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La Turquie affirme que le rapprochement avec Israël profitera aux Palestiniens

Le ministre turc des Affaires étrangères s'est rendu en Israël dans le but de resserrer les liens et de stimuler la coopération dans un certain nombre de secteurs, dont l'énergie
AFP/ADEM ALTAN - El ministro de Asuntos Exteriores de Turquía, Mevlut Cavusoglu

AFP/ADEM ALTAN  -   Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, s'est rendu en Israël dans le but de resserrer les liens entre les deux pays après plusieurs affrontements dans le passé au sujet du conflit israélo-palestinien. Dans le cadre de l'amélioration des relations bilatérales, le président turc Recep Tayyip Erdogan a invité son homologue israélien, Isaac Herzog, à Ankara en mars. Cette visite, ainsi que le voyage de Cavusoglu en Israël, s'inscrit dans le cadre de la nouvelle politique étrangère de la Turquie visant à renforcer les alliances régionales.

La visite de Cavusoglu est le premier voyage en Israël d'un ministre des Affaires étrangères turc depuis 15 ans. Pour son premier jour, le ministre turc des Affaires étrangères s'est rendu en Cisjordanie, où il a rencontré des responsables palestiniens. À Ramallah, il s'est entretenu avec son homologue palestinien, Riad al-Malki, à qui il a assuré que le soutien turc à la cause palestinienne "est totalement indépendant du cours des relations avec Israël", selon EFE. Cavusoglu a également rencontré le président palestinien Mahmoud Abbas.

Le deuxième jour, Cavusoglu a visité le musée de l'histoire de l'Holocauste (Yad Vashem), où il a déposé une gerbe et signé le livre commémoratif du musée. Il a ensuite rencontré le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, avec lequel il a discuté des progrès réalisés en matière de réconciliation entre les deux pays

AFP/ EMMANUEL DUNAND  -   El ministro de Asuntos Exteriores israelí, Yair Lapid
AFP/ EMMANUEL DUNAND - Le ministre israélien des affaires étrangères, Yair Lapid

Le diplomate israélien a souligné l'objectif de "développer la coopération économique et civile" entre les pays. "Au-delà de la diplomatie, Monsieur le Ministre, les Israéliens aiment tout simplement la Turquie", a déclaré Lapid, faisant référence aux milliers d'Israéliens qui choisissent la Turquie comme destination touristique, selon le Times of Israel.

Dans ce contexte, les deux ministres ont convenu de travailler sur un nouvel accord d'aviation civile qui permettrait aux compagnies aériennes israéliennes de voler à nouveau vers la Turquie, puisque les transporteurs ont été interdits en 2007 après que la Turquie a refusé de s'adapter aux exigences de sécurité spéciales d'Israël, note le journal israélien. Turkish Airlines, quant à elle, est le plus grand transporteur israélien après El Al. 

AFP/ JACK GUEZ  -   Las aerolíneas israelíes, Israir, El Al y Arkia prestarán servicio a varias ciudades marroquíes, incluida Marrakech, a partir del 25 de julio de 2021
AFP/ JACK GUEZ - Un nouvel accord sur l'aviation civile entre la Turquie et Israël permettrait aux compagnies aériennes israéliennes de voler à nouveau vers la Turquie.

Le partenariat turco-israélien vise également à "créer des liens d'entreprise à entreprise et de peuple à peuple, et à tirer parti des avantages comparatifs de nos deux pays au niveau régional et mondial", a ajouté Lapid. Ce partenariat peut également s'étendre à d'autres domaines tels que la sécurité et la défense. Sur ce point, Lapid a fait allusion à la récente vague d'attaques terroristes dans le pays, qui ont coûté la vie à 19 Israéliens. "Nous attendons de nos amis qu'ils coopèrent avec nous dans cette bataille", a-t-il déclaré. 

Toutefois, le ministre israélien a également reconnu les "hauts et les bas" des relations, tout en rappelant que la Turquie a été la première nation musulmane à reconnaître Israël en 1949, un an seulement après la création de l'État juif. C'est pourquoi les deux pays ont toujours su "revenir au dialogue et à la coopération".

"Aujourd'hui, nous amorçons un nouveau cadre pour améliorer nos relations, dont non seulement nous, mais aussi nos enfants, bénéficieront dans les années à venir", a conclu Lapid.

