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Sommet arabe : division et ordres du jour contradictoires

La tentative de l'Algérie d'unifier la voix du monde arabe et de donner la priorité à la question palestinienne échoue, tandis que le bloc des Accords d'Abraham exige de faire face à la menace iranienne
AFP PHOTO / HO / SERVICIO DE PRENSA DE LA PRESIDENCIA DE TÚNEZ - Líderes árabes tras su primera cumbre desde una serie de acuerdos de normalización con Israel que han dividido la región

AFP PHOTO / HO / SERVICIO DE PRENSA DE LA PRESIDENCIA DE TÚNEZ -  -   Les dirigeants arabes après leur premier sommet depuis une série d'accords de normalisation avec Israël qui ont divisé la région

Deux agendas s'affrontent lors du premier sommet de la Ligue arabe en trois ans. L'intention du gouvernement algérien d'unifier la voix du monde arabe a échoué lors d'un sommet marqué par l'absence de plusieurs monarques et chefs d'État, ainsi que par la division qui prévaut entre deux blocs aux priorités géopolitiques différentes. 

Les accords d'Abraham, salués par une grande partie de la scène internationale pour avoir instauré la paix entre un certain nombre de pays arabes et Israël, ont créé un fossé entre ceux qui adhèrent à ce plan et ceux qui n'y adhèrent pas, qui ont des liens étroits avec l'Iran. Parmi ceux qui rejettent une normalisation des relations avec Israël figure l'Algérie, qui a maintenu la question palestinienne en tête de l'ordre du jour du sommet. Dans sa rhétorique, l'Algérie continue de condamner les pays qui normalisent leurs relations avec Tel Aviv. La coopération militaire entre Israël et le Maroc est l'une des lignes rouges de l'Algérie. 
 

AP/TOUFIK DOUDOU - El ministro argelino de Asuntos Exteriores, Ramtane Lamamra, recibe al secretario general de las Naciones Unidas, António Guterres, a su llegada para participar en la Cumbre Árabe
AP/TOUFIK DOUDOU - Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, salue le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, à son arrivée au Sommet arabe

"Dans cette conjoncture internationale, la question palestinienne reste notre cause centrale, au cœur de nos préoccupations et au sommet de nos priorités, au moment où elle est la cible de tentatives de liquidation, en raison de la poursuite des graves violations commises par les forces d'occupation, qui étendent leurs colonies illégales, tuant des innocents, envahissant les villes et villages palestiniens, confisquant des terres et des biens, démolissant des maisons et des bâtiments et forçant le peuple palestinien autochtone à l'exode, notamment à Al-Quds (Jérusalem) occupée", a déclaré le président algérien Abdelmajid Tebboune dans son discours aux délégations invitées au sommet. 

L'organisation algérienne a évité autant que possible que d'autres pays fixent l'ordre du jour en mettant à l'ordre du jour la menace posée par l'Iran. Les délégations envoyées par l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Maroc, qui font l'objet de tensions avec le régime iranien, ont indiqué dès le début du sommet leur intention de soumettre cette question à la discussion des assemblées. Les tensions ont été ravivées après qu'Omar Hilale, le représentant du Maroc auprès des Nations unies, a accusé l'Iran d'avoir négocié la fourniture de drones de guerre au Front Polisario, ainsi que d'avoir œuvré pour pénétrer en Afrique du Nord. 

 AFP PHOTO / HO / SERVICIO DE PRENSA DE LA PRESIDENCIA DE TÚNEZ – El secretario general de la Liga Árabe, Ahmed Aboul Gheit , y el presidente tunecino Kais Saied asistiendo a la apertura de la cumbre árabe en Argel
AFP PHOTO / HO / SERVICIO DE PRENSA DE LA PRESIDENCIA DE TÚNEZ – Le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, et le président tunisien, Kais Saied, lors de l'ouverture du sommet arabe à Alger

L'Algérie, l'allié le plus proche de l'Iran dans la région, a empêché ce dossier de dominer les réunions entre les délégations, plaçant d'autres questions en tête de l'ordre du jour. Le secrétaire général des Nations unies, qui était invité au sommet et qui a pris la parole au début, a approuvé l'appel du gouvernement algérien à l'unité et à la résolution de la question palestinienne. Le dossier iranien, trop sensible pour le chef de l'ONU, n'a pas été mentionné dans son discours. Les autres thèmes abordés étaient : la sécurité alimentaire, la coopération climatique et le développement des pays les plus pauvres. 

Sur ces trois points, les délégations se sont accordées sur le soutien apporté au Liban, qui souffre d'une terrible crise économique et maintenant aussi d'une vacance du pouvoir suite à la démission du Président Michel Aoun. 

Quant à la réadmission de la Syrie au sein de l'organisation internationale, elle aurait été proposée malgré les grands risques qu'elle représente, comme l'ont souligné d'autres délégations. La réintégration de la Syrie, expulsée en 2011, au sein de la Ligue arabe serait dans l'intérêt de la Russie, qui jouerait le rôle de médiateur à travers Alger pour atteindre cet objectif. 

Aujourd'hui, dernier jour du sommet, les délégations tiennent une deuxième session à huis clos pour continuer à travailler sur les dossiers sur la table. 

Sur fond de début de la guerre d'indépendance contre la France, l'Algérie célèbre le début de la guerre d'indépendance contre la France, une occasion de déployer des moyens pour les invités de Tebboune, qui cherchent à se refaire une santé dans les relations internationales avec ce sommet. La diplomatie algérienne est affaiblie depuis 2019 par la crise politique qui a conduit à l'abdication d'Abdelaziz Bouteflika. Trois ans plus tard, le "Pouvoir" algérien est à la recherche d'un nouveau rôle de protagoniste sur la scène internationale et espère utiliser le sommet à cette fin.