L'Iran dit vouloir un "bon et rapide accord" dans les négociations nucléaires

La République islamique tempère sa rhétorique avant la relance du JCPOA
Hossein Amirabollahian

AP PHOTO/MISHA JAPARIDZE  -   El ministro de Asuntos Exteriores de Irán, Hossein Amirabollahian

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amirabollahian, a déclaré samedi que la priorité de son gouvernement est "le dialogue et la négociation" et que "toutes les dispositions nécessaires ont été prises pour parvenir à un accord bon et rapide".

Vienne doit accueillir lundi prochain la reprise des négociations visant à rétablir l'accord sur le nucléaire (JCPOA), auxquelles participeront, outre l'Iran, des délégations de la Russie, de la Chine, de la France, du Royaume-Uni et de l'Allemagne, tandis que les États-Unis y participeront indirectement.

Irán instalaciones nucleares
AFP -  Carte de l'Iran montrant les principales installations nucléaires

Les discussions ont été interrompues en juin après la victoire électorale du président iranien Ebrahim Raisi, désormais ultra-conservateur, qui exige que Washington lève toutes les sanctions contre son pays. Dans l'accord, l'Iran s'est engagé à une série de limitations importantes de ses activités atomiques en échange de la levée de toutes les sanctions à son encontre, mais celles-ci ont été rétablies par les États-Unis en 2018 lorsqu'ils ont annoncé qu'ils quittaient l'accord. Un an plus tard, l'Iran a commencé à manquer à ses obligations, notamment en produisant de l'uranium enrichi et en réduisant considérablement l'accès des inspecteurs de l'AIEA.

"La main de la République islamique d'Iran ne sera pas fermée, il y a différentes options devant nous et nous avons commencé par l'option du dialogue et de la négociation à Vienne", a déclaré M. Amirabollahian dans des propos rapportés par l'agence de presse iranienne locale ISNA. "Nous avons pris toutes les dispositions nécessaires pour parvenir à un bon et rapide accord", a ajouté le ministre perse des Affaires étrangères, qui a néanmoins conditionné l'accord au respect total de la part de l'autre partie et à la levée des sanctions imposées contre le pays perse.

Acuerdo nuclear Viena
AFP/JOE KLAMAR  -  Abbas Araghchi (C-R), adjoint politique du ministère iranien des Affaires étrangères, et la secrétaire générale du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), Helga Schmid (C-I), assistent à une réunion de la commission mixte du JCPOA sur le programme nucléaire iranien au bureau de la délégation de l'UE auprès des organisations internationales à Vienne

En 2018, les États-Unis, sous la houlette de Donald Trump, se sont retirés de l'accord nucléaire conclu en 2015 et ont imposé des sanctions sévères à l'Iran, qui, en réponse, a commencé à manquer progressivement à ses obligations, notamment en ce qui concerne l'uranium enrichi, une matière à double usage civil et militaire. Après l'arrivée au pouvoir de l'actuel président américain, Joe Biden, de nouvelles négociations ont débuté à Vienne pour sauver l'accord nucléaire de 2015.

"Les droits des Iraniens doivent être préservés lors des prochaines négociations à Vienne", a défendu M. Amirabollahian. "L'opinion explicite de la République islamique d'Iran est que les droits et les intérêts du peuple iranien doivent être garantis à la table des négociations et que les sanctions doivent être levées", a transmis le ministre, exprimant l'espoir qu'à Vienne, toutes les parties prendront des "mesures fondamentales et fructueuses".