PUBLICIDAD

Iberdrola

L'Iran annonce qu'il est prêt à envoyer plus de carburant au Liban

La crise de l'approvisionnement dans le pays méditerranéen et le manque de leadership politique consolident le rôle du Hezbollah
ministro-exteriores-iran

AFP PHOTO / HO / PRESIDENCIA IRANÍ  -   Bijan Namdar Zanganeh, ministre iranien du pétrole

Le Liban est pratiquement à l'arrêt à la suite d'une profonde crise du carburant qui dure depuis des mois. Selon le quotidien libanais L'Orient Le Jour, les principales routes menant à Beyrouth, y compris l'autoroute du Nord, ont été bloquées par des manifestants hier. Alors que les files d'attente interminables devant les stations-service ne font qu'augmenter.

La situation dans le pays méditerranéen s'aggrave quelques jours seulement après l'entrée en vigueur de la hausse du prix du carburant. Selon un communiqué publié par le ministère de l'Énergie, l'essence à indice d'octane 95 coûtera désormais 129 000 livres libanaises les 20 litres, soit une augmentation de plus de 66 % par rapport aux 77 500 fixés dans la dernière liste de prix publiée par le ministère le 11 août. La pénurie de pétrole brut, associée à une insuffisance de la production d'électricité, a plongé le Liban dans une grave crise d'approvisionnement en termes généraux.

libano-suministros-combustibles
PHOTO/REUTERS - Embouteillage causé par des voitures faisant la queue pour de l'essence à Damour, au Liban, le 21 août 2021

Début août, le gouvernement libanais a annoncé que la production d'électricité suffisait à peine à couvrir 25 % des besoins d'approvisionnement du pays, tandis que la Banque centrale du Liban a annoncé qu'elle n'était pas en mesure de continuer à soutenir les importations de carburant, ce qui impliquait la suppression des subventions. En juillet, le gouvernement a pris la décision de subventionner le carburant en réponse à la situation grave que connaissait le pays, mais le 11 août, le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salame, a déclaré qu'il était "incapable de continuer à soutenir l'achat de carburant".

Salame a proposé comme solution une loi visant à débourser des crédits à la compagnie d'électricité publique, Electricité du Liban (EDL), pour lui permettre d'acheter du carburant "parce que c'est le remède le moins cher pour le citoyen, même si les taxes sont augmentées". Depuis des semaines, la compagnie d'électricité libanaise n'offre que deux heures d'approvisionnement par jour, tandis que les générateurs privés affichent des prix exorbitants, bien au-delà de la portée d'une population appauvrie par trois années de crise économique.

libano-suministros-combustibles
PHOTO/REUTERS - Réservoirs de stockage de carburant à Dora, au Liban, le 20 août 2021

Confronté à un vide de leadership politique au Liban et à l'absence de réponse à la crise de la part d'un gouvernement qui n'a toujours pas été formé après plus d'un an, le parti Hezbollah libanais a annoncé qu'il allait commencer à importer de l'essence d'Iran. Le secrétaire général du Mouvement de la Résistance, Hassan Nasrallah, a déclaré lors d'un discours que "si Dieu le veut, nous ferons certainement venir du diesel et de l'essence d'Iran". Le chef du Hezbollah a souligné que la République islamique lui avait assuré qu'elle soutiendrait le Liban et a imputé au gouvernement libanais et à l'influence des États-Unis l'absence de réponses alternatives à l'offre iranienne.

Nasrallah a affirmé que le premier navire transportant du carburant iranien au Liban avait déjà pris la mer. De son côté, la République islamique a annoncé qu'elle était prête à envoyer davantage de carburant au pays méditerranéen si nécessaire. "Nous vendons notre pétrole et ses produits en fonction de nos propres décisions et des besoins de notre ami. L'Iran est prêt à envoyer à nouveau du carburant au Liban si nécessaire", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh.

líder-hizbula
AL-MANAR TV/Handout via REUTERS - Le chef du Hezbollah libanais, Sayyed Hassan Nasrallah

La principale pierre d'achoppement d'une telle aide de l'Iran au Liban est les sanctions américaines sur les exportations de pétrole iranien, imposées en 2018 par l'ancien président américain Donald Trump après son retrait de l'accord nucléaire. L'achat de pétrole brut par le Hezbollah pourrait déclencher l'imposition de sanctions au Liban, qui souffre déjà d'une grave crise économique depuis 2019.