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Tebboune défend la "légitimité internationale" du gouvernement de Dbeibé

Le président algérien critique la position de l'Espagne sur la reconnaissance du Sahara occidental par le Maroc
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PHOTO/ FILE  -   Le président de l'Algérie Abdelmadjid Tebboune

L'Algérie prend une nouvelle fois position sur la politique libyenne. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a une nouvelle fois manifesté son soutien au gouvernement dirigé par Abdelhamid Dbeibé et récemment destitué par le parlement libyen. Pour Tebboune, le groupe politique aurait une "légitimité internationale", c'est pourquoi ils condamnent la nomination de Fazi Bashaga pour le démettre de ses fonctions.

Malgré son limogeage, M. Dbeibé a refusé de céder son poste de premier ministre et a indiqué qu'il ne céderait le pouvoir qu'à un candidat démocratiquement élu par les urnes, créant ainsi une nouvelle impasse politique. Il convient d'ajouter que Dbeibé bénéficie du soutien international de la Turquie et des Frères musulmans islamistes. 

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AFP/GREGORIO BORGIA  -  Premier ministre libyen Abdul Hamid Dbeiba

Dans une interview qu'il aurait accordée aux médias locaux, le président algérien a indiqué que le gouvernement de Dbeibo avait demandé à Alger d'organiser une conférence internationale sur le pays, ce que l'Algérie "étudierait". À cela, M. Tebboune a ajouté qu'ils " accueilleraient " l'événement s'il y avait des " signes de succès ". Il a toutefois déclaré que si la conférence devait devenir un centre de conflit entre les "frères arabes", ils ne l'accepteraient pas.

Il a poursuivi en disant que la position de l'Algérie sur le conflit en Libye "contredit certaines positions suite au changement de gouvernement", faisant référence à la nomination par le parlement de Fathi Bashagha comme premier ministre. Tebboune a réaffirmé que "c'est le gouvernement Dabaibé qui a la légitimité internationale, et donc le soutien de l'Algérie".

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PHOTO/REUTERS - Fathi Bashagha, a été nommé premier ministre par le parlement de l'Est.

Le président a ajouté qu'il n'y aura pas de solution au conflit libyen "sans se référer au peuple, car actuellement la représentation est relative", mettant ainsi en garde contre la nécessité "d'aller à des élections parlementaires où la Chambre des représentants sera élue par les Libyens".

Il y a quelques jours, le premier ministre du gouvernement libyen a effectué une visite officielle en Algérie, au cours de laquelle il aurait discuté du déroulement des élections en Libye, ainsi que d'une coopération économique accrue dans le secteur de l'énergie.

À l'issue de la rencontre avec Tebboune, Dbeibé a indiqué dans une déclaration le cours qu'a pris le processus démocratique, notant que "nous avons présenté notre vision pour l'achèvement de ce projet", c'est-à-dire "la transition en Libye vers la stabilité, et le choix du peuple libyen, ainsi que le rôle important de l'Algérie dans celui-ci et la nécessité de le mettre en œuvre dans les meilleurs délais".

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REUTERS/GORAN TOMASEVIC  - Un combattant rebelle tient un drapeau du Royaume de Libye et un couteau pendant un bombardement par les soldats fidèles au leader libyen Mouammar Kadhafi lors d'une bataille près de Ras Lanuf, le 4 mars 2011.
Relations avec l'Espagne

Dans ces déclarations, Tebboune ne s'est pas seulement adressé à la Libye. La reconnaissance par le gouvernement espagnol de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental a bouleversé la position de l'Espagne sur son ancienne colonie, une décision qui a été sévèrement critiquée par l'Algérie.

À cet égard, le président algérien a affirmé que le nouvel arrangement de Madrid "est immoral et historiquement inacceptable". Il a souligné que ses relations avec l'État espagnol sont bonnes, mais que "votre Premier ministre (Pedro Sánchez) les a gâchées avec sa récente décision". L'Espagne est obligée de se revoir et d'appliquer le droit international sur la question du Sahara". Il a toutefois souligné que "l'Algérie ne renoncera pas à son engagement de fournir du gaz à l'Espagne, quelles que soient les circonstances".