L'Iran qualifie d’”llégales et agressives" les frappes américaines en Syrie

22 miliciens des Forces de mobilisation populaire tués lors d'une attaque
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PHOTO/REUTERS  -   Le ministre iranien des affaires étrangères Mohammad Javad Zarif

L'Iran a condamné les frappes américaines dans l'est de la Syrie sur les installations utilisées par les milices chiites soutenues par l'Iran. Le ministère iranien des affaires étrangères a qualifié ces attaques d'"illégales et agressives".

Au moins deux avions américains auraient été impliqués dans le largage de sept bombes de 500 livres qui ont détruit de multiples infrastructures le long de la frontière séparant la ville syrienne de Bukamal de son homologue irakien Al-Qaim, dans la province de Deir Ezzor. Dans la même région, les milices pro-iraniennes du Hezbollah Kataib et de Sayyid al-Shuhada Kataib avaient un poste de contrôle frontalier.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (SOHR) a confirmé la mort de 22 miliciens des Forces de mobilisation populaire, une organisation soutenue par le régime de Téhéran qui comprend des membres de plusieurs milices. La chaîne d'information publique iranienne, IRIB News, a déclaré que 17 "résistants" ont été tués lors de ces attaques. Cependant, les responsables américains ont confirmé jusqu'à présent qu'il n'y a pas eu de décès.

Cette opération fait suite à l'attaque à la roquette du 15 février sur la base américaine d'Erbil, capitale de la région kurde semi-autonome d'Irak. L'attaque a fait un mort et six blessés, mais c'est la milice chiite Saraya Awliya al-Dam - peu connue dans la région - qui a revendiqué l'attentat.

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PHOTO/AFP - Les F-15E Strike Eagles de l'US Air Force survolent le nord de l'Irak

C'est la première action militaire sous le mandat de Joe Biden, seulement 35 jours après son entrée en fonction. Le secrétaire à la Défense a lui-même reconnu avoir recommandé au président de prendre la décision et, selon des sources du Pentagone, la réponse militaire a été effectuée après consultation des partenaires de la coalition. L'attaque n'était donc pas une décision unilatérale de la part des États-Unis.

Selon le porte-parole du Pentagone John Kirby, l'attentat américain a détruit de multiples installations situées à un poste de contrôle frontalier utilisé par plusieurs groupes militants soutenus par l'Iran, dont Kait'ib Hezbollah et Kait'ib Sayyid al-Shuhada.

Pour sa part, le porte-parole iranien aux affaires étrangères, Said Khatibzade, a déclaré que "ces attaques ont eu lieu dans un contexte où les forces américaines sont entrées illégalement en territoire syrien ces dernières années, occupant des zones du territoire syrien et volant des ressources naturelles, y compris du pétrole qui est le droit naturel du peuple syrien".