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Chanson algérienne "rai" et sauce piquante tunisienne "harissa", patrimoine mondial

L'Unesco a ajouté jeudi la sauce piquante tunisienne "harissa" et la musique folklorique algérienne "rai" à sa liste du patrimoine culturel immatériel de l'humanité
PHOTO/PIXABAY  -   PHOTO/PIXABAY – Música del Magreb

PHOTO/PIXABAY -  -   Música del Magreb

 
Cette décision a été prise par le 17e Comité intergouvernemental de l'Unesco pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, qui s'est ouvert lundi et se tient jusqu'à samedi dans la capitale marocaine.
 
La harissa, un condiment à base de purée de poivrons rouges, fait partie des provisions domestiques et des traditions culinaires et alimentaires quotidiennes de la société tunisienne, selon le dossier de candidature de cet élément du patrimoine. La harissa est le plus souvent préparée par les femmes dans le cadre d'une fête familiale ou de quartier.
 
La préparation de ce condiment commence par le séchage des piments au soleil, puis leur fente, leur égrenage et leur décorticage. Les piments sont ensuite lavés, mélangés avec du sel, de l'ail et de la coriandre et broyés dans un mortier ou un moulin à main. La culture du piment est soumise à un calendrier agricole qui interdit de planter à certaines périodes, car cela porterait malheur, selon la culture locale. La harissa est conservée dans des pots en verre ou en terre cuite pour une consommation ultérieure.
 
Par ailleurs, l'Unesco a reconnu le style musical populaire algérien appelé "rai" comme un patrimoine immatériel de l'humanité, qui est aujourd'hui représenté dans le monde entier par des chanteurs célèbres, comme la star Cheb Khaled.
 
Outre sa nature musicale, le "rai" est aussi, selon ses défenseurs, un moyen de transmettre la réalité sociale sans tabou ni censure, et aborde des thèmes tels que l'amour, la liberté, le désespoir et les pressions sociales. Il est considéré comme un genre pour les jeunes et représente pour eux un canal d'expression de leurs sentiments dans leur quête pour se libérer des contraintes sociales, précise le dossier de candidature de cet élément soumis par l'Algérie.
 
Les musiciens fabriquent et décorent leurs propres instruments et la transmission se fait de manière informelle par l'observation, par exemple, ou de manière formelle par l'apprentissage. Au cours des sessions d'aujourd'hui, le 17e Comité a ajouté à la liste du patrimoine immatériel de l'humanité de l'Unesco de nouveaux éléments tels que la culture du "çay" (thé) en Turquie et en Azerbaïdjan, qui représente un symbole d'identité et d'hospitalité.
 
Elle comprenait également le tissage de la paille en Biélorussie, les techniques traditionnelles de broderie "talli" aux Émirats arabes unis et la tradition des contes "Nasreddin Hodja" en Turquie et dans les pays de cette région d'Asie. Le comité a également reconnu l'art du spectacle traditionnel du Kazakhstan, appelé "l'ortéké", qui combine un morceau de musique joué sur le "kayajo", un instrument traditionnel à deux cordes, et la danse d'une marionnette en bois.
 
Par ailleurs, l'Unesco a inscrit sur sa liste du patrimoine mondial immatériel l'art de la blouse traditionnelle avec broderie sur les épaules (altiţă), élément d'identité culturelle en Roumanie et en Moldavie. Le 17e Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO a inscrit 37 candidatures sur la cinquantaine soumise à la liste du patrimoine immatériel.
 
Elle a également ajouté cinq éléments à sa liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente, comme la culture ukrainienne du bortsch, et a reconnu quatre candidatures comme exemples de bonnes pratiques dans la protection de ce type de patrimoine mondial.