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Les exécutions en Iran ont connu une augmentation alarmante en 2021

Un rapport souligne que le nombre d'exécutions a augmenté après l'élection du président Ebrahim Raisi
En esta foto de archivo del 1 de agosto de 2007, agentes de la policía iraní y otras personas observan la escena mientras se cuelga a cinco criminales condenados en un barrio de Mashad, a 1.000 kilómetros (620 millas) al noroeste de Teherán, Irán AP/HALABISAZ

AP/HALABISAZ  -   Sur cette photo d'archive du 1er août 2007, des policiers iraniens et d'autres personnes observent la scène alors que cinq criminels condamnés sont pendus dans un quartier de Mashad, à 1 000 kilomètres (620 miles) au nord-ouest de Téhéran, en Iran.

Au cours de l'année écoulée, les exécutions ont augmenté de plus de 25 % en Iran, selon les ONG Iran Human Rights (IHR) et Together Against the Death Penalty (ECPM), basées respectivement en Norvège et en France. Les condamnations à mort ont doublé, surtout après l'élection du religieux conservateur Ebrahim Raisi, qui a prêté serment en tant que président le 5 août. Les analystes et les médias ont déjà mis en garde contre une nouvelle oppression si Raisi remportait l'élection présidentielle. Diverses sources affirment que le président sortant a été impliqué dans le massacre de milliers de prisonniers politiques en 1988. 

Un miembro de los Muyahidines del Pueblo de Irán en Francia muestra retratos de víctimas en la Explanada de los Inválidos en París el 29 de octubre de 2019 para conmemorar las ejecuciones de miles de presos políticos iraníes en 1988. AFP//ERIC FEFERBERG
AFP//ERIC FEFERBERG - Un membre des Moudjahidines du peuple d'Iran en France affiche des portraits de victimes sur l'Esplanade des Invalides à Paris, le 29 octobre 2019, pour commémorer les exécutions de milliers de prisonniers politiques iraniens en 1988.

Au total, au moins 333 personnes ont été condamnées à mort en 2021, contre 267 l'année précédente. Toutefois, le rapport note que seuls 16,5% des meurtres ont été annoncés par les autorités. L'IHR et l'ECPM affirment que le nombre d'exécutions a augmenté de façon "alarmante" après l'élection de Raisi en juin, mois au cours duquel le plus grand nombre de meurtres a été enregistré - 51 - et a doublé au cours du second semestre 2021 par rapport à la première partie de l'année. 

Ebrahim Raisi, presidente de Irán AFP PHOTO / HO / PRESIDENCIA IRANÍ
AFP PHOTO / HO / PRESIDENCIA IRANÍ - Ebrahim Raisi, président iranien

L'un des principaux crimes des personnes exécutées était le trafic de drogue. "Le nombre d'exécutions liées au trafic de drogue a fait un bond spectaculaire avec un total de 126 exécutions l'année dernière, soit une centaine de plus que l'année précédente, où 25 avaient été enregistrées", expliquent les ONG.

Le rapport présenté par les deux organisations souligne également qu'en 2021, le nombre d'exécutions de femmes a augmenté. 17 femmes ont été tuées par le régime l'année dernière, soit huit de plus qu'en 2020. L'IHR et l'ECPM soulignent les noms de Zahra Esmaili et Maryam Karimi, condamnées à mort pour avoir assassiné leurs maris violents. Parmi les personnes exécutées figurent également des mineurs, comme Arman Abdolali, accusé d'avoir tué sa petite amie. 

Manifiestación frente al Tribunal de Distrito de Estocolmo en relación con el juicio por crímenes de guerra contra Hamid Noury, que está siendo interrogado en el Tribunal de Distrito de Estocolmo, Estocolmo, 23 de noviembre de 2021 AFP/DUYGU GETIREN
AFP/DUYGU GETIREN - Manifestation devant le tribunal de district de Stockholm dans le cadre du procès pour crimes de guerre contre Hamid Noury, qui est interrogé au tribunal de district de Stockholm, Stockholm, 23 novembre 2021.

