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Une vague d'attaques au Sahel fait au moins 55 morts, dont un militaire russe

Le gouvernement malien reconnaît pour la première fois la mort d'un mercenaire prétendument lié au Groupe Wagner
Cartel Putin Mali

PHOTO/AP  -   Des Maliens manifestent contre la France et en soutien à la Russie à l'occasion du 60e anniversaire de l'indépendance de la République du Mali en 1960, à Bamako, au Mali, le 22 septembre 2020. La bannière en français indique : "Poutine, la voie de l'avenir"

Le Mali, le Niger et le Burkina Faso, les pays du Sahel les plus touchés par le terrorisme djihadiste, ont subi une vague d'attaques la semaine dernière qui a fait au moins 55 morts parmi les forces de sécurité, les terroristes présumés et les civils, dont un "instructeur" russe tué par l'explosion d'un engin dans une ville malienne. 

La situation sécuritaire instable dans cette région africaine s'est aggravée ces derniers jours avec plusieurs attaques dans différentes parties des trois pays et avec la nouveauté que, pour la première fois, le Mali a reconnu la mort d'un militaire russe dans le pays, qui serait un mercenaire du Groupe Wagner, lié au Kremlin, dont la présence dans le pays africain a été dénoncée à plusieurs reprises par la France.  

Les forces armées maliennes ont indiqué qu'un "instructeur" russe a été tué par l'explosion d'un engin artisanal mardi dernier au passage d'un convoi de troupes russes et maliennes à l'entrée de la ville de Hombori, dans l'est du pays, une attaque qui a été suivie d'un "raid" au cours duquel au moins 18 personnes ont été tuées du "côté ennemi", selon l'armée.

Fosa común
AP/FRENCH ARMY  -   Cette image prise par l'armée française montre des soldats russes enterrant des cadavres près d'une base militaire dans le nord du Mali

Cependant, des témoins ont déclaré à Efe que la grande majorité des personnes tuées étaient des civils qui achetaient et vendaient des marchandises sur le marché hebdomadaire de la ville, où des milliers de personnes se rassemblent. 

Vendredi dernier, l'armée malienne a signalé la découverte de corps dans une "fosse commune" près d'une caserne de la ville de Gossi, qui était jusqu'à mardi sous le contrôle de la force antiterroriste française Barkhane, en cours de retrait du pays en raison précisément de la présence présumée de Wagner au Mali. 

Il l'a fait après la publication dans plusieurs médias français d'images enregistrées par l'armée française avec un drone montrant des mercenaires russes présumés enterrant des cadavres jeudi à trois kilomètres de la caserne, cadavres qui pourraient provenir d'Hombori, d'où, selon des témoins, 18 cadavres ont été emmenés dans un camion. 

Les images ont été diffusées par la France quelques heures avant l'annonce de l'armée malienne, dans l'intention d'anticiper une prétendue opération de désinformation menée par le gouvernement malien issu du coup d'État, visant à rendre les Français responsables du "charnier". 

Operación antiterrorista Sahel
REUTERS/PAUL LORGERIE  -   Des soldats maliens lors d'une patrouille avec des soldats de la nouvelle force Takuba près de la frontière avec le Niger dans le cercle de Dansongo, au Mali, le 23 août 2021

Coïncidant avec l'annonce par le Mali de la mort du soldat russe à Hombori, le groupe Islam et soutien aux musulmans, proche d'Al-Qaïda, a annoncé aujourd'hui la capture, au cours de la première semaine d'avril, d'un "soldat des forces russes" dans la région de Ségou, à l'est de Bamako. Cette région a été le théâtre de deux des trois attentats simultanés à la voiture piégée perpétrés dimanche contre plusieurs casernes du pays, une technique rarement utilisée par les terroristes du Sahel.  

Au moins six soldats et policiers maliens ont été tués dans ces attaques, à Bapho et Niono à Ségou et à Sévaré dans la région voisine de Mopti, ainsi que onze autres terroristes présumés, selon l'armée malienne. 

Un jour plus tôt, samedi, il y a eu une attaque au Niger dans une mine artisanale qui a fait quatre morts parmi les gendarmes nigériens, ont expliqué des sources locales à Efe, sans que cette attaque ait été officiellement confirmée pour le moment. 

Ces derniers jours, l'État islamique a signalé plusieurs actions terroristes au Niger qui n'ont pas été officiellement confirmées. Il l'a fait par le biais de l'agence Amaq, l'organe de propagande du groupe djihadiste, où il a affirmé avoir tué quatre civils et deux soldats dans trois attaques perpétrées dans la région de Diffa, dans l'extrême sud-est du pays.

G5 Sahel
PHOTO/REUTERS  -   Logo de l'Académie de défense du G5 Sahel à Nouakchott, Mauritanie

Les attaques au Niger coïncident avec l'autorisation par le Parlement, vendredi dernier, du déploiement des forces françaises Barkhane et européennes Takuba, qui opéraient au Mali contre le terrorisme. 

Une source de sécurité a déclaré à Efe que les régions nigériennes de Tillabéri, Tahoua, Dosso et Maradi devraient accueillir les colonies de Barkhane et Takuba.  

Le Niger, le Mali et le Burkina Faso partagent une frontière dans une zone particulièrement touchée par le terrorisme. Quinze personnes, dont neuf soldats, ont été tuées hier dans deux attaques de terroristes présumés contre des détachements militaires dans cette région du Burkina Faso, selon l'armée burkinabè.