L'Iran continue de resserrer la corde du pacte nucléaire

L'AIEA a annoncé qu'elle n'était pas parvenue jusqu'à présent à un accord avec la République islamique sur les inspections
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PHOTO / REUTERS  -   Des techniciens de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique dans une salle de contrôle de l'installation de conversion de l'uranium à Isfahan, en Iran

L'Iran renforce le pacte nucléaire et évite un accord avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), en vertu duquel cette agence peut effectuer des inspections et des vérifications du programme atomique iranien. La République islamique et l'AIEA ont conclu en avril dernier un accord de 90 jours, prolongé en mai d'un mois, pour garantir une inspection du programme nucléaire iranien au moyen de caméras de surveillance.

Cet accord a pris fin le 24 juin et selon le directeur de l'AIEA, Rafael Grossi, un nouvel accord n'a pas encore été conclu. Selon une déclaration officielle de l'AIEA, l'agence a envoyé la semaine dernière une lettre aux autorités iraniennes indiquant que pour l'AIEA "il serait essentiel de connaître la position de l'Iran" sur cette question. 

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RONALD ZAK - Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Mariano Grossi, a été nommé par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)

De son côté, l'Iran a souligné que l'accord intérimaire et bilatéral avec l'agence nucléaire de l'ONU sur les inspections "ne doit pas être considéré comme une obligation" pour son pays, qui s'engage seulement à se conformer aux contrôles, selon EFE. Dans la même veine, le représentant iranien auprès de l'agence nucléaire de l'ONU, Kazem Gharibabadi, a déclaré que "sans aucun doute, toute décision prise par l'Iran à cet égard sera basée uniquement sur ses considérations politiques, et l'agence (AIEA) ne peut et ne doit pas la considérer comme quelque chose à laquelle elle a droit".

L'accord entre l'Iran et l'AIEA se voulait un mécanisme de renforcement de la confiance avant les négociations de Vienne visant à relancer l'accord nucléaire de 2015. Des pourparlers qui, après six jours, sont toujours dans l'impasse sur les mêmes points qu'au début, comme la levée des sanctions économiques imposées à l'Iran. À l'issue de la dernière journée de négociations, les représentants des différents pays ayant adhéré au pacte nucléaire, parmi lesquels la Chine, la Russie, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni, ont dressé un bilan positif de la réunion..

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Délégation de l'UE à Vienne via REUTERS - Enrique Mora, secrétaire général adjoint du Service européen d'action extérieure (SEAE), et Abbas Araghchi, adjoint au ministère iranien des affaires étrangères, au début d'une réunion de la commission mixte du JCPOA à Vienne

Malgré l'enthousiasme manifesté après le dernier cycle de négociations à Vienne, les événements récents pourraient torpiller un éventuel accord entre l'Iran et les États-Unis. Les élections en République islamique et l'élection d'un ultraconservateur, Ebrahim Raisi, comme nouveau président ont tendu les relations entre le pays perse et les États-Unis. La Maison Blanche a qualifié les élections de "ni libres ni équitables". L'Iran, pour sa part, a critiqué l'ingérence continue des États-Unis dans les affaires intérieures du pays.

De même, quelques jours après les élections en République islamique, le ministère américain de la justice a bloqué l'accès à 33 sites web liés à l'Iran, accusés de mener une "campagne mondiale de désinformation" pour influencer la politique américaine et promouvoir la propagande iranienne dans le monde. En réponse, Mahmoud Vaezi, chef de cabinet de l'actuel président iranien Hasan Rohani, a accusé les États-Unis d'agir d'une manière "non constructive" pour les négociations en cours sur l'accord nucléaire.

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PHOTO/Morteza Fakhri Nezhad/Young Journalists' Club via AP - Ebrahim Raisi, président élu de l'Iran

Dans ce contexte, le prochain cycle de négociations sera décisif pour que les pourparlers de Vienne aboutissent enfin, l'objectif étant de parvenir à un accord avant le mois d'août, date à laquelle le nouveau président iranien prêtera serment.