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Les États-Unis et l'Arabie saoudite renforcent leur coopération militaire après la visite de Biden

Les manœuvres conjointes "Native Fury 22" entre les forces navales saoudiennes et la marine américaine débutent dans les eaux de la mer Rouge
Marines EEUU

PHOTO/@USMARCENT  -   Les Marines et Marines du CLR-1, 1st MLG, arrivent en Arabie Saoudite pour la 8ème itération de la 'Native Fury 22'

Biden s'est retiré à la Maison Blanche après sa tournée régionale au Moyen-Orient avec peu de certitudes et trop de doutes. L'intention de son administration était de mettre en scène le retour géopolitique de Washington dans la région, qui s'était estompé depuis le retrait abrupt d'Afghanistan, dans un contexte conditionné par la crise énergétique naissante et la rivalité amère de ses partenaires, Israël et l'Arabie saoudite, avec l'Iran et ses milices de même tendance. Le président américain a opté pour un retour décisif, assorti de garanties, qui permettrait de dissiper les doutes et d'aplanir les divergences avec le régime de Riyad, qu'il a même qualifié de "paria international" en 2019, avant d'entrer dans le Bureau ovale. 

Après quelques jours, les résultats du voyage de Biden apparaissent malgré les doutes initiaux. 

La marine américaine a accosté mardi dans le port saoudien de Yanbu, une ville côtière de la mer Rouge située à plus de 300 kilomètres de Djeddah, lieu où Biden et Mohammed bin Salman se sont affrontés les poings il y a quelques semaines. Là, la force navale saoudienne attendait, prête à lancer "Native Fury 22", une manœuvre navale visant à coordonner les capacités de combat conjointes. Il s'agit de la huitième édition de cet exercice bisannuel, auquel les États-Unis associent généralement les monarchies du Golfe. Riyad n'a pas participé à l'exercice depuis près de dix ans.

Barco EEUU
PHOTO/US State Department  -   L'USNS Seay décharge du matériel dans le golfe Persique pendant l'exercice Native Fury, le 14 mars 2020

Les manœuvres dureront quelques jours et se dérouleront dans les provinces de Yanbu et d'Al-Kharj, selon les responsables locaux. L'opération consiste en "le déploiement et la concentration rapides d'une force opérationnelle aérienne et terrestre des Marines dans une zone sécurisée, en utilisant le transport aérien inter-théâtre et des navires de prépositionnement maritime déployés à l'avant", selon le Commandement central des forces du Corps des Marines (CENTCOM). 

Des opérations tactiques, d'interopérabilité et logistiques conjointes auront également lieu, à l'instar des exercices navals précédents au Qatar, au Koweït et aux Émirats arabes unis. 

Les exercices conjoints interviennent quatre semaines après la tournée régionale de Biden, au cours de laquelle il s'est également rendu en Israël et dans les territoires palestiniens, et une semaine après que son administration a approuvé la vente d'un nouveau lot d'armes à l'Arabie saoudite et aux EAU.

Le royaume wahhabite achètera 300 missiles Patriot fabriqués par Raytheon et d'autres armements pour une valeur de 3 milliards de dollars, selon les termes de l'accord. L'annonce de Biden au Congrès est intervenue 24 heures seulement après que la coalition dirigée par l'Arabie saoudite s'est engagée auprès des Houthis à prolonger un cessez-le-feu de deux mois au Yémen. 

Les ventes militaires américaines ont atteint un niveau record en 2021, depuis l'entrée en fonction de Biden. Le démocrate s'est engagé à ne pas échanger d'armes avec les partenaires du Golfe que sont l'Arabie saoudite et les Émirats, impliqués dans des violations des droits de l'homme dans la guerre au Yémen. Toutefois, son administration ressemble de plus en plus à ses prédécesseurs en termes de volume et de valeur des ventes d'armes. En novembre, Biden a levé le veto suite aux pressions saoudiennes et aux menaces continues de l'Iran à l'égard de ses alliés. 

La désescalade au Yémen, ratifiée par une nouvelle prolongation du cessez-le-feu par les parties, et la timide augmentation de la production de pétrole brut convenue par l'OPEP+, l'organisation dirigée par Riyad, pour détendre un minimum les marchés de l'énergie, ont facilité les retrouvailles entre Biden et le dirigeant "de facto" de l'Arabie saoudite, MBS. En outre, les exercices conjoints soulignent la reprise de leur coopération militaire pour faire face aux menaces communes dans la région.

Coordinateur Amériques : José Antonio Sierra