D'autre part, les ONG dénoncent le nombre "disproportionné" d'exécutions de minorités ethniques, en particulier les Baloutches. 21 % des personnes exécutées en 2021 étaient issues de cette communauté, alors que les Baloutches ne représentent que 2 à 6 % de la population totale.

Moins de vigilance de la part de la communauté internationale

"Le bilan effroyable de la République islamique en matière de droits de l'homme et de peine de mort n'est pas pris en compte dans les négociations du JCPOA", déplore Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l'IHR. Amiry-Moghaddam a prévenu qu'il n'y aura pas d'accord durable "si la situation des droits de l'homme en général et la peine de mort en particulier ne sont pas au cœur des négociations"

Fotografia de archivo, un manifestante sostiene un lazo durante una manifestación organizada por los partidarios del Consejo Nacional de la Resistencia de Irán (NCRI) para protestar contra la investidura del nuevo presidente de Irán, Ebrahim Raisi, frente a Downing Street, en el centro de Londres, el 5 de agosto de 2021 AFP/ADRIAN DENNIS
AFP/ADRIAN DENNIS -  Photo d'archive, un manifestant tient un ruban lors d'une manifestation organisée par les partisans du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) pour protester contre l'investiture du nouveau président iranien Ebrahim Raisi, devant Downing Street, au centre de Londres, le 5 août 2021.

Le directeur de l'ONG basée en Norvège souligne également que "les autorités iraniennes sont moins surveillées" pendant que les négociations de Vienne se déroulent. "Toute négociation entre l'Occident et l'Iran doit inclure la question de la peine de mort parmi ses priorités", convient Raphaël Chenuil-Hazan, directeur général d'ECPM.

Ayatolá Alí Jamenei,  líder supremo de Irán AFP/ PÁGINA WEB DEL LÍDER SUPREMO IRANÍ
AFP/ PÁGINA WEB DEL LÍDER SUPREMO IRANÍ - Ayatollah Ali Khamenei, chef suprême de l'Iran

Cependant, le rapport de l'ONG révèle également qu'une grande partie de la population iranienne est contre cette "pratique inhumaine". "Le soutien de l'opinion publique à la peine de mort a considérablement diminué", affirment les organisations. Amiry-Moghaddam estime également que la peine de mort "n'est pas populaire parmi les Iraniens". "Les autorités s'en servent pour répandre la peur et rendre les citoyens ordinaires complices de leur brutalité et de leur violence". 

Manifestantes muestran pancartas con la imagen de Ebrahim Raisi durante una protesta de dos días contra el presidente iraní, el octavo presidente de la República Islámica, frente a la sede temporal de la Cámara de Representantes en La Haya, el 13 de septiembre de 2021. - Los manifestantes consideran al ultraconservador Raisi en parte responsable de la pobreza, la opresión y las ejecuciones en Irán AFP/ROBIN UTRECHT
AFP/ROBIN UTRECHT - Des manifestants déploient des banderoles à l'effigie d'Ebrahim Raisi lors d'une manifestation de deux jours contre le président iranien, huitième président de la République islamique, devant le siège temporaire de la Chambre des représentants à La Haye, le 13 septembre 2021. - Les manifestants tiennent l'ultra-conservateur Raisi en partie responsable de la pauvreté, de l'oppression et des exécutions en Iran.

Le régime de Téhéran reste sur la même voie en 2022. Selon l'Iran Human Rights Monitor, les autorités du pays ont procédé à 39 exécutions en mars dernier. 19 des condamnés étaient accusés de meurtre, tandis que les 20 autres ont été pendus pour des infractions liées à la drogue.

Outre les meurtres, les ONG dénoncent le recours "systématique" à la torture physique et psychologique pour "extorquer des aveux qui serviront de base aux condamnations à mort". L'année dernière, plusieurs cas de décès suspects dans les prisons ont été révélés, probablement causés par la torture ou le refus de soins médicaux appropriés.