Stimuler les exportations industrielles : la clé de la reprise face au COVID-19 en Egypte ?

Le pays d'Afrique du Nord est au cœur de nombreuses chaînes d'approvisionnement mondiales
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PHOTO/REUTERS  -   Ligne de production dans une usine de téléphones portables à Assuit, en Égypte

Les effets du COVID-19 se faisant toujours sentir en Égypte, les exportations industrielles apparaissent comme un moteur essentiel de la reprise économique du pays.

Soulignant l'importance des expéditions à l'étranger, Nevin Gamea, le ministre du commerce et de l'industrie, a déclaré aux médias le 20 mars que l'Égypte prévoyait de porter ses exportations à 100 milliards de dollars à long terme, contre 30 milliards de dollars environ avant la pandémie, en se tournant vers les marchés européens, africains et arabes.

La stratégie qui favorisera cette croissance consiste à stimuler les industries nationales et à augmenter les exportations des petites entreprises. En outre, la logistique des exportations sera améliorée, par exemple en automatisant les procédures d'importation et d'exportation.

Le programme prévoit également le développement de la Haute-Égypte et de plusieurs zones frontalières, ainsi que des projets de soutien dans la zone économique du canal de Suez.

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AFP/KHALED DESOUKI - Des ouvriers préparent un fil sur une machine à l'usine de vêtements et de textiles Marie Louis dans la ville de 10 Ramadan, à quelque 60 km au nord du Caire

Le président Abdel Fattah al-Sisi a également souligné récemment la nécessité d'accroître les investissements industriels et les niveaux d'exportation.

Il a appelé à renforcer l'industrialisation nationale et la localisation des technologies, à combler l'écart entre les exportations et les importations et à réduire l'utilisation des devises étrangères pour les importations.

Elle a également ordonné un examen et un inventaire complets des terrains qui avaient été affectés à des activités industrielles mais qui n'avaient pas été aménagés à la date limite.

Les projets phares ouvrent la voie

Des réformes économiques sont en cours en Égypte depuis novembre 2016, lorsque le pays a reçu un prêt de 12 milliards de dollars du FMI et que la monnaie a flotté.

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PHOTO/REUTERS - Des ouvriers dans une usine qui produit du matériel chirurgical stérile et des vêtements médicaux, alors que l'Egypte

Le fonds a identifié la croissance tirée par le secteur privé comme une priorité essentielle, et les réformes ont largement visé à améliorer l'environnement des affaires pour attirer les investissements privés.

"Des mesures doivent être prises, dans la mesure du possible, pour réduire les coûts des entreprises et faciliter l'accès au financement, car le secteur privé doit être le moteur de la croissance économique de l'Égypte", a déclaré le président Al-Sisi à OBG l'année dernière.

Une mesure importante a été prise fin 2019, lorsque le gouvernement et la Banque centrale d'Égypte (CBE) ont lancé une initiative de 6,4 milliards de dollars pour stimuler la fabrication nationale en permettant aux usines de taille moyenne d'accéder à des prêts subventionnés à un taux d'intérêt dégressif de 10 %.

Le développement de zones industrielles, dont la plus grande est la zone économique du canal de Suez, a été au cœur de cette action. Il a été démontré que l'intégration de la logistique et le regroupement des chaînes de valeur manufacturières améliorent l'efficacité et réduisent les coûts.

Les zones industrielles, qu'elles soient publiques ou privées, se font concurrence sur les infrastructures qu'elles peuvent fournir et sur leur capacité à intégrer les processus de fabrication et d'exportation.

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PHOTO/REUTERS - Usine de jus de fruits à El Nobaria, au nord-est du Caire

Toutefois, certains problèmes ont été signalés en ce qui concerne la capacité des zones industrielles financées par des fonds publics à connecter les entreprises entrantes aux réseaux d'infrastructure, notamment en ce qui concerne les exportations.

Un accord signé au début de l'année entre l'Autorité générale des ports terrestres et secs et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement témoigne des efforts déployés pour surmonter les lacunes logistiques.

L'accord porte sur un montant d'un million d'euros, qui servira à financer des services de conseil pour la construction d'un port sec et d'une plate-forme logistique à Ramadan City (n° 10), une ville située à la périphérie du Caire et dotée d'une importante zone industrielle.

Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un plan global visant à établir un réseau de ports secs et de plates-formes logistiques à travers le pays.

En février, il a été annoncé que cinq consortiums étaient intéressés par un appel d'offres pour la construction du dixième port sec de Ramadan City, dont le consortium Elsewedy Electric-DB Schenker, un autre mené par DP World de Dubaï et un troisième mené par China International Marine Containers Group. L'appel d'offres devrait être officiellement lancé au milieu de cette année.

Dans le même ordre d'idées, il a été annoncé en janvier que l'Égypte avait signé un contrat de 19 milliards d'euros avec Siemens Mobility et des entreprises locales pour construire un réseau ferroviaire à grande vitesse de 1 000 km.

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PHOTO/ REUTERS - Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi

Le premier tronçon de 460 km devait commencer immédiatement. Il reliera El Alamein, sur la Méditerranée, à Ain Sokhna, sur la mer Rouge, en passant également par la nouvelle capitale administrative, qui n'a pas encore été nommée et qui est actuellement en construction.

Parallèlement, un nouveau train électrique sera mis en service dans le courant de l'année, reliant un dixième de la ville de Ramadan à la nouvelle capitale administrative et au Caire.

Ces efforts devraient largement contribuer à stimuler les investissements du secteur privé dans l'industrie et à susciter une augmentation concomitante des recettes d'exportation.

"À l'avenir, l'Égypte est dans une position favorable pour promouvoir la croissance dans les industries où elle possède des avantages comparatifs et peut apporter une valeur ajoutée", a déclaré à OBG Mohamed al-Kammah, PDG d'Elsewedy Industrial Development.

"Pour tirer le meilleur parti de la croissance de ces industries, les principales parties prenantes doivent investir dans les infrastructures industrielles à court terme afin de garantir la capacité à long terme tout au long de la chaîne de valeur."