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Olaf Scholz se rend dans le Golfe à la recherche d'alternatives au gaz russe

La tournée du chancelier allemand le week-end prochain comprendra des visites en Arabie saoudite, aux Émirats arabes unis et au Qatar, et devrait servir à améliorer la coopération énergétique entre Berlin et les trois pays du Golfe
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REUTERS/MICHELE TANTUSSI  -   Le chancelier allemand Olaf Scholz

Après plusieurs mois de menaces, le mois de septembre a débuté par l'annonce de l'arrêt, pour une durée indéterminée, de l'approvisionnement de l'Allemagne - et, par conséquent, d'une partie du reste de l'UE - par le gazoduc Nord Stream 1. Désormais, dans une course contre la montre face à un hiver qui s'annonce avec des réserves de gaz réduites, Berlin intensifie ses efforts pour trouver de nouveaux partenaires énergétiques afin de remplacer les approvisionnements en hydrocarbures russes. Tant à court terme, dans la perspective des prochains mois, qu'à moyen et long terme, afin de réduire la dépendance et la vulnérabilité énergétiques de l'Allemagne et de l'Europe. 

Dans ce contexte, le chancelier allemand Olaf Scholz a annoncé une visite officielle de deux jours dans la région du Golfe. Concrètement, pendant le week-end, le dirigeant allemand - accompagné d'une "délégation d'affaires de haut niveau", comme l'a déclaré le porte-parole du gouvernement, Steffen Heepstrait, lors d'une conférence de presse - se rendra en Arabie saoudite, deuxième producteur mondial de pétrole après les États-Unis, au Qatar, cinquième producteur de gaz, et aux Émirats arabes unis, également un acteur clé du marché des hydrocarbures.

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AFP/AFP - Graphique des flux de gaz naturel de Nord Stream 1 en millions de mètres cubes par jour depuis le 1er février
Réparer les relations entre Berlin et Riyadh 

La première étape de la tournée de Scholz devrait être la capitale de l'Arabie saoudite, Riyad. Le dirigeant allemand y rencontrera - pour la première fois en personne depuis le début de son mandat - le roi saoudien Salman bin Abdulaziz Al Saud, "si sa santé le permet", ainsi que le prince héritier et dirigeant "de facto" du royaume, Mohammed bin Salman. Scholz "attache une grande importance au résultat de ces entretiens", ont expliqué à Al Arab des sources diplomatiques à l'ambassade d'Allemagne à Riyad. 

Les relations diplomatiques entre Berlin et Riyad sont tendues depuis le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, fin 2018, dans le consulat du royaume wahhabite à Istanbul (Turquie), qui a entraîné une rupture entre les deux pays, et la décision de l'Allemagne d'interdire les exportations d'armes à toutes les parties impliquées dans la guerre au Yémen (dont l'Arabie saoudite). Ce sont des questions qui, selon les mots d'Heepstrait, "seront certainement abordées lors des discussions". 

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PHOTO/FILE - Le prince héritier Mohammed bin Salman d'Arabie saoudite

Par ailleurs, "la crise énergétique, les répercussions de la guerre en Ukraine, [...], le dossier iranien et l'agenda du prochain sommet du G20, prévu en novembre sur l'île indonésienne de Bali" - précise la source diplomatique consultée par Al Arab - seront également présents dans un agenda de discussions qui vise à "corriger le cours des relations entre les deux pays". 

Pour sa part, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal Bin Farhan Al Saud, n'a pas hésité à faire l'éloge des liens historiques entre l'Allemagne et l'Arabie saoudite dans les domaines de l'économie, des investissements et du commerce. La coopération sur les questions liées au programme saoudien "Vision 2030" semble représenter une opportunité majeure d'investissement conjoint pour les autorités de Riyad. Notamment dans les secteurs de la coopération industrielle, culturelle, des énergies renouvelables et militaire.

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PHOTO/AFP - L'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad al-Thani
Abu Dhabi et Doha

La tournée diplomatique de Scholz dans le Golfe s'achèvera dimanche après des rencontres séparées avec le président émirati Mohamed bin Zayed Al Nahayan et l'émir qatari Sheikh Tamim bin Hamad Al Thani, respectivement le matin et l'après-midi. Après quoi, il devrait retourner en Allemagne.

Selon le ministre allemand de l'Économie Robert Habeck, pendant le séjour de Scholz dans le Golfe, Berlin cherche à conclure plusieurs contrats d'importation de gaz naturel liquéfié (GNL) pour remplacer les approvisionnements russes - qui, avant la guerre en Ukraine, représentaient 55 % de la demande allemande. Plus précisément, avec son homologue émirati, qui a déjà commencé ce mois-ci à envoyer des tests d'énergie verte à l'hydrogène dans le pays européen, selon le ministère allemand de l'Économie, afin de "créer une chaîne de valeur de l'hydrogène entre l'Allemagne et les EAU". "Cette livraison test jette une base importante pour les importations d'hydrogène à moyen terme, qui seront également respectueuses de l'environnement." 

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AFP/TOBIAS SCHWARZ - Robert Habeck, ministre allemand de l'Économie et de la protection du climat

Les pourparlers avec Doha, quant à eux, semblent être au point mort depuis plusieurs semaines, malgré les efforts déployés par Berlin pour négocier avec l'un des principaux exportateurs mondiaux de GNL depuis le début de l'"opération militaire spéciale" menée par la Russie en Ukraine en février dernier. Ces efforts ont conduit Habeck à se rendre dans le pays en mars. Le Qatar joue un rôle compliqué dans la fixation des prix et de la durée des accords éventuels, ce que plusieurs responsables du gouvernement allemand ont critiqué, mais cela n'a pas exclu le petit État du Golfe de la tournée de Scholz

Le fait est que la forte dépendance énergétique - non plus seulement allemande, mais européenne - en termes de sources, de fournisseurs et de voies d'importation a fait de l'Europe une région très vulnérable aux conflits et déséquilibres mondiaux. Aujourd'hui, les complications techniques et infrastructurelles liées à la réception du gaz étranger font qu'il est difficile de trouver des approvisionnements à court terme pour faire face à un hiver sans gaz.