PUBLICIDAD

Iberdrola

De Mistura se rend en Algérie après avoir visité les camps de réfugiés de Tindouf

Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, lance un appel au diplomate de l'ONU pour réactiver les négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario sur la question du Sahara
Atalayar-Staffan-de-Mistura-Envoyée-un-voyage-des-nations-unies-sahara-algeria-occidental

REUTERS/DENIS BALIBOUSE  -   Envoyé spécial des Nations unies, Staffan de Mistura

Bien que le plan initial ne prévoyait qu'une visite officielle de deux jours dans les camps de réfugiés sahraouis de Tindouf, la décision de Staffan de Mistura - envoyé spécial des Nations unies pour le conflit du Sahara - de se rendre également en Algérie et en Mauritanie équivaut, près de deux mois plus tard, à la tournée que le diplomate devait effectuer en juillet dernier, après son voyage à Rabat. 

Ainsi, lundi, l'émissaire de l'ONU pour le Sahara est arrivé dans la capitale algérienne, Alger, où il a été reçu par le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, pour discuter des "perspectives de renforcement des efforts internationaux pour la reprise des négociations directes entre les deux parties au conflit, le Royaume du Maroc et le Front Polisario", selon un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères, publié par l'agence de presse étatique APS. 

Le document explique également que l'un des principaux objectifs de la réunion était "de parvenir à une solution politique juste et durable, acceptable pour les deux parties et qui garantisse au peuple sahraoui l'exercice de son droit inaliénable et imprescriptible, conformément aux résolutions pertinentes des Nations unies". Ces questions remettent sur la table le soutien algérien au mouvement du Front Polisario.

atalayar-staffan-de-mistura-enviado-onu-naciones-unidas-sahara-occidental-marruecos-tinduf-argelia-refugiados-saharauis
REUTERS/RAMZI BOUDINA - L'envoyé de l'ONU pour le Sahara occidental Staffan de Mistura visite le camp de réfugiés de Tindouf, en Algérie

La rencontre entre De Mistura et Lamamra - à laquelle était également présent l'ambassadeur Ammar Blani, envoyé spécial pour les pays du Maghreb et le Sahara occidental - fait suite au voyage du diplomate italo-suédois dans les camps sahraouis de Tindouf, en territoire algérien, où il a rencontré le chef de la délégation de négociation du Front Polisario, Jatri Addouh, et son ambassadeur auprès des Nations unies, Sidi Omar, samedi, ainsi que le chef du mouvement indépendantiste sahraoui et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Brahim Ghali, dimanche.  

Et alors que le Front Polisario demande à l'ONU d'"assumer ses responsabilités envers le peuple sahraoui", le président du Conseil européen, Charles Michel, est arrivé lundi dans la capitale algérienne pour discuter de la coopération énergétique du pays nord-africain avec l'Europe, en pleine crise provoquée par la guerre en Ukraine et l'urgence pour l'Occident de devenir indépendant des approvisionnements russes. Au cours de cette visite, le représentant européen espère également aborder la situation au Sahel et le conflit sahraoui.

atalayar-campos-refugiados-sahara-occidental-saharauis-argelia-marruecos
REUTERS/ZOHRA BENSEMR - Camp de réfugiés de Tindouf

Ainsi, cette tournée dans la région nord-africaine, la deuxième de De Mistura après celle de janvier dernier, vise à fournir au diplomate des Nations unies des informations suffisantes pour son passage devant le Conseil de sécurité en octobre, ainsi qu'un instrument pour éventuellement réactiver le processus de paix pour le Sahara occidental, après la rupture du cessez-le-feu entre le Royaume alaouite et le Front Polisario - convenu en 1992 - en novembre 2020. C'est à cette date que le Front Polisario a déclaré l'accord rompu suite à l'expulsion de militants sahraouis au poste frontière de Guerguerat (entre la Mauritanie et le Sahara occidental). 

Avec les mêmes objectifs en tête, le bureau de l'envoyé spécial a déclaré ce week-end que De Mistura se rendra à Nouakchott, la capitale de la Mauritanie voisine, le 10 septembre, où il rencontrera des responsables gouvernementaux pour consulter "toutes les parties intéressées, en vue de réaliser des progrès constructifs dans le processus politique au Sahara occidental"

atalayar-staffan-mistura-enviado-onu-naciones-unidas-frente-polisario-brahim-ghali-reunion-tinduf-sahara-occidental-argelia-marruecos
REUTERS/RAMZI BOUDINA - Brahim Ghali, secrétaire général du Front Polisario, rencontre l'envoyé de l'ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, à Tindouf, en Algérie
Un vol sans drapeau espagnol

Historiquement, le vol transportant l'envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara Occidental dans la région, avant ses tournées, était assuré par un avion de l'armée de l'air espagnole. Toutefois, en raison de sa "position partiale sur le conflit sahraoui", a déclaré une source algérienne au quotidien El Confidencial, "l'Espagne a été disqualifiée et ne peut en aucun cas être associée aux efforts de relance du processus politique visant à trouver une solution". Contrairement à ses prédécesseurs, M. De Mistura n'est pas arrivé dans le pays d'Afrique du Nord à bord d'un vol battant pavillon espagnol. 

"L'envoyé personnel ne peut avoir de dette envers un pays qui a renié sa position traditionnelle de neutralité sur la question du Sahara occidental", a conclu la source algérienne.

Des propositions contradictoires

La proposition marocaine sur le statut du Sahara, fortement soutenue au niveau international, envisage un Sahara occidental sous la souveraineté du Royaume, mais avec une large autonomie politique. On est loin de la proposition du Front Polisario, qui aspire à organiser un référendum sur l'indépendance, et dont le soutien international comprend Alger, un rival régional du voisin Rabat.