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Un juge espagnol interroge pour la première fois le chef du Polisario sur des accusations de génocide

Le leader du Front Polisario, Brahim Ghali, se soumet ce mardi pour la première fois aux questions d'un juge de l'Audiencia Nacional
PHOTO/AP - Brahim Ghali, secretario general del Frente Polisario

PHOTO/AP  -   Brahim Ghali, secrétaire général du Front Polisario

Un mois après être entré en Espagne pour y être hospitalisé pour le COVID-19, le leader du Front Polisario, Brahim Ghali, est soumis ce mardi pour la première fois aux questions d'un juge de l'Audience Nationale, qui instruit deux plaintes contre lui pour crimes présumés de génocide et crimes contre l'humanité.

D'autres magistrats de ce tribunal ont déjà tenté de l'interroger en 2016 et 2019, sachant que le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) autoproclamée avait prévu de venir en Espagne, mais ils n'ont jamais réussi à le faire asseoir devant la Justice faute de pouvoir le localiser.

Le juge Santiago Pedraz va réessayer mardi, lorsqu'il prévoit de prendre sa déposition par voie télématique pour deux plaintes déposées contre lui pour des tortures présumées commises par des membres du Front Polisario contre la population dissidente sahraouie dans les camps de Tindouf (Algérie).

Ghali, 72 ans, témoignera par vidéoconférence depuis l'hôpital San Pedro de Logroño, où il a été admis il y a un mois après être entré en Espagne sous une fausse identité pour être hospitalisé pour le COVID-19, provoquant une crise sans précédent avec le Maroc, qui s'est aggravée avec l'entrée massive et irrégulière de 8 000 à 10 000 personnes - dont 2 000 mineurs - à Ceuta.

Sur le plan judiciaire, l'entrée de Ghali, qui évolue favorablement à l'hôpital, a entraîné la réouverture par le juge de deux affaires le concernant : celle de l'activiste Fadel Mihdi Breica, et celle de l'Association sahraouie de défense des droits de l'homme (Asadeh).

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PHOTO/AP - Brahim Ghali, secrétaire général du Front Polisario

Breica, un citoyen espagnol d'origine sahraouie, a déposé une plainte contre Ghali et d'autres membres du Polisario pour des tortures présumées subies dans les camps du Polisario à Tindouf (Algérie) en 2019 par les militaires. Il demande d'enquêter sur les crimes de détention illégale, de torture et de crimes contre l'humanité.

Ghali est convoqué à 10h00 pour répondre à cette plainte et plus tard il répondra à la seconde, promue par l'ASADEH en 2008 et qui a été mise en sommeil en 2020 en raison de l'absence de réponse de l'Algérie à une demande formulée trois ans plus tôt.

La plainte, déposée pour crimes de génocide, assassinat, terrorisme, torture et disparitions, entre autres, dénonce le traitement subi à Tindouf "par les prisonniers de guerre" et par les citoyens sahraouis, "notamment ceux d'origine espagnole, aux mains du Front Polisario", une organisation accusée de "retenir des milliers de Sahraouis contre leur gré (...) avec la complicité des autorités algériennes".

Après avoir répondu aux questions des parties, les accusations prévoient de demander des mesures de précaution contre le Ghali pour assurer son séjour devant la justice espagnole, selon des sources juridiques consultées par Efe et comme ils l'ont fait tout au long de ce mois, dans lequel ils ont demandé sans succès le retrait du passeport à la prison pour l'empêcher de s'échapper.

En rejetant l'une de ces demandes, le juge a déclaré qu'il n'y a pas "d'indications claires de participation aux comportements contenus dans la plainte" de l'ASADEH.

Dans un premier temps, Ghali a refusé de signer sa convocation devant le juge et a prétendu qu'il devait consulter l'ambassade d'Algérie, mais il a finalement été informé et a fini par désigner un avocat, le spécialiste du droit pénal international Manuel Ollé.

Le 25 mai dernier, des sources sahraouies ont confirmé à Efe que Ghali avait accepté de témoigner par voie télématique parce qu'"il respecte la justice espagnole et parce qu'il veut démanteler la stratégie marocaine de criminalisation du leader du Front Polisario", puisque le procès a été "promu par Rabat pour créer un conflit entre l'Espagne et le Front Polisario".

Des sources juridiques ont assuré à Efe que la déclaration sera "sûre" et aura lieu "avec toutes les garanties".