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L'ONU condamne la répression en Birmanie après les dernières manifestations

Jusqu'à 130 blessés et 59 morts dimanche, selon les dernières données des hôpitaux birmans
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PHOTO/AFP  -   Des manifestants portent des pneus pour construire des barricades de fortune lors des manifestations contre le coup d'État militaire à Yangon, le 15 mars 2021

Christine Schraner Burgener, l'envoyée spéciale des Nations unies en Birmanie, a condamné "fermement" ce qui est un "bain de sang continu" depuis des semaines. Elle critique également le fait qu'elle se déroule "alors que les militaires défient les appels internationaux", ce qui conduit à des scènes comme celles de dimanche. Les hôpitaux birmans ont établi le bilan à 59 morts et 130 blessés, dans l'une des journées les plus violentes de ces dernières semaines dans ce pays d'Asie.

Trois hôpitaux différents ont fourni des données sur les victimes de la répression menée par le gouvernement intérimaire de Birmanie. Rangoon General, Hlaing Tharyar et Thingangyun Sanpya sont les trois centres contactés par le média " Myanmar Now ", qui affirment qu'il est très probable que le nombre de morts et de blessés soit plus élevé que ce que l'on croit jusqu'à présent. Ils préviennent que la situation dans le pays commence à atteindre un point où les hôpitaux et les centres de santé craignent pour le nombre de personnes hospitalisées quotidiennement, ainsi que pour le nombre de plus en plus inquiétant de morts dans les manifestations. Au moins, la pandémie de COVID-19 donne un peu de répit au pays, avec un seul décès dû au virus la semaine dernière. 

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PHOTO/REUTERS - Des manifestants courent près d'une barricade lors d'une manifestation contre le coup d'État à Mandalay, au Myanmar, le 15 mars 2021

Le coup d'État perpétré le 1er février au Myanmar a mis fin à ce qui avait été 10 ans de transition démocratique, et à la sécurité d'une grande partie d'une société qui espérait avoir laissé derrière elle les jours d'instabilité. Le gouvernement d'Aung San Suu Kyi - leader de la Ligue nationale pour la démocratie - a été arrêté par les militaires birmans après 5 ans de pouvoir, grâce aux élections les plus libres et les plus justes qui aient eu lieu ces 25 dernières années dans le pays, organisées le 8 novembre 2015.

Aujourd'hui, un peu plus de cinq ans après ces élections, le pays traverse l'une des situations les plus instables de la dernière décennie à la suite du coup d'État. C'est pourquoi les Nations unies ont voulu prendre parti et tenter de calmer une situation qui ne fait que s'aggraver. L'envoyé spécial des Nations unies a ajouté que "la brutalité actuelle, y compris contre le personnel médical et la destruction des infrastructures publiques, compromet sérieusement toute perspective de paix et de stabilité. Elle s'interroge sur la sécurité de la population birmane et appelle à l'aide de la communauté internationale pour faire face à une situation de crise qui ne cesse de s'aggraver. Cette aide doit venir "en solidarité avec le peuple birman et ses aspirations démocratiques" et espère que le Conseil de sécurité prendra l'initiative face à l'escalade de la violence. 

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AFP/AFP - Carte de Yangon montrant les townships où la junte a imposé la loi martiale dimanche dernier

Le nouveau gouvernement dirigé par le président intérimaire Myint Swe a imposé la loi martiale dans certaines parties de Rangoon. Déjà depuis les dernières élections de novembre 2020, une partie de la société s'est montrée méfiante en raison des accusations de génocide à l'encontre de la population musulmane rohingya dans ce pays, et des irrégularités dans les listes électorales des dernières élections générales. Comme l'a dit l'ancien général Swe : "L'UEC (commission électorale) n'a pas réussi à résoudre les énormes irrégularités des listes électorales lors des élections générales multipartites du 8 novembre 2020". Malgré cela, l'ancienne présidente de la Birmanie jusqu'à son arrestation, Suu Kyi, a obtenu plus de 80 % des voix.