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Réunion à Rabat des responsables de l'Intérieur du Maroc, de l'Espagne et de l'Union européenne

La réunion a lieu deux semaines après les événements tragiques survenus à la clôture de Melilla
Marlaska y Laftit

PHOTO/ARCHIVO  -   Le ministre espagnol Grande-Marlaska avec son homologue marocain, Laftit.

Abdelouafi Laftit, ministre marocain de l'Intérieur, recevra ses homologues espagnols et européens à Rabat le vendredi 8 juillet pour une réunion de travail. L'espagnol Grande-Marlaska et la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, se rendront au Maroc pour étudier les problèmes de l'immigration irrégulière en provenance du Maroc. 

La réunion a été annoncée par l'agence de presse EFE, citant des sources intérieures espagnoles. La Commission européenne a confirmé à Atalayar sa participation à la réunion. La rencontre aura lieu deux semaines après l'assaut massif contre la clôture de Melilla qui a entraîné la mort d'au moins 23 personnes d'origine subsaharienne, ainsi que plus de 200 blessés, dont des membres des forces de l'ordre. 

Elle survient également après la visite de la Commission parlementaire mixte Maroc-UE au Parlement européen. Une visite guidée par le président marocain de la Commission, Lahcen Haddad. Au cours de leur visite, les parlementaires marocains ont eu l'occasion d'aborder la question de la sécurité en Méditerranée avec leurs homologues européens, notamment avec Antonio López-Istúriz, membre de la commission des Affaires étrangères du Parlement, qui prépare un dossier sur les relations avec les voisins du sud de la Méditerranée en matière de sécurité.

 Abdelmajid Bziouat/EUROPEAN COMISSION – La comisaria del Asuntos de Interior, Ylva Johansson, visita las instalaciones de Tanger-Med, Marruecos
Abdelmajid Bziouat/EUROPEAN COMISSION –La commissaire aux affaires intérieures, Ylva Johansson, visite les installations de Tanger-Med au Maroc.

La tragédie de Melilla a également été mentionnée lors de la session plénière du Parlement européen. La question était à l'ordre du jour de la session du 4 juillet, lorsque la commissaire suédoise aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a pris la parole pour condamner fermement le rôle des mafias de l'immigration clandestine à la frontière avec le Maroc et déplorer les pertes de vies humaines à la frontière. "Mes pensées vont à leurs familles. La violence aux frontières de l'UE est inacceptable", a déclaré Johansson au début de son discours devant les députés européens. 

"Le Maroc est un partenaire clé dans la prévention de l'immigration illégale. Rien que cette année, le Maroc a empêché 26 000 départs illégaux de son territoire vers l'UE", a-t-elle déclaré. "Nous devons renforcer notre partenariat avec le Maroc pour lutter contre l'immigration clandestine. Melilla montre une fois de plus que l'Europe a besoin d'un Pacte sur les Migrations et l'Asile. Nous devons l'approuver à 100%", a conclu la commissaire Johansson dans son discours du 4. 

Le message d'Ylva Johansson au Parlement de Strasbourg peut être interprété comme une déclaration d'intention avant sa rencontre avec le ministre marocain de l'intérieur, Abdelouafi Laftit. Avec le ministre espagnol Grande-Marlaska, il faut espérer que ces négociations permettront d'accélérer le processus de conclusion du pacte sur l'immigration et l'asile susmentionné, ou du moins de renforcer l'implication de l'UE dans sa frontière sud. 

migrantes valla melilla
PHOTO/ARCHIVO - Sauter la barrière à Melilla

Cette implication de l'Union européenne est réclamée par les syndicats de la police nationale et de la garde civile affectés aux frontières terrestres des deux possessions européennes en Afrique, Ceuta et Melilla, qui souffrent année après année d'un manque de moyens, de personnel et de matériel pour gérer au mieux la frontière, "en garantissant toujours le respect de la sécurité et de la vie de toutes les personnes", comme l'expliquent des sources syndicales à Atalayar. 

La mise en place de l'agence européenne des frontières, Frontex, dans les deux villes autonomes a été soulevée par les syndicats et les experts à de nombreuses reprises. Cependant, rien n'a encore été précisé sur cette nouvelle étape. 

Le gouvernement espagnol a choisi dès le départ de mettre en avant la violence particulière des migrants lors de ce nouvel assaut contre la clôture. Le bureau du procureur général, Dolores Delgado responsable, a lancé une enquête par le biais du bureau de l'immigration quelques jours après la tragédie. Le gouvernement espagnol est d'accord sur plusieurs points avec son homologue marocain sur la gestion de cette crise, résultat de l'harmonie diplomatique qui règne dans les relations depuis mars dernier. 

AFP/FADEL SENNA - Abdelouafi Laftit, ministro del Interior marroquí
AFP/FADEL SENNA - Abdelouafi Laftit, ministre marocain de l'intérieur

"Nous ne pouvons pas ignorer, et personne n'en a douté, qu'il s'agit d'une attaque violente aux frontières espagnoles, qui sont des frontières européennes", a déclaré cette semaine la ministre de l'Intérieur Grande Marlaska dans des propos rapportés par EFE. 

Du côté marocain, le Conseil national des droits de l'homme (CNDH) a également lancé une enquête par le biais d'une commission d'information pour clarifier ce qui s'est passé à Nador. "Nous avons mis en place une commission d'information qui tiendra des réunions avec toutes les parties concernées. Nous partagerons les résultats et les conclusions de cette mission avec le public et les parties prenantes dès que possible", a déclaré Amina Bouayach, présidente de la CNDH. 

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme, dont l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH), affirment que le nombre de morts est supérieur aux sources officielles et accusent l'État marocain de porter atteinte aux droits des migrants. L'actuel ministre de l'Intérieur, Abdelouafi Laftit, a déjà des antécédents de friction avec l'AMDH, lorsqu'en 2018, le ministre a accusé l'organisation de "profiter de tout événement pour perturber l'ordre social".