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Les milices houthi attaquent l'aéroport saoudien d'Abha avec des drones, mettant le feu à un avion civil

Les autorités n'ont signalé aucune victime dans ce qui est la troisième attaque attribuée aux forces yéménites depuis vendredi dernier
Atalayar_Aeropuerto internacional de Abha,

AP/AMR NABIL  -   Les rebelles Houthi du Yémen ont attaqué l'aéroport international d'Abha, au sud-ouest de l'Arabie Saoudite, le 10 février 2021

L'aéroport d'Abha, situé dans le sud de l'Arabie Saoudite, a été victime d'une attaque perpétrée par les forces rebelles houthi yéménites. L'offensive a été menée par des drones et, selon la télévision publique Al-Ekhnariya, aucune victime n'a été signalée. Les forces armées Houthi ont rapidement revendiqué l'attaque et célébré son succès par l'intermédiaire de son porte-parole, Yahya Sarea, sur sa chaîne Telegraph. Il a justifié cette action comme une réponse à "l'escalade de l'agression" par la coalition et a accusé le gouvernement saoudien d'"ignorer" ses "avertissements précédents et répétés concernant l'utilisation des aéroports civils à des fins militaires".

Turki al-Maliki, chef de l'Armée de l'air royale saoudienne et porte-parole de la Coalition arabe pour le soutien de la légitimité au Yémen, a rapporté dans une déclaration distribuée par l'agence de presse d'État SPA qu'"un incendie a été maîtrisé dans un avion civil à l'aéroport international d'Abha suite à une attaque de la milice Houthi". Ce n'était pas la seule offensive du côté yéménite puisque, en plus de cela, ils avaient réussi à intercepter et à détruire deux drones chargés d'explosifs lancés par les milices terroristes houthis. 

Al-Maliki n'a pas officiellement évoqué la possibilité de pertes humaines ou la présence de personnes à l'intérieur de l'avion lorsqu'il a été incendié par les drones Houthi. Le porte-parole de la coalition lui-même a parlé de l'importance de ce troisième attentat en moins d'une semaine et du fait qu'il constitue "un crime de guerre et met en danger la vie des civils", ajoutant qu'ils doivent prendre les mesures appropriées pour protéger à la fois son territoire et sa population et qu'ils doivent "punir les terroristes de la milice conformément au droit humanitaire international".  

Atalayar_Mapa de Arabia Saudí localizando Abha
AFP/AFP - Carte de l'Arabie Saoudite montrant la localisation d'Abha

L'attaque de mercredi était la troisième par les Houthis depuis dimanche dernier, bien qu'aucun des deux autres n'ait causé de dommages, selon des sources officielles. La coalition des pays arabes, dirigée par l'Arabie Saoudite, est intervenue dans le conflit au Yémen en 2015 en soutenant le gouvernement internationalement reconnu, dirigé par Abd Rabbuh Mansour al-Hadi, après son expulsion par les troupes rebelles de la capitale du pays, Sanaa. Depuis lors, les attaques de drones sont une constante chez les Houthis, celle de dimanche dernier étant la première après l'annonce par le président américain Joe Biden de retirer son soutien à la coalition arabe en territoire yéménite. Une décision parallèle à celle de retirer les Houthis de la liste des groupes terroristes. Ce dernier semble être le déclencheur de la nouvelle vague d'attaques des forces yéménites contre l'Arabie Saoudite et les forces soutenues par Riyad au Yémen.

L'aéroport d'Abha, situé à environ 15 kilomètres d'une base saoudienne et à 100 kilomètres de la frontière yéménite, est la cible des rebelles houthis depuis trois ans. Cependant, aucune attaque sur cet aéroport civil n'a été enregistrée depuis septembre 2020.  

La récente escalade des hostilités a suscité une grande inquiétude non seulement au Moyen-Orient, mais aussi dans toute la société internationale. Il est à craindre que la situation déjà désastreuse du Yémen ne continue à s'aggraver et à augmenter le nombre de victimes qui, selon l'ONU, dépasse les 233 000 personnes, parlant de ce conflit comme de la plus grande crise humanitaire au monde, et la pire depuis la création des Nations Unies. Il ne s'agit plus seulement de la violence qui est vécue dans tout le pays. On estime que plus de 80 % de la population - un chiffre proche de 24 millions de personnes - ont besoin d'une aide humanitaire qu'ils ne reçoivent pas.