Opération Marhaba: Rabat affrète deux navires auprès d'une compagnie estonienne pour renforcer les routes avec la France et l'Italie

Ces navires s'ajoutent aux 8 autres navires déjà à la disposition du Maroc
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PHOTO/AFP  -   Cette photo, prise le 28 juin 2019, montre une vue des grues à conteneurs au terminal I du port de Tanger Med, dans la ville de Tanger (nord).

Le Maroc a annoncé un accord entre le port de Tanger et la compagnie estonienne Tallink Grupp. La société balte fournira deux navires, le Victoria I et le Romantika, qui participeront à l'opération Marhaba entre la France, l'Italie et le Maroc. Cette opération durera jusqu'en septembre et vise à faciliter le retour des Marocains de l'étranger pendant l'été.

Les navires estoniens constitueront deux routes maritimes supplémentaires. Le Victoria I a quitté Tallinn le 28 juin, tandis que le Romantika partira le 5 juillet. L'affrètement de ces navires a été convenu jusqu'en octobre, date à laquelle ils retourneront en Estonie.

"Nous sommes heureux d'avoir réussi à conclure un autre contrat d'affrètement pour nos navires, qui n'auront pas à rester au port jusqu'à ce que les restrictions soient assouplies et que les voyages reprennent", a déclaré Paavo Nogene, directeur de Tallink Grupp. 

La compagnie estonienne a également affirmé avoir de l'expérience dans la zone méditerranéenne, où certains de ses navires ont été affrétés pour des périodes plus courtes pendant quatre ans. "Nos équipages ont déjà l'expérience de la navigation dans cette région", a déclaré Nogene. Cet accord avec le Maroc permet d'atténuer les effets que la pandémie a eus et continue d'avoir sur cette compagnie maritime. "Nous nous efforçons de tirer parti d'autres possibilités d'affrètement pour fournir du travail aux équipages des navires", a ajouté la compagnie dans un communiqué.

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AFP/MARCOS MORENO - Photo d'archive, personnes attendant d'embarquer sur les ferries pour Ceuta et Tanger dans le port d'Algeciras.

Ces deux navires estoniens viendront s'ajouter aux huit autres dont dispose déjà le Maroc pour mener à bien l'opération Marhaba. Ces navires transporteront entre 20 000 et 27 000 voyageurs chaque semaine, selon le ministère des affaires étrangères. Les villes européennes avec lesquelles ils opèrent sont Gênes, Sète et Marseille. Le prix de ces parcours est de 995 euros. En outre, ils ont récemment ajouté la ville portugaise de Portimao, après avoir éliminé les ports espagnols de l'opération. La durée de la liaison avec le Portugal sera d'environ sept heures et un billet aller-retour coûtera 450 euros pour quatre personnes et un véhicule.

C'est la première fois en 34 ans que le Maroc exclut l'Espagne, où vit une importante communauté marocaine. La crise diplomatique actuelle entre Rabat et Madrid a déclenché cette situation, qui sera préjudiciable aux citoyens vivant en Espagne qui souhaitent retourner au Maroc en été. 

Les compagnies maritimes espagnoles, notamment Balearia et Trasmediterránea, subiront également les effets de cette décision. Selon Aesba, l'association des entrepreneurs de services portuaires d'Algeciras, elle aura un impact "important et très négatif" sur les entreprises liées à cette opération. Ils préviennent également que des milliers d'emplois sont menacés. Reyes Maroto, ministre du commerce et du tourisme, a assuré que "ce que le Maroc a décidé, nous le respecterons". Pour sa part, le président de la Junta de Andalucía, Juanma Moreno, a reproché au gouvernement que sa communauté ne puisse être le "payeur" des conflits avec le Maroc. 

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AFP/JORGE GUERRERO - Vue générale du port maritime espagnol de Ceuta, sur la côte nord-africaine.

Toutefois, Rabat a rouvert son espace aérien et l'Espagne figure sur la liste des pays qui contrôlent bien les infections à coronavirus. Les personnes souhaitant se rendre au royaume alaouite depuis les aéroports espagnols devront présenter un certificat de vaccination ou une PCR négative, sans qu'il soit nécessaire d'appliquer une quarantaine de dix jours, comme doivent le faire les autres citoyens voyageant depuis des pays "sans statistiques précises" du coronavirus.