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Les Chypriotes turcs renouvellent leur parlement dans l'État non reconnu

L'UBP, nationaliste, sera probablement le parti qui obtiendra le plus de voix, comme ce fut le cas lors des élections de 2018
PHOTO/OFICINA PRENSA PRESIDENCIAL vía REUTERS - El presidente turco Tayyip Erdogan celebra una conferencia de prensa con Ersin Tatar, dirigente del Estado escindido de Chipre del Norte

PHOTO/PRESIDENTIAL PRESS OFFICE via REUTERS  -   Le président turc Tayyip Erdogan tient une conférence de presse avec Ersin Tatar, chef de l'État sécessionniste de Chypre du Nord.

La République turque autoproclamée de Chypre du Nord (RTCN) organise dimanche des élections législatives anticipées dans un contexte de pandémie de coronavirus et des effets de la crise financière de la Turquie, dont elle dépend directement.

Quelque 200 000 citoyens inscrits auront la possibilité de choisir entre les 403 candidats figurant sur les listes de huit partis politiques et de trois indépendants qui briguent l'un des 50 sièges du parlement chypriote turc.

Le gouvernement qui émergera de ces élections ne sera reconnu que par Ankara, sa pertinence au niveau international est donc secondaire, sauf qu'il peut renforcer le rôle du président du TNNC s'il est de la même couleur qu'Ankara. Le président, actuellement Ersin Tatar, est le seul interlocuteur des Nations unies et le chef des Chypriotes turcs dans les négociations sur l'avenir de l'île divisée.

Les élections de demain ont été convoquées en novembre dernier après la démission du gouvernement de coalition nationaliste de droite composé du Parti de l'unité nationale (UBP), du Parti démocratique (DP) et du Parti de la renaissance (YDP).

AFP/BIROL BEBEK - Las tropas turcas reabrieron parcialmente el balneario chipriota de Varosha, cerrado desde que sus habitantes grecochipriotas huyeron en 1974, lo que desató una controversia días antes de las elecciones turcochipriotas.
AFP/BIROL BEBEK - Les troupes turques ont partiellement rouvert la station chypriote de Varosha, fermée depuis la fuite de ses habitants chypriotes grecs en 1974, suscitant une controverse quelques jours avant les élections chypriotes turques.
Peu d'enthousiasme chez les électeurs chypriotes turcs

Par rapport aux élections précédentes, les électeurs sont peu enthousiastes à l'idée d'un scrutin qui ne peut pas changer grand-chose à leur vie quotidienne et aux graves problèmes qu'ils ont rencontrés ces derniers mois pour accéder aux produits de base.

En outre, les récentes fluctuations de la lire turque - adoptée par le territoire en 1976, deux ans après l'invasion turque - ont eu un effet dévastateur sur la vie quotidienne des Chypriotes turcs.

Dans ce contexte, le covid a limité la campagne électorale et les partis ont eu recours principalement aux médias sociaux et à la télévision pour présenter leurs positions.

Selon des sondages récents, 24,7 % des personnes interrogées ont déclaré qu'elles ne se rendraient pas aux urnes, tandis que 8,6 % se sont déclarées indécises, et les sondages laissent présager une victoire écrasante des principaux partis.

Les principaux sujets de confrontation politique ont porté sur la situation économique, le dialogue de paix entre les communautés chypriotes grecque et turque, et le coronavirus.

Les sondages donnent la victoire aux nationalistes

Bien que les experts s'accordent à dire qu'aucun sondage ne peut être fiable, le parti nationaliste UBP est susceptible d'être le parti ayant obtenu le plus de voix, comme ce fut le cas lors des élections de 2018, où il a remporté 35,6 %.

Bien qu'il parte favori, la plupart des sondages montrent que l'UBP, la voix d'Ankara sur ce territoire et l'actuel parti gouvernemental, n'obtiendrait qu'environ 24%.

Depuis 1975, l'UBP, dirigée jusqu'à l'année dernière par l'actuel président de la RTNC, le nationaliste Ersin Tatar, suit la ligne de son fondateur, Rauf Denktash, qui prône la division de l'île de Chypre en deux États.

AFP/BIROL BEBEK - Vista de los edificios desiertos de la zona turística de Varosha, en la zona vallada de Famagusta, en el norte ocupado por los turcos de la dividida isla chipriota del Mediterráneo oriental
AFP/BIROL BEBEK -  Une vue des bâtiments déserts de la zone touristique de Varosha, dans la zone clôturée de Famagouste, dans le nord occupé par la Turquie de l'île divisée de Chypre, en Méditerranée orientale.

En revanche, selon les sondages, le principal parti d'opposition, le Parti républicain turc (CTP) social-démocrate et pro-européen - partisan d'une solution fédérale bicommunautaire et bizonale à Chypre - et vainqueur des élections de 2013, tournerait autour de 16 %, après avoir frôlé les 21 % en 2018.

Le parti de la Renaissance (YDP) obtiendrait 4,5 %, suivi du parti démocratique (DP) avec 2,3 %.

À l'instar des élections présidentielles du NCNC, les élections parlementaires chypriotes turques ont lieu tous les cinq ans depuis la première en 1976, deux ans après l'invasion par la Turquie de la partie nord de Chypre, qu'elle occupe militairement encore aujourd'hui.

La RTCN est un État de facto, issu de l'occupation du nord de l'île et autoproclamé indépendant en 1983.

Légalement, l'ensemble du territoire de l'île est membre de l'Union européenne, mais l'application de l'acquis communautaire dans le nord est suspendue jusqu'à la résolution du conflit entre les deux communautés qui perdure depuis l'invasion turque en 1974.