L'Ocean Viking avec 374 migrants demande d'urgence un port sûr 

Des centaines de personnes ont été secourues vendredi soir au large des côtes libyennes par le navire Ocean Viking 
Migrantes  rescatados en el mar se sientan en la cubierta del barco de rescate "Ocean Viking", operad

AFP/SAHZAD ABDUL  -   Des migrants secourus en mer sont assis sur le pont du navire de sauvetage "Ocean Viking", opéré par l'ONG française SOS Méditerranée, en mer Méditerranée le 4 juillet 2020.

Le navire Ocean Viking, de l'organisation humanitaire SOS Méditerranée, a demandé aujourd'hui "en urgence" un port sûr pour y transférer les 374 immigrants qu'il a sauvés ces derniers jours dans les eaux de la Méditerranée centrale. 

Pour l'instant, la situation à bord est "calme", disent des sources des ONG à Efe, mais le navire transporte trop de monde et l'équipage est fatigué après le travail de sauvetage. 

L'intention de l'Ocean Viking est que les pays considérés comme sûrs plus proches du point où il se trouve, Malte ou l'Italie, lui permettent de mettre en sécurité les personnes secourues. 

Sur son pont, 374 migrants sauvés des eaux de la Méditerranée centrale, l'une des routes les plus meurtrières du monde, attendent d'atteindre la terre ferme. 

Ils ont tous été secourus au cours de trois opérations distinctes, la première jeudi, lorsque l'Ocean Viking a sauvé 119 personnes à bord d'un canot pneumatique précaire, dont 10 femmes adultes et 59 mineurs, le plus jeune n'ayant que quatre semaines. 

La plupart d'entre eux viennent de Guinée, du Mali, du Cameroun et de la Côte d'Ivoire et, lorsqu'ils sont arrivés à bord, ils étaient épuisés et mouillés par le voyage. On leur a immédiatement offert des vêtements secs, de l'eau et de la nourriture. 

Un jour plus tard, vendredi, le navire humanitaire a sauvé 149 autres migrants, dont 44 femmes et 118 enfants. 

Et la nuit dernière, un autre bateau a été intercepté dans lequel 106 immigrants étaient entassés, beaucoup d'entre eux intoxiqués par la fumée du carburant de leur bateau. La situation était déjà critique et deux d'entre eux étaient tombés à l'eau, bien qu'ils aient pu être sauvés. 

PHOTO/HANNAH WALLACE BOWMAN/MSF via REUTERS - Des migrants portant des gilets de sauvetage dans un canot pneumatique lors d'une opération de sauvetage sur le navire de sauvetage Ocean Viking de MSF-SOS Méditerranée, au large de la Libye en mer Méditerranée le 18 février 2020.
PHOTO/HANNAH WALLACE BOWMAN/MSF via REUTERS - Des migrants portant des gilets de sauvetage dans un canot pneumatique lors d'une opération de sauvetage sur le navire de sauvetage Ocean Viking de MSF-SOS Méditerranée, au large de la Libye en mer Méditerranée le 18 février 2020.

Toutes les opérations ont eu lieu dans les eaux internationales au large des côtes de la Libye, pays d'Afrique du Nord d'où la plupart des migrants sont partis pour l'Italie et donc l'Europe. 

L'Ocean Viking se trouve en Méditerranée centrale depuis 12 jours après avoir passé près de six mois en Italie en raison d'irrégularités qui ont compromis sa sécurité. L'organisation soupçonne qu'il s'agissait d'un moyen d'arrêter son travail de sauvetage. 

Le navire est arrivé le 27 décembre à Marseille (France), où l'équipage a effectué une quarantaine de dix jours pour prévenir tout cas de coronavirus au début de la mission, et a largué les amarres le 11 janvier pour retourner en mer afin de sauver des vies. 

Dès son arrivée dans la région, l'Ocean Viking a tenté de sauver un bateau mais celui-ci avait déjà été intercepté par les garde-côtes libyens, qui l'ont ramené à terre, selon les sources. 

Ceci malgré le fait que de nombreuses organisations dénoncent de graves violations des droits de l'homme des migrants dans les centres de détention en Libye, un pays plongé dans le chaos et la guerre depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011.