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L'Espagne et le Maroc étudient la troisième phase de l'ouverture des frontières de Ceuta et Melilla

Les délégations espagnole et marocaine se réuniront le 7 à Madrid pour régler les détails de l'opération "Passage du détroit de Gibraltar"
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PHOTO/ARCHIVO  -  

Les négociations entre l'Espagne et le Maroc pour régler les détails de la normalisation du transit aux points de passage de Ceuta et Melilla sont prévues pour le mardi 7 juin. La réunion se tiendra à Madrid et aura pour toile de fond l'opération "Traversée du détroit de Gibraltar" (OPE). 

Le groupe de travail hispano-marocain devra peaufiner les points encore manquants afin d'atteindre les objectifs fixés dans la déclaration commune du 7 avril. Il s'agit de prévoir l'ouverture complète des postes-frontières de Ceuta et Melilla, qui fonctionnent au ralenti depuis le 18 mai. 

L'"ouverture progressive" annoncée par les gouvernements espagnol et marocain s'est traduite par un passage ouvert pour les Marocains munis d'un visa, d'un permis de séjour dans l'UE ou d'un passeport valide.  La deuxième phase du plan a permis aux travailleurs transfrontaliers munis de papiers valides de passer. Ce groupe particulièrement vulnérable est composé de ressortissants marocains qui, avant la fermeture des frontières due à la pandémie, travaillaient dans les deux villes autonomes, principalement comme employés de maison et autres travailleurs manuels, tout en maintenant leur résidence au Maroc.

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PHOTO/ARCHIVO - Frontière entre l'España et le Maroc

Selon des sources policières de la ville de Ceuta, les autorités marocaines ne permettent actuellement à aucune marchandise en provenance d'Espagne de passer au Maroc, une nouvelle politique de tolérance zéro envers le commerce irrégulier. Dans le sens inverse, du Maroc vers les villes autonomes, un maximum d'environ 10 kg de fruits ou de légumes est autorisé à passer. La situation à Melilla est similaire à celle de Ceuta, sur ordre de la déléguée du gouvernement, Sabrina Moh, qui limitera le volume de marchandises à la frontière à partir du 8.

L'infrastructure marocaine aux points de passage frontaliers a également évolué. Les autorités marocaines auraient installé un nouveau système informatique qui permettra aux agents de mieux identifier les voyageurs, bien que lentement.
 
La troisième phase devrait permettre d'étendre les mesures par lesquelles les marchandises et les personnes peuvent passer par Tarajal et Beni Enzar, les points de passage de Ceuta et Melilla. Selon le représentant du syndicat unifié de la police (SUP) à Ceuta, Francisco Javier Bravo, il est fort probable que la réunion du 7 juin portera sur l'entrée et la sortie des ressortissants marocains ou des personnes ayant la double nationalité européenne dans le cadre de l'OPE. "Avant (la fermeture des frontières), ils venaient avec des voitures ou des fourgons qui pouvaient contenir une épingle. Je crois savoir que ces questions et celles des voyageurs transfrontaliers constitueront l'essentiel de l'ordre du jour de la réunion".  Le SUP espère également que la commission hispano-marocaine œuvrera pour garantir des conditions de travail correctes aux membres des forces de l'ordre, ce qui leur permettra également de fournir un bon service aux voyageurs. 

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PHOTO/ARCHIVO - Réunion entre José manuel Albares et Nasser Bourita

Douanes à Ceuta et Melilla 

Selon des sources intérieures, le groupe de travail hispano-marocain ne devrait pas aborder la question des frontières. Du côté marocain, Nabil Lajdar, directeur général des douanes marocaines, a déclaré que les conditions géographiques de Tarajal et Beni Enzar rendaient difficile l'installation de l'infrastructure nécessaire à un bureau de douane, ce que les autorités gouvernementales de Ceuta ont approuvé. Lajdar a nuancé ses déclarations auprès de l'agence de presse EFE, et a rappelé que sa direction générale "mettra en œuvre toutes les décisions prises par les autorités politiques", faisant référence aux ministères de l'intérieur et des affaires étrangères et à la feuille de route convenue lors du sommet bilatéral de Rabat en avril. 

Dans le prolongement de ces déclarations, Francisco Javier Bravo, représentant du syndicat unifié de la police à Ceuta, estime que les conditions nécessaires à la création d'un point de passage frontalier avec le Maroc ne sont pas réunies pour l'instant, et que la douane ne verra pas le jour avant plusieurs années. "Si un point de passage de marchandises doit être établi, les zones correctes doivent être mises en place afin que chaque force de sécurité puisse exercer ses pouvoirs de la manière la plus appropriée". 

Des sources policières de la ville autonome de Melilla font également état d'une lente évolution concernant le retour des douanes commerciales. On pense cependant que la réunion du 7 mettra tous les œufs dans le panier pour rendre possible une bonne OPE, bien que les milieux policiers espagnols se plaignent du manque de mesures de la part des gouvernements.