Vers un visa climatique européen

Le rapport "L'impact du changement climatique sur les populations vulnérables dans les pays en développement" aborde les solutions juridiques possibles aux migrations causées par le changement climatique
Hacia un visado climático europeo

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Le changement climatique affecte certaines régions plus que d'autres en raison de leur position géographique. Dans les pays du Sud, la crise environnementale s'ajoute aux situations de vulnérabilité de la population, créant un environnement dangereux qui entraîne la faim et des risques mortels. 

C'est pourquoi le Parlement européen (PE) propose une initiative intitulée "L'impact du changement climatique sur les personnes vulnérables dans les pays en développement", qui a été approuvée par la commission du développement du Parlement européen et est maintenant en passe d'être approuvée en session plénière du Parlement européen le lundi 17 mai.

Monica Gonzalez, le rapporteur de ce rapport, est l'eurodéputée espagnole du groupe de l'Alliance Progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen, qui a demandé au Parlement européen de prendre position sur l'impact du réchauffement climatique sur les populations les plus vulnérables des pays en développement.

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Ce rapport propose un financement pour l'atténuation, l'adaptation et les pertes et dommages liés au changement climatique (mécanisme de Varsovie), ainsi qu'un soutien financier accru pour la réduction des risques de catastrophe. Elle cherche également à aborder les vulnérabilités géographiques et personnelles spécifiques dans une perspective de genre. Il aborde également l'importance d'une réserve financière pour soutenir, par le biais du nouvel instrument unique de voisinage, de développement et de coopération internationale (NDICI), les pays les plus touchés par le changement climatique. Et le plus remarquable de tous, la proposition, un visa climatique comme mesure de protection temporaire pour les victimes de catastrophes et pour inclure le risque pour la vie, menacé par le changement climatique.

Sur la base de cette approche, la Fundación Alternativas a organisé un débat pour aborder ces questions en mettant l'accent sur le nombre croissant de personnes déplacées en raison du réchauffement climatique, et sur les mesures que l'Union européenne devrait prendre. L'événement était animé par Jesús Marcos Gamero Rus, membre du groupe de recherche sur la sociologie du changement climatique et du développement durable de l'Université Carlos III de Madrid, et chercheur à la Fundación Alternativas. Ont également participé au débat Beatriz Felipe Pérez, chercheuse associée au Centre d'études du droit de l'environnement de Tarragone (CEDAT), et Paloma Favieres, directrice des politiques et des campagnes du CEAR.

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Lorsque nous parlons de l'UE, il est important de parler de la responsabilité qu'elle a envers les pays les plus vulnérables au changement climatique. Le visa climatique serait un outil pour faire face à ces migrations, puisque le rapport aborde la "politique migratoire" et la possibilité de renforcer la dimension externe du "Green Deal", en soutenant les États membres dans leurs efforts d'adaptation au réchauffement climatique. Elle rappelle également que les besoins des populations les plus vulnérables doivent être pris en compte, ce qui implique un "changement d'approche" dans la gestion de la coopération au développement et de l'aide humanitaire. 

L'objectif de ce rapport est de créer un avis et une position du Parlement européen sur l'impact du changement climatique sur les populations les plus vulnérables des pays en développement. Un accord contraignant qui aborde la migration en tant qu'adaptation aux besoins créés par le changement climatique le plus en amont possible est proposé comme "mesure phare".

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Au cours du débat, il a été indiqué que le premier problème commence par le manque de terminologie, ainsi que l'obstacle que constitue la Convention de Genève de 1951, qui limite l'absence de modifications de celle-ci. Il y a des avancées très prometteuses, mais en termes de législation, de nombreuses opportunités ont été perdues. Le problème réside également dans le fait qu'il n'y a pas d'accès aux voies légales, d'où l'importance du visa climatique, qui marque le début de tout.

En outre, il convient de noter que la question de la migration climatique n'est pas quelque chose qui se produira dans le futur, c'est quelque chose qui se produit déjà. La plupart de ces mouvements sont internes, mais il existe aussi des cas de mouvements internationaux, de personnes qui fuient leur propre pays en raison des problèmes climatiques. C'est pourquoi l'Union européenne doit s'engager auprès des pays les plus vulnérables, en abordant le problème sous l'angle d'une responsabilité morale transférée à la sphère juridique. Le rapport évoque les instruments qui permettent la protection juridique des personnes qui seront contraintes de migrer en raison du changement climatique. 

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Il existe déjà des exemples de cas similaires aux visas climatiques ou aux accords d'Etats (qui ont plus pollué et d'autres moins) qui peuvent aider au développement de ce visa humanitaire pour raisons climatiques. D'autres régions de la planète ont déjà pris position et inscrit cette question à l'agenda public, comme l'Union africaine ou l'Amérique latine. C'est pourquoi il est important que le PE prenne position sur l'impact du changement climatique sur les populations les plus vulnérables des pays en développement. Le nouveau pacte européen sur les migrations et l'asile ne fait qu'une brève référence aux déplacements forcés pour des raisons environnementales et ne mentionne même pas les voies légales et sûres.

Le débat s'est clôturé sur l'espoir que ce rapport sera adopté et que les mesures proposées seront mises en œuvre pour tenter de corriger tous les problèmes exposés.