Les États-Unis frappent des militants dans la zone contrôlée par la Turquie en Syrie

C'est la première opération américaine au-dessus du territoire contrôlé par Erdogan
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AFP/ISAAC BREKKEN  -   Un avion MQ-9 Reaper piloté à distance passe en revue pendant une mission d'entraînement.

Le porte-parole du Commandement central, le Major John Rigsbee, a annoncé vendredi 23 octobre la mort d'un haut dirigeant d'Al-Qaïda, Abdul Hamid al-Matar, dans une frappe de drone dans la région de Suluk, dans la province de Raqqa. Le porte-parole a ajouté que l'organisation terroriste utilise la Syrie comme un refuge pour reconstruire son influence dans la région, ce qui constitue une menace sérieuse pour la sécurité des États-Unis et de leurs partenaires. Selon Rigsbee, l'assassinat d'al-Matar a perturbé la capacité d'al-Qaida à continuer de préparer et de mener des attaques à l'échelle mondiale.

Il s'agissait d'une nouvelle opération visant à éliminer les dirigeants d'Hurras al-Din liés à Al-Qaida, qui menace la sécurité mondiale. Il semble que les États-Unis aient fait ce pour quoi ils maintiennent leur contingent militaire en Syrie : "combattre le terrorisme". Cependant, plusieurs détails de cette opération sont à noter.

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PHOTO/UGAR CAN via AP - Des soldats turcs dans la ville syrienne de Ras al-Ain, dans le nord-est de la Syrie.

Tout d'abord, cette frappe de MQ-9 Reaper est le premier cas d'une frappe américaine dans la zone contrôlée par la Turquie au nord de Raqqa, la zone de l'opération Printemps de la paix. Cela signifie que les États-Unis ont officiellement confirmé l'élimination d'un terroriste opérant sur le territoire, qui est contrôlé par un autre État membre de l'OTAN.

Cela a surpris de nombreux analystes et experts de savoir pourquoi des extrémistes comme al-Matar opèrent tranquillement dans la même zone que les militaires turcs. Cependant, il est facile de détecter les liens étroits entre les mandataires pro-turcs et les groupes terroristes tels qu'Al-Qaïda et ISIS. L'exemple le plus frappant de cette coopération est le groupe islamiste Ha'yat Tahrir al-Sham, qui interagit étroitement avec la Turquie à Idlib.

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AFP/ETHAN MILLER : Un drone MQ-9 Reaper en vol sur la base aérienne de Creech à Indian Springs, Nevada.

Deuxièmement, la récente mission sans pilote dans l'espace aérien syrien n'a pas été vue par la Turquie. En fait, cette attaque n'a pas été coordonnée avec la Turquie.

Ces événements dépassent le cadre d'une opération militaire ordinaire. S'agit-il d'un résultat attendu des relations américano-turques, qui sont actuellement au plus bas? La Maison Blanche a apparemment perdu toute crédibilité vis-à-vis de la Turquie, alors qu'Ankara prétend mener une politique indépendante et, selon le Pentagone, fait des efforts insuffisants dans la lutte contre le terrorisme. Entre-temps, les responsables d'Ankara n'ont pas commenté l'incident, mais les tensions entre les principaux acteurs de la région ont augmenté.