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La crise économique de la Turquie asphyxie de plus en plus le pays

Le maire d'Istanbul affirme que l'économie turque arrive "au bout du chemin"
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REUTERS/Murad Sezer  -   Bureau de change à Istanbul, Turquie

Au milieu de la grave crise économique que traverse la Turquie, le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, a reproché aux milieux d'affaires d'aggraver la crise en ne prenant pas position contre les politiques du président turc Recep Tayyip Erdogan dans ce secteur.

Imamoglu a prévenu que l'économie turque arrivait "au bout du chemin" et a déclaré qu'il pourrait être démis de ses fonctions si Erdogan remportait les prochaines élections prévues avant juin 2023. 

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AFP/OZAN KOSE  -  El alcalde de Estambul, Ekrem Imamoglu

En termes de prévisions électorales, plusieurs sondages d'opinion indiquent que le soutien à Erdogan n'a jamais été aussi faible, bien qu'ils soulignent également la faible confiance du public dans l'opposition. Pour le social-démocrate Imamoglu, l'issue des prochaines élections est entre les mains de son parti, le Parti républicain du peuple, et des forces alliées. "Nous sommes ceux qui peuvent vaincre le parti au pouvoir", a-t-il déclaré. 

Aux côtés d'Imamoglu, l'ancien Premier ministre turc et l'une des personnalités les plus en vue de l'opposition turque, Ahmet Davutoglu, a déclaré dans une interview publiée par le Financial Times que la Turquie subit "la plus importante crise économique de son histoire". Il a également indiqué que le taux d'inflation a atteint 70 % et que les chiffres de la pauvreté augmentent de manière exponentielle.

En ce sens, le taux d'inflation annuel en Turquie a bondi en juin pour atteindre un maximum de 78,35 %. En outre, l'indice des prix à la production a augmenté de 6,77 %, portant la hausse annuelle à 138,31 %.

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AFP/ADEM ALTAN - Le président du parti populaire républicain (CHP), Kemal Kilicdaroglu

Concernant la situation des hommes d'affaires dans le pays, il a noté qu'il était triste de voir comment "le monde des affaires n'a pas montré son courage et a donc malheureusement porté la responsabilité de la situation économique actuelle". Dans ce contexte, le chef de l'opposition a montré sa sympathie pour les cadres qui ont rompu le silence face à la politique d'Erdogan.

Erdogan se porte à nouveau candidat

L'actuel président turc a ré-annoncé sa candidature aux prochaines élections, prévues en 2023, pour la formation politique "l'Alliance des peuples", qui comprendrait, outre le parti islamiste Justice et Développement, le Mouvement national dirigé par Devlet Bahceli.

Erdogan, dans un message adressé à son adversaire, le chef du Parti républicain du peuple, Kemal Kilicdaroglu, a déclaré que si celui-ci "a le courage d'annoncer sa candidature ou son candidat à la présidence"

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PHOTO/REUTERS  - Le président turc Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse à Istanbul.

De son côté, Kilicdaroglu a annoncé au Parlement turc sa volonté d'affronter Erdogan et de "mener une grande bataille" contre l'inflation, les inégalités et la pauvreté en Turquie. 

Après que le chef du Parti républicain s'en est pris à Erdogan et à sa politique à de multiples reprises, le qualifiant de "perdant en série", Kilicdaroglu a réussi à former une coalition de partisd'opposition unis par un objectif commun : vaincre Erdogan après deux décennies au pouvoir, la première en tant que Premier ministre et la seconde en tant que Président de la République.

Lors des dernières élections, qui se sont tenues en 2018, le parti Justice et développement s'est allié au Mouvement nationaliste pour former l'Alliance populaire, qui a remporté 53 % des voix, ce qui lui a permis d'obtenir 358 sièges sur 600 au parlement turc.

Toutefois, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a constaté que, lors de ces élections, les ressources de l'État auraient été utilisées frauduleusement par le parti islamiste pour obtenir un avantage électoral sur les partis d'opposition. Ils rapportent également qu'ils ont mené une campagne d'intimidation contre les partis d'opposition, ce qui a conduit à la victoire d'Erdogan.