PUBLICIDAD

Iberdrola

Les luttes intestines en Somalie font au moins 11 morts

Les forces fédérales somaliennes ont affronté les forces de sécurité à Jubaland
Atalayar_Somalia

REUTERS/FEISAL OMAR  -   Les soldats de la paix de la Mission de l'Union africaine en Somalie (AMISOM) dans un véhicule blindé à Mogadiscio

La Somalie tente toujours de progresser vers la stabilité, mais les éléments qui s'y opposent sont trop nombreux. Outre la lutte contre le terrorisme menée par Al-Shabaab et la piraterie dans l'océan Indien, qui part généralement de ses côtes, il y a aussi la fragilité de la situation intérieure. La Somalie a un caractère fédéral, en raison de la tension qui existe entre plusieurs des États qui composent son territoire, comme le Somaliland, le Puntland et le Jubaland.

Les affrontements auraient eu lieu dans la ville de Balad Hauo, à la frontière avec le Kenya. L'attaque aurait commencé dimanche, lorsque des hommes armés liés au ministre de la sécurité du Jubaland, Abdirashid Janan, ont attaqué plusieurs complexes militaires de l'armée fédérale somalienne, qui contrôle la ville depuis un an. 

Atalayar_Somalia 1
AFP/ABDIRAZAK HUSSEIN FARAH - Des soldats somaliens à côté du lieu d'un attentat à la voiture piégée à Mogadiscio le 28 décembre 2019

Suite aux attaques, les administrations du Jubaland et de la Somalie prétendent contrôler la ville. Selon le ministère somalien de l'information, les forces armées somaliennes ont repoussé les attaques, arrêtant plus d'une centaine d'agresseurs et tuant plusieurs d'entre eux, dont l'un des chefs de police de la ville, Mohamed Abdinur. Au moins 11 personnes ont été tuées au cours de l'attaque, dont quatre enfants.

Le conflit entre les autorités du Jubaland et le gouvernement fédéral de Somalie s'éternise. En fait, le ministre de la sécurité susmentionné a été arrêté en 2019 par les troupes somaliennes, bien qu'il ait réussi à s'échapper et à se réfugier au Kenya.

Précisément, depuis Mogadiscio, le pays voisin est accusé d'être chargé d'armer ces groupes et de soutenir des attaques comme celle qui a eu lieu ces jours-ci. Pour cette raison, la Somalie a rompu ses relations avec le Kenya en décembre dernier, provoquant une nouvelle crise politique et diplomatique dans la région qui s'est terminée, pour l'instant, par l'expulsion de l'ambassadeur kenyan en Somalie. Mogadiscio accuse Nairobi d'interférer dans le processus électoral du Jubaland.

Atalayar_Somalia (2)
AFP/ABDIRARAZAK HUSSEIN FARAH - Soldats somaliens

Le Kenya nie tout lien avec l'attaque. Son ministre de la sécurité a souligné qu'aucune troupe n'a franchi la frontière de la Somalie et qu'il s'agit d'une question interne au pays. Le ministère des affaires étrangères, pour sa part, a exprimé son inquiétude face à l'augmentation des tensions et de la violence, ce qui favorise grandement la propagation du terrorisme.

La Corne de l'Afrique se trouve dans une situation de stabilité croissante, bien qu'elle ait traversé une étape qui invite à l'optimisme, car à la situation en Somalie s'ajoutent les dénonciations du Kenya, la tension et les affrontements entre le Soudan et l'Ethiopie, et l'instabilité interne dans laquelle se trouve cette dernière. 

La Somalie est confrontée à un important processus électoral le 8 février, après avoir été reporté en décembre en raison d'une série de divergences. Le gouvernement somalien n'a pas pu parvenir à un accord avec l'opposition sur la composition du conseil électoral, qui devrait être chargé de veiller au bon déroulement des élections. Le terrorisme et les affrontements internes tels que celui de Balad Hauo ne font que rendre plus difficile la poursuite des réformes dans le pays.