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L'UE ferme l'espace aérien avec le Belarus

Après l'opération biélorusse d'arrestation du journaliste Roman Protasevich
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PHOTO/JOHN THYS via REUTERS  -   Le président du Conseil européen Charles Michel lors d'une conférence de presse au sommet de l'UE dans le bâtiment du Conseil européen à Bruxelles

L'Union européenne (UE) a accepté lundi de fermer l'espace aérien avec le Belarus après que le régime d'Alexandre Loukachenko a contraint dimanche un avion de la compagnie Ryanair à un atterrissage forcé à l'aéroport de Minsk pour arrêter le journaliste Roman Protasevitch.

Réunis en sommet à Bruxelles, les chefs d'État et de gouvernement de l'UE ont exigé la "libération immédiate" du journaliste et ont interdit aux compagnies aériennes bélarussiennes - dont la compagnie publique Belavia - de survoler l'espace aérien de l'UE. Ils ont également demandé aux compagnies aériennes de l'UE d'"éviter" de survoler le Belarus.

Plusieurs compagnies aériennes européennes, dont la lettone airBaltic et la scandinave SAS, ainsi que la néerlandaise KLM, ont déclaré qu'elles cesseraient d'utiliser l'espace aérien du Belarus.

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PHOTO/REUTERS - Le blogueur et militant de l'opposition Roman Protasevich

Cette question a été la première à être abordée par les dirigeants, après que le président du Conseil européen, Charles Michel, l'ait inscrite d'urgence à l'ordre du jour du sommet, dimanche. "Il s'agit d'une menace pour la sécurité internationale et l'aviation civile" et l'UE adoptera une "réaction ferme", a déclaré M. Michel, avant le début de la réunion.

"Nous ne tolérerons pas que l'on joue à la roulette russe avec la vie de civils innocents. Ce qui s'est passé hier est absolument inacceptable", a-t-il ajouté lors de la conférence de presse qui a suivi le premier jour du sommet.

"Le contrôle de l'espace aérien a été utilisé pour le détournement de l'État", a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Après ce qui s'est passé, l'UE devait donner une "réponse rapide", ont déclaré des sources européennes à Efe, même si les Vingt-sept doivent maintenant se mettre d'accord sur les détails techniques de l'application des sanctions.

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AFP/AFP - Dossier sur le journaliste dissident biélorusse Roman Protasevich, arrêté après l'atterrissage forcé de son avion à Minsk, le 23 mai

"Nous devons discuter moins des détails et plus de la substance car mettre la vie de tous les passagers en danger est inacceptable", ont déclaré les mêmes sources.

À leur arrivée au sommet, la grande majorité des dirigeants ont choisi d'adopter des sanctions contre le Belarus après ce qui s'est passé et que Ryanair a qualifié d'"acte de piratage de l'aviation".

"Je pense que le temps de la rhétorique et des mots est terminé, c'est terminé. Nous avons besoin d'actions claires pour changer le modèle de comportement de ce régime très dangereux", a déclaré le président lituanien Gitanas Nauseda à son arrivée à la réunion.

Dans le même ordre d'idées, le Premier ministre estonien, Kaja Kallas, a déclaré qu'il était "très important" de proposer des "sanctions fortes" car, a-t-elle dit, le Belarus et la Russie "ne vont que jusqu'où nous les laissons aller".

Alors que le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a jugé " absolument inacceptable " que la Biélorussie détourne un avion pour détenir un journaliste dissident et a donc défendu l'adoption de sanctions contre ce pays.

Sanctions supplémentaires

Les chefs d'État et de gouvernement ont également convenu d'étendre la liste des sanctions contre le Belarus, qui comprend actuellement 88 pays et 77 entités, dont le président Loukachenko et son fils et conseiller Viktor Loukachenko, qui sont interdits d'entrée sur le territoire de l'UE et voient tous leurs biens et avoirs gelés dans l'UE.

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REUTERS/VASILY FEDOSENKO - Le président biélorusse Alexandre Loukachenko

Bien que les noms et les nouvelles entités devront être détaillés ultérieurement, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, a déclaré que tous seraient liés à l'atterrissage forcé de l'avion et à l'"enlèvement" du journaliste.

En outre, le président de l'exécutif européen a souligné que Bruxelles a "gelé" 3 milliards d'euros à la Biélorussie "jusqu'à ce qu'elle soit démocratique".

Enquête internationale

Outre l'adoption de sanctions, les dirigeants européens ont demandé à l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) une "enquête urgente" sur l'atterrissage forcé de ce vol transportant plusieurs citoyens de l'UE, qui avait décollé d'Athènes mais n'est jamais arrivé à Vilnius, sa destination finale.

L'OACI a d'ailleurs convoqué une réunion pour jeudi prochain.

Alors que les dirigeants européens se réunissaient à Bruxelles, une chaîne pro-Lukashenko sur l'application de messagerie Telegram a diffusé les premières images de Protasevich depuis son arrestation. Le militant a déclaré qu'il se trouvait dans une prison de Minsk et a affirmé qu'il était bien traité, malgré les ecchymoses visibles sur son visage et les cernes profondes sous ses yeux.