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Tensions entre l'Algérie et le Maroc

L'Algérie a annoncé des représailles contre le Maroc pour le meurtre présumé de trois Algériens
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PHOTO/ARCHIVO  -   Point de passage frontalier entre l'Algérie et le Maroc

Le Maroc et l'Algérie traversent l'un de leurs épisodes les plus compliqués. Dans la situation diplomatique critique que les deux pays traversent depuis août dernier, suite à la rupture unilatérale de l'Algérie, celle-ci a accusé le Maroc d'avoir tué trois civils algériens après les avoir pris pour des membres du Front Polisario. 

Selon l'Algérie, les meurtres présumés ont eu lieu lors d'un attentat à la bombe contre trois camionneurs dans une région du Sahara occidental. Les camions se seraient rendus de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, à la ville de Ouargia en Algérie, un itinéraire qui les obligeait à traverser une zone du Sahara occidental contrôlée par le Front Polisario.  

Dans un communiqué publié par le bureau de la présidence algérienne, ils ont déclaré que les trois Algériens ont été "lâchement tués par un bombardement sauvage de leurs camions". Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré que cet "assassinat" ne resterait pas impuni, ce qui réchauffe une atmosphère qui commence à prendre des allures de guerre. Malgré l'accusation portée contre le Maroc, l'Algérie n'a pas précisé le lieu exact des attaques. 

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PHOTO/ARCHIVO -  Le président de l'Algérie Abdelmadjid Tebboune

De même, l'armée mauritanienne a démenti toute accusation selon laquelle l'attaque aurait eu lieu sur son territoire. Le Maroc a ensuite souligné que le royaume "n'a jamais attaqué et n'attaquera jamais les citoyens algériens, quelles que soient les circonstances et les provocations". 

Des responsables marocains ont déclaré à l'AFP que "si l'Algérie veut la guerre, le Maroc ne la veut pas. Elle ne se laissera jamais entraîner dans une spirale de violence et de déstabilisation régionale" et souligne que ces accusations "sont gratuites". 

Ces accusations coïncident également avec le récent départ de l'Algérie des tables de négociation de l'ONU sur le Sahara occidental, un comportement que le Maroc a dénoncé après avoir souligné que le départ de l'Algérie "entravait les processus de négociation".  

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AFP/FADEL SENNA - Point de passage frontalier entre le Maroc et la Mauritanie à Guerguerat au Sahara occidental le 24 novembre 2020, suite à l'intervention des Forces armées royales marocaines dans la zone.

Par la suite, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé l'Algérie à revenir à la table des négociations afin de "reprendre le processus politique". Toutefois, l'Algérie n'a fait aucune déclaration à ce sujet. Dans ce contexte, les analystes internationaux affirment que l'Algérie veut tenir le Maroc pour responsable d'"actions hypothétiques" afin de justifier une confrontation directe avec Rabat.  

Ils soulignent également que cet événement fait partie d'une stratégie algérienne pour tenter de nuire au Maroc, surtout en ce moment après la fermeture du gazoduc GME qui fournissait auparavant du gaz à l'Espagne et au Portugal via le Maroc. Suite à cette fermeture, le Maroc a été durement touché, notamment sur le plan économique, puisque le royaume aurait perdu quelque 200 millions de dollars. 

À la suite de la fermeture du GME, l'Algérie a promis à l'Espagne que les contrats seraient maintenus et que l'approvisionnement se poursuivrait par le biais du gazoduc Medgaz, un gazoduc sous-marin reliant l'Algérie et l'Espagne.