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Suspension de la CEDEAO pour le Burkina Faso

La CEDEAO suspend le pays d'Afrique de l'Ouest suite au récent coup d'État
Siège du Tribunal de la CEDEAO

PHOTO/ARCHIVO  -   Siège du Tribunal de la CEDEAO

La Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a suspendu le Burkina Faso de ses fonctions vendredi, à la suite du coup d'État perpétré par l'armée lundi, lors d'un sommet virtuel extraordinaire auquel ont participé les chefs d'État et de gouvernement pour discuter de la situation.

Le sommet a également été convoqué d'urgence par Nana Akufo-Addo, président du Ghana et dirigeant de la CEDEAO.

Toutefois, les participants au sommet ne prendront aucune autre mesure à l'égard du pays, si ce n'est l'envoi d'une mission civile et militaire de la CEDEAO dans la capitale, Ouagadougou, pour étudier la situation politique sur le territoire.  

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La CEDEAO "enverra ce samedi à Ouagadougou une mission de chefs d'état-major des différents pays" pour "évaluer la situation, sensibiliser les nouvelles autorités à la nécessité de maintenir une position républicaine et attirer leur attention sur les conséquences négatives de leur coup d'État dans le pays", a déclaré la présidence ivoirienne, dont le représentant, Alassane Ouattara, a participé au sommet. 

En outre, les dirigeants participants ont décidé de convenir d'une nouvelle réunion à Accra, la capitale du Ghana, où ils discuteront de la suite des événements, selon le portail d'information Burkina24. 

Selon des informations confirmées à EFE par des sources de la CEDEAO, les dirigeants "ont suspendu le Burkina Faso à la suite du coup d'État", sans décider, pour le moment, de l'imposition de sanctions, et exigent "la libération du président Roch Marc Christian Kaboré", qui a été renversé et serait détenu par les putschistes. 

Manifestantes salen a las calles de la capital de Burkina Faso, Uagadugú, el sábado 27 de noviembre de 2021, para pedir la dimisión del presidente Roch Marc Christian Kabore
AP/SOPHIE GARCIA - Des manifestants descendent dans les rues de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, samedi 27 novembre 2021, pour exiger la démission du président Roch Marc Christian Kabore.

Le leader de la CEDEAO a également souligné la nécessité de résoudre la situation dans le pays africain par la paix, et a défendu la valeur d'une "démocratie pacifique, juste et stable" après le coup d'État, appelant à une "position ferme" contre le renversement des gouvernements démocratiques, rapporte Joy News. 

"Je vous demande d'examiner d'un œil critique ce phénomène croissant dans notre région afin que nous puissions prendre les décisions nécessaires pour répondre aux aspirations et aux attentes de la population. Le reste du monde nous regarde pour que nous soyons fermes sur cette question", a ajouté M. Akufo-Addo.

Il a également rappelé le protocole de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, qui interdit les changements anticonstitutionnels en ce qui concerne ses États membres, laissant comme seule option l'accès au pouvoir par des élections libres et transparentes.     

El presidente de Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore
REUTERS/GONZALO FUENTES - Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore.

En outre, dans son discours d'ouverture du sommet, Nana Akufo-Addo a prévenu que la démocratie dans la région subissait "un revers" à la suite des précédents coups d'État au Mali, en Guinée-Conakry et au Burkina Faso même.   

"La détérioration de la situation politique dans notre région devrait être un sujet de grande préoccupation pour nous tous. Aucun pays aujourd'hui n'est isolé de son occurrence dans la communauté. Et nous devons agir pour l'étouffer dans l'œuf", a déclaré le président ghanéen.  

Le coup d'État a été organisé par l'armée pour protester contre l'insécurité et l'insuffisance des mesures prises pour lutter contre le djihadisme, exigeant la démission de M. Kaboré et d'autres hauts responsables des forces de sécurité. 

Le chef des putschistes, le lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba, dans son premier discours, a appelé la communauté internationale à soutenir le Burkina Faso "afin qu'il puisse sortir de cette crise dans les meilleurs délais et reprendre le chemin du développement".  

Miembros de la Gendarmería en medio del humo, durante una protesta que pide la dimisión del presidente de Burkina Faso, Roch Kabore, y la salida de las fuerzas francesas que patrullan el país, en Uagadugú, Burkina Faso 27 de noviembre de 2021
REUTERS/VINCENT BADO - Des membres de la gendarmerie au milieu de fumigènes lors d'une manifestation demandant la démission du président du Burkina Faso Roch Kabore et le départ des forces françaises qui patrouillent dans le pays, à Ouagadougou, au Burkina Faso, le 27 novembre 2021

"Je comprends les doutes légitimes que suscite cette rupture du fonctionnement normal de l'Etat, mais je tiens à assurer tous les amis du Burkina Faso que le pays continuera à respecter ses engagements internationaux, notamment en matière de respect des droits de l'homme", a ajouté M. Damiba.   

Par ailleurs, le chef du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR), nom de la junte militaire actuellement au pouvoir dans le pays, a assuré que la "normalité constitutionnelle" ne reviendra que si les conditions exigées par le peuple burkinabé sont acceptées.   

Les militaires ont pris le pouvoir au Burkina Faso à la suite d'un coup d'État le 24, qui a été confirmé après l'apparition de membres de la junte militaire sur la chaîne de télévision publique RTB, où ils ont annoncé qu'ils avaient déposé le président Roch Marc Christian Kaboré, dissous le gouvernement et le parlement, et suspendu la constitution.