Staffan de Mistura rencontre Nasser Bourita à Rabat lors de sa tournée régionale

Le chef de la diplomatie marocaine a défendu la proposition du Royaume pour le Sahara
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PHOTO/SOCIAL MEDIA  -   L'envoyé spécial de l'ONU Staffan de Mistura est arrivé jeudi à Rabat, où il a rencontré le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations unies pour le conflit du Sahara, s'est entretenu avec le ministre marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, lors de son premier voyage dans la région. Omar Hilale, ambassadeur du Maroc auprès des Nations unies, était également présent à la réunion au Palais royal de Rabat.  Au cours de la réunion, Bourita a préconisé "la reprise du processus politique" sous la direction de l'ONU afin de parvenir à une solution politique. Il a également défendu la proposition d'autonomie marocaine pour le Sahara.

Le chef de la diplomatie marocaine réaffirme ainsi la position de Rabat sur la question du Sahara. Le roi Mohammed VI, dans ses récents discours à l'occasion de l'anniversaire de la Marche verte, a prôné une "solution pacifique", tout en assurant que "le Sahara marocain ne sera jamais à l'ordre du jour d'une quelconque négociation", selon le média international TV5 Monde.  

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AFP/FABRICE COFFRINI - Staffan de Mistura, envoyé spécial des Nations unies (ONU) pour le Sahara occidental.

Le Royaume Alawi, comme l'ONU, soutient le processus de table ronde en présence des quatre acteurs impliqués dans le conflit : le Maroc, l'Algérie, la Mauritanie et le Front Polisario. L'ONU, pour sa part, a appelé les parties à poursuivre leur participation aux négociations dans "un esprit de réalisme et de compromis, afin de parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique, durable et fondée sur le compromis". Cependant, Alger et le Polisario se sont opposés à la reprise des pourparlers de cette manière après ceux organisés en Suisse par l'ancien envoyé de l'ONU Horst Köhler. Malgré cela, Rabat continue d'insister sur la participation de l'Algérie aux négociations. "Sans l'Algérie, il n'y aura pas de dialogue", a prévenu Hilale en août. 

L'envoyé spécial du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental se rendra également en Algérie et en Mauritanie

Dans le but de trouver un terrain d'entente pour la reprise des pourparlers, De Mistura rencontrera les autres parties au conflit lors de son voyage dans la région. "L'envoyé personnel espère entendre les points de vue de toutes les parties prenantes sur la façon d'avancer vers une reprise constructive du processus politique sur le Sahara occidental", a déclaré la porte-parole de l'ONU, Stephane Dujarric. Le diplomate italo-suédois, après son séjour au Maroc, rencontrera des membres du Front Polisario à Tindouf, où il visitera également des camps de réfugiés. À Alger, il aura des entretiens avec des représentants du gouvernement algérien. Enfin, il se rendra en Mauritanie, où il aura des entretiens avec le gouvernement.

Selon Challenge, De Mistura rencontrera les délégations diplomatiques étrangères dans la région. Le journal marocain donne la liste des ambassadeurs de France, du Royaume-Uni et des États-Unis.  

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AFP/FADEL SENNA - Poste frontière entre le Maroc et la Mauritanie à Guerguerat, situé au Sahara occidental.

L'envoyé spécial a décidé de se rendre dans la région à un moment particulièrement délicat entre le Maroc et l'Algérie, qui ont rompu leurs relations diplomatiques en août dernier. Il y a toujours eu un fort contentieux entre les deux pays, Alger étant le principal allié du Polisario. Toutefois, c'est l'Algérie qui a décidé de rompre les liens avec son voisin. Dans ce contexte, Dujarric a reconnu que cette question est "une situation qui doit être résolue". "Cela relève du mandat de de Mistura", a-t-elle déclaré. La porte-parole a également appelé à un rapprochement entre les deux nations. "Les choses sont toujours moins compliquées lorsque les liens bilatéraux entre les pays sont plus positifs que négatifs", a-t-elle ajouté.

De Mistura a été nommé envoyé spécial pour le Sahara en novembre, après la démission de Köhler en 2019 pour des raisons de santé. L'ancien président allemand a réussi à réunir les parties concernées à Genève, mais n'a pas réussi à rapprocher les acteurs du conflit afin de parvenir à une solution politique