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La Banque mondiale qualifie la crise du Liban de l'une des pires de notre siècle

Le Premier ministre Hariri a annoncé le retrait de sa candidature aux prochaines élections de mai 2022, après la réunion qui a mis fin au blocus imposé par le Hezbollah chiite et la milice chiite du parti AMAL
Saad Hariri, de 51 años, anunció que no se presentaría a las próximas elecciones parlamentarias y que se retiraba de la vida política AFP/ANWAR AMRO

AFP/ANWAR AMRO  -   Saad Hariri, 51 ans, a annoncé qu'il ne se présenterait pas aux prochaines élections législatives et qu'il se retirait de la vie politique.

Le Liban souffre de diverses crises internes qui affaiblissent les ressources économiques du pays et de la population. Le pays souffre d'une pénurie de produits de base et d'énergie, et de nombreux endroits n'ont que des bougies pour s'éclairer. La Banque mondiale, qui fournit une assistance économique depuis le début de la situation, a déjà souligné dans des rapports publiés que cette crise est causée par les "élites dirigeantes" et que tant les classes moyennes que les plus pauvres subissent les conséquences de la mauvaise gestion. L'inflation du pays continue d'augmenter et avoisine les 200 %, et la monnaie nationale a été dévaluée de 90 %.

La banque souligne que l'économie libanaise fait même partie des trois crises financières les plus graves au monde. Selon eux, les mêmes données n'ont pas été collectées depuis 1850. Le taux du pays est le troisième plus élevé au monde, après le Venezuela et le Soudan. Le rapport indique également que le PIB réel devait diminuer de 10,5 % d'ici 2021, mais qu'il s'est finalement contracté de 58,1 %, soit le taux le plus élevé de la liste des 193 pays. 

El primer exministro del Líbano, Saad al-Hariri REUTERS/MOHAMED AZAKIR
REUTERS/MOHAMED AZAKIR - L'ancien premier ministre du Liban, Saad al-Hariri

Ces données interviennent un jour après la démission de l'ancien premier ministre libanais Saad Hariri, qui a annoncé qu'il quittait définitivement la vie politique. L'homme qui était en poste de 2016 à 2020 annonce également qu'il n'a pas l'intention de se présenter aux prochaines élections, qui auront lieu en mai 2022. "Je suspends ma participation à la vie politique et j'invite ma famille politique au sein du courant du parti politique Mouvement pour l'avenir à suivre mon chemin. Je ne me présenterai pas aux élections et je ne me présenterai pas pour le Courant du Futur ou en son nom", a déclaré Hariri.

Leur retrait suit la fin du bloc des partis du Hezbollah chiite et de la milice chiite AMAL, qui était paralysé depuis plus de 70 jours. Cet événement s'est avéré être un revers pour le pays, qui était au bord de l'effondrement. Michel Aoun, le président du pays, a déclaré que "ce qui s'est passé au cours des derniers mois n'est pas conforme à la séparation des pouvoirs, qui est une loi constitutionnelle".

Los partidarios del ex primer ministro Saad Hariri queman neumáticos para bloquear una carretera principal en Beirut, Líbano, el lunes 24 de enero de 2022 AP/BILAL HUSSEIN
AP/BILAL HUSSEIN - Des partisans de l'ancien Premier ministre Saad Hariri brûlent des pneus pour bloquer une route principale à Beyrouth, au Liban, lundi 24 janvier 2022.

Hariri a présenté la nouvelle lors d'une conférence de presse où étaient présents les médias du pays. "Il n'y a pas de place pour une quelconque opportunité positive au Liban à la lumière de l'influence iranienne, de l'agitation internationale, de la division nationale, du sectarisme et de l'effondrement de l'État", selon NNA, l'agence de presse étatique du pays.

Au cours de l'événement, il a expliqué plusieurs des raisons de sa démission et de faire comprendre au peuple libanais sa situation. L'ancien premier ministre a expliqué qu'après l'assassinat de son prédécesseur et père en 2005, Rafiq Hariri, il a dû faire face aux problèmes qui s'accumulaient dans la nation et a essayé d'éviter toute guerre civile au Liban. Selon lui, il faut "assurer une meilleure vie aux Libanais".

Billetes de libras libanesas en una tienda de cambio de moneda en Beirut, Líbano PHOTO/REUTERS
PHOTO/REUTERS - Des billets en livres libanaises dans une boutique de change à Beyrouth, au Liban.

Pour éviter toute conséquence qui mènerait son pays à la ruine. Hariri ajoute qu'il a dû faire des compromis à ses dépens, notamment l'accord de Doha, la visite à Damas et l'élection de Michel Aoun comme gouverneur de la nation. "Ces compromis ont été faits à mes dépens", ajoute Hariri.

Pendant son mandat, le Liban a subi plusieurs manifestations qui ont conduit à une situation désastreuse dans le pays. C'est le cas des révolutions d'octobre 2019, où des dizaines de milliers de citoyens ont protesté dans les villes les plus importantes de la nation contre la mauvaise situation économique et les problèmes qu'ils traversaient. Selon l'ancien premier ministre, "certains Libanais en sont venus à me considérer comme l'un des principaux piliers de l'autorité qui a provoqué le désastre du pays. Cependant, j'ai été le seul à rendre la pareille à la révolution du 17 octobre, puisque j'ai démissionné de mon gouvernement et insisté pour en former un autre", dit Hariri. Il ajoute également que pour faire taire les manifestations, des paquets de réformes ont été proposés pour tenter d'apaiser la situation et de calmer les esprits.