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Opinion

L'Amérique latine et la région des Caraïbes, acteur inattendu du changement climatique

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L'un des secrets les mieux gardés de l'Amérique latine et des Caraïbes est qu'elle possède 60 % de la biodiversité de la planète, 50 % des forêts primaires du monde et 28 % des terres à potentiel agricole. Cette réalité avantageuse est appelée à devenir l'un des principaux outils de la région pour se positionner comme l'un des acteurs les plus pertinents dans la mise en œuvre de l'action climatique.

Selon l'Union internationale pour la conservation de la nature, jusqu'à 37 % des besoins d'atténuation du changement climatique peuvent être satisfaits par des solutions fondées sur la nature. Cela place l'Amérique latine et les Caraïbes dans une position privilégiée. Toutefois, pour réaliser son potentiel, les experts s'accordent à dire qu'il sera nécessaire de travailler de manière coordonnée pour préserver les écosystèmes naturels, dont beaucoup sont partagés par plusieurs pays.

L'une des bonnes nouvelles de la COP 26, le sommet sur le changement climatique qui se tient à Glasgow du 1er au 12 novembre, est l'accord conclu entre la Colombie, le Costa Rica, l'Équateur et le Panama pour préserver le corridor marin du Pacifique tropical oriental, un écosystème qui génère 3 milliards de dollars par an, principalement grâce à la pêche, au tourisme et au transport maritime. Dans ce sens, la CAF a également annoncé qu'elle contribuera à la cause à hauteur d'un million de dollars, en signe de travail conjoint et coordonné.

L'Amazonie est une autre région qui a besoin de mesures de protection. Partagée par la Bolivie, le Brésil, la Colombie, l'Équateur, la Guyane, le Pérou, le Suriname et le Venezuela, elle est l'un des grands poumons du monde, source d'une riche biodiversité et abrite 40 % des forêts tropicales humides de la planète. Dans cette ligne, le Pacte de Leticia est appelé à promouvoir un travail coordonné pour réduire la déforestation, à stimuler les processus de recherche et à augmenter la résilience aux événements climatiques extrêmes.

"Les mesures d'adaptation et de conservation des écosystèmes naturels que la région met en œuvre sont essentielles dans la lutte contre le changement climatique. L'adaptation au climat, la conservation de la biodiversité et, dans la même mesure, la préservation des moyens de subsistance de millions de Latino-Américains en dépendent", déclare Julián Suárez Migliozzi, vice-président du développement durable à la CAF.

Actuellement, plus de la moitié des pays de la région ont 17% de leurs terres protégées, mais les autres ont des niveaux d'environ 10%. Parallèlement, la région n'est responsable que de 10 % des émissions de gaz à effet de serre, mais sera l'une des plus touchées par l'augmentation de la température mondiale. Pour ne citer que quelques conséquences, le régime des précipitations changera radicalement, les glaciers andins fondront et les océans Pacifique et Atlantique monteront, parmi une longue liste d'événements.

La COP 26, qui vise à créer un nouveau consensus mondial pour accroître les investissements dans les énergies renouvelables et accélérer la croissance verte, revêt une importance particulière pour l'Amérique latine et les Caraïbes. Les défis sont de développer le financement des initiatives d'adaptation et d'atténuation, de se positionner comme un acteur de référence sur le marché du carbone encore naissant, et de miser sur des solutions basées sur la nature.

La région doit également anticiper l'inévitable transition vers des économies propres que le monde connaîtra dans les années à venir. La réalité montre une dépendance généralisée à l'égard des combustibles fossiles, des systèmes de production et de services peu modernisés et une utilisation intensive des ressources naturelles.
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Attentes pour l'Amérique latine et les Caraïbes lors de la COP2

Compte tenu des objectifs de la COP26, quels sont les enjeux pour l'Amérique latine et les Caraïbes? La réponse peut se résumer en trois points : le financement, les solutions fondées sur la nature et les marchés du carbone.

La lutte contre le changement climatique a besoin de financements. Les pays de la région ont été gravement touchés par la pandémie, ce qui a encore mis en évidence leur capacité budgétaire limitée. La région doit donc ajouter de nouvelles voies de financement pour accroître sa résilience et aligner ses stratégies de relance économique sur les objectifs de l'Accord de Paris.

Les solutions fondées sur la nature sont également essentielles. L'Amérique latine et les Caraïbes possèdent une riche biodiversité et des écosystèmes qui doivent être intégrés dans l'action climatique. Ces solutions peuvent constituer un cadre pour aborder les objectifs sociaux, la perte de biodiversité et le changement climatique, et inclure une adaptation basée sur les écosystèmes, l'inclusion des communautés indigènes et un accent sur la réduction des risques. Les pays de la région ont souligné l'importance de cette approche, et pourraient générer un modèle de production durable, augmentant leur résilience et leur développement économique, ce qui est compatible avec une compétitivité accrue.

Quant au marché du carbone, qui n'en est encore qu'à ses débuts, il représente une opportunité pour équilibrer les émissions et recevoir de nouveaux financements. Il s'agit de marchés permettant de transférer des réductions d'émissions sur une base volontaire ou contraignante entre les parties. Bien qu'ils ne soient pas encore réglementés, un accord entre les pays lors de la COP26 sera crucial pour les relancer. La grande majorité des pays de la région ont mentionné leur intention d'utiliser ce mécanisme une fois qu'il sera correctement réglementé.

La COP26 démontre que les pays de la région ont l'engagement nécessaire pour relever les défis de l'action climatique dans les décennies à venir. C'est ainsi que l'on pourra tirer parti de la position avantageuse que l'Amérique latine et les Caraïbes occupent grâce à leurs richesses naturelles.

Robert Valls, Directeur de la communication de la CAF

Visiones del Desarrollo est une section promue par la CAF - banque de développement d'Amérique latine - qui analyse les principales questions de développement dans la région. Les articles qu'il contient sont publiés simultanément dans les principaux médias d'Amérique latine.