième région historique du pays, avec Tripoli et la Cyrénaïque.

M. Dbeiba a déclaré au cours de la réunion que les problèmes de la région étaient "le résultat d'années de guerre et de division", et a souligné que la présence du gouvernement à Sebha "est la preuve de notre détermination à aller de l'avant pour aider le sud". Le Premier ministre a assuré que son gouvernement fournirait à la région du sud tous les services nécessaires et a également annoncé qu'il sécuriserait le sud grâce à un plan de soutien à l'appareil de sécurité pour lutter contre la criminalité et le terrorisme et pour sécuriser les élections du 24 décembre, selon les médias locaux.

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AFP/MAHMUD TURKIA - Libya's Prime Minister-designate Abdul Hamid Dheibah during a press conference in the capital Tripoli

Le premier ministre libyen a souligné lors de sa visite dans la ville du sud qu'"il n'y a pas de guerre en Libye à ce jour, ni à Sebha ni ailleurs", a déclaré M. Dbeiba. Malgré cette affirmation, la Libye reste profondément divisée sur le plan interne. L'Armée nationale libyenne (ANL), dirigée par le maréchal Khalifa Haftar, a devancé la visite de Dbeiba dans les régions du sud afin de démontrer l'influence restante de la milice. Le commandement de la LNA a envoyé une délégation d'officiers supérieurs dans la région du Fezzan.

Selon le bureau des médias de la LNA, cette délégation comprenait des membres du comité militaire conjoint dirigé par le chef d'état-major général, le lieutenant général Abdel Razek al-Nadouri. L'Arab Weekly cite des sources proches du commandement de la LNA expliquant que la raison principale de ce voyage était de faire le tour des positions de la LNA dans la région pour vérifier ses forces et déterminer ses besoins logistiques.

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PHOTO/FILE - Marshal Khalifa Haftar

Au cours des dernières années, le sud a été marginalisé par les autorités du gouvernement central basées à Tripoli, un fait qui s'est accentué après que le LNA ait établi une présence formelle dans la région. Le premier ministre intérimaire libyen, M. Dbeiba, a voulu se rendre dans la région pour montrer que le nouveau gouvernement est un exécutif à la recherche de l'unité du pays. Lors de sa visite à Sebha, M. Dbeiba a déclaré que "le sud de la Libye est stratégique et que sans cette région, le pays n'existerait pas ; ce sera notre priorité absolue".

Depuis le soulèvement contre Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye est embourbée dans l'instabilité. Le pays a également servi d'échiquier à d'autres puissances étrangères cherchant à gagner en influence dans la région, comme la Turquie et la Russie. En octobre dernier, les forces du pays ont accepté un cessez-le-feu et les participants aux pourparlers de paix des Nations unies ont fixé une date pour les élections.

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PHOTO/AFP - Members of the special forces of the self-proclaimed eastern Libyan National Army (LNA) gathered in the city of Benghazi, Libya

Ces élections constitueraient une étape importante dans les efforts internationaux visant à instaurer la sécurité et la paix dans le pays, où de nombreux groupes armés ont encore la mainmise. Cependant, la possibilité que ces élections, qui constitueraient un tournant majeur dans la situation libyenne, soient reportées signifierait une impasse dans le processus de paix.