Les discussions sur le barrage du Nil sont au point mort

"Nous ne pouvons pas continuer indéfiniment ce cercle vicieux de pourparlers circulaires", a déclaré le ministre soudanais Yasir Abbas
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AFP/ EDUARDO SOTERAS   -   Vue générale du Nil Bleu alors qu'il coule à travers le Grand barrage de la Renaissance éthiopienne (GERD) près de Guba en Ethiopie

La construction du barrage du Nil Bleu continue de générer des conflits entre les trois pays concernés : l'Egypte, l'Ethiopie et le Soudan. Le Grand barrage de la Renaissance, comme on appelait cet ouvrage de génie civil conçu par l'Ethiopie, a commencé à être construit en 2011 en utilisant l'eau du Nil Bleu, un affluent du Nil dont l'Egypte extrait plus de 90% de son eau douce. L'objectif principal de ce grand barrage hydroélectrique est de fournir de l'électricité à la Corne de l'Afrique en général et à l'Ethiopie en particulier. 

Les principaux pays touchés par la construction de ce barrage présentent certaines divergences, ce qui rend difficile la conclusion d'un accord qui mettrait fin aux blocus permanents. Les dernières négociations de novembre dernier se sont terminées, une fois de plus, sans progrès.

L'Égypte et le Soudan, qui se trouvent plus loin sur le fleuve, cherchaient à conclure un accord juridiquement contraignant, notamment sur la gestion du barrage et son remplissage. Pour sa part, l'Éthiopie, qui considère le grand barrage de la Renaissance comme fondamental pour son développement, est un peu plus réticente et affirme que l'approvisionnement en eau de ces pays ne sera pas affecté.

Lors d'un nouveau cycle de négociations, les négociations entre l'Éthiopie, le Soudan et l'Égypte sont dans une nouvelle impasse. "Nous ne pouvons pas continuer indéfiniment ce cercle vicieux de pourparlers circulaires", a déclaré le ministre soudanais de l'irrigation et des ressources en eau, Yasir Abbas.

Le ministère égyptien des affaires étrangères a annoncé la clôture de ce dialogue par vidéoconférence sans "aucun progrès" en raison de divergences sur la manière de reprendre les négociations et sur la procédure du processus de dialogue lui-même, selon le journal d'État égyptien "Al Ahram".

Cependant, l'Égypte et l'Éthiopie, dans des déclarations séparées, blâment les objections du Soudan au nouveau blocus. "Le Soudan insiste sur la nécessité de déléguer les experts désignés par l'Union africaine pour présenter des solutions aux questions litigieuses et pour élaborer un accord, ce que l'Egypte et l'Ethiopie refusent de faire", a déclaré le ministère égyptien des affaires étrangères. En outre, l'Égypte affirme que les experts de l'UA, qui assure la médiation du conflit, ne sont pas des experts en ingénierie des ressources en eau et des barrages.

Le pays éthiopien considère le barrage comme la clé de ses projets pour devenir le plus grand exportateur d'énergie d'Afrique. L'Egypte, qui tire plus de 90 % de son eau douce rare du Nil, craint que le barrage ne dévaste son économie. D'autre part, le Soudan a déclaré dimanche qu'il craignait que le barrage puisse constituer une menace directe pour le barrage de Roseires si aucun accord n'était conclu permettant aux pays de partager les données.

Le ministre soudanais Yasir Abbas a exprimé son inquiétude au sujet du barrage de Roseires, déclarant que "le barrage constitue une menace directe pour le barrage de Roseires, qui a une capacité inférieure à 10 % du Grand barrage de la Renaissance, et ce d'autant plus que le barrage de la Renaissance a commencé à fonctionner sans accord ni échange d'informations quotidien."

Malgré l'absence d'accord, l'Éthiopie n'a pas l'intention d'arrêter le projet. Le pays africain, a envoyé une lettre à l'Union africaine, au Soudan et à l'Egypte déclarant son intention d'entreprendre la deuxième phase de remplissage du Grand Barrage de la Renaissance, pour environ 15 milliards de mètres cubes d'eau, en juillet prochain, qu'il y ait ou non un accord.