Shlomi Amsalem/Government Press Office via AP - El ministro de Asuntos Exteriores de Israel, Yair Lapid, habla durante la inauguración de la embajada de Israel en Abu Dhabi, Emiratos Árabes Unidos
Shlomi Amsalem/Government Press Office via AP - M. Lapid a reconnu que les relations entre Israël et la Turquie ont connu des "hauts et des bas".

Cavusoglu, pour sa part, a assuré que la normalisation des relations avec Israël "aura un impact positif sur la résolution pacifique du conflit israélo-palestinien". En ce sens, le ministre turc a désigné son pays comme un modérateur possible "pour poursuivre les efforts de dialogue". En ce qui concerne les liens avec Israël, le diplomate a noté que le "volume des échanges entre la Turquie et Israël a dépassé 8 milliards de dollars l'année dernière", tandis que les chiffres du premier trimestre de cette année sont "très prometteurs", rapporte TRT. 

Cavusoglu s'est engagé à accroître cette coopération commerciale et économique, car elle est "mutuellement bénéfique". Dans le cadre du partenariat bilatéral, il a également mis l'accent sur le tourisme, déclarant qu'Istanbul était la destination la plus populaire pour les touristes israéliens, mais qu'il espérait "recevoir davantage de visites dans différentes régions du pays". 

PHOTO/PAVEL GOLOVKIN vía REUTERS - El ministro de Asuntos Exteriores de Turquía, Mevlut Cavusoglu
PHOTO/PAVEL GOLOVKIN vía REUTERS - Cavusoglu a souligné l'importance du volume des échanges commerciaux entre la Turquie et Israël.

En raison de la crise économique qui frappe le pays, Ankara met l'accent sur la sphère économique dans ses relations avec de nouveaux alliés tels que Jérusalem. Comme l'ont souligné des analystes à l'AFP, Erdogan reste favorable à la cause palestinienne, mais il souhaite également améliorer les relations avec Israël afin de stimuler l'économie turque, notamment par le biais d'initiatives conjointes dans le domaine du gaz. Cavusoglu s'est donc rendu en Israël avec le ministre de l'Énergie, Fatih Donmez.

La présence de Donmez reflète les aspirations d'Erdogan à construire un gazoduc avec Israël vers l'Europe dans le contexte de la guerre Ukraine-Russie. Lors de la visite de Herzog à Ankara, le dirigeant turc s'est dit " prêt à coopérer avec Israël dans le domaine de l'énergie et de la sécurité énergétique ", car le pays eurasien " a l'expérience et la capacité de mettre en œuvre de tels projets ". 

AFP PHOTO/Turkish Presidential Press Service/Mustafa KAMACI  -   El presidente de Turquía, Recep Tayyip Erdoğan, estrecha la mano a su homólogo israelí Isaac Herzog tras una rueda de prensa conjunta en Ankara
AFP PHOTO/Turkish Presidential Press Service/Mustafa KAMACI - Recep Tayyip Erdoğan et Isaac Herzog après une conférence de presse conjointe à Ankara.

Cependant, cette initiative ne rencontre pas l'approbation d'Israël. "Pour certains, Erdogan n'est pas un partenaire fiable", explique à l'AFP Gabi Mitchell, attaché à l'Institut Mitvim, spécialisé dans la politique régionale d'Israël. Mitchell nous rappelle qu'en matière d'énergie, les pays doivent "se faire confiance".

Le gazoduc traverserait également la Méditerranée orientale, une région pour laquelle la Turquie entretient une forte rivalité avec Chypre et la Grèce. Pour cette raison, ce projet n'est pas dans l'intérêt d'Israël, car il "pourrait nuire à ses relations" avec ces nations. 

AFP/ADEM ALTAN  -   El presidente de Turquía, Recep Tayyip Erdogan, habla durante una conferencia de prensa
AFP/ADEM ALTAN - Erdogan espère coopérer avec Israël sur les questions énergétiques

Israël et la Turquie doivent encore résoudre certaines questions afin de consolider ce rapprochement, tant sur le plan commercial que politique. Au cours de la réunion, les ministres n'ont pas évoqué l'éventuel retour de leurs ambassadeurs respectifs, rappelés après des affrontements à la frontière de Gaza en 2018.

Le Hamas, le groupe islamiste qui contrôle Gaza et maintient une présence importante en Turquie, n'a pas non plus été mentionné. À cet égard, Israël aurait demandé à Ankara - qui a soutenu l'organisation ces dernières années - d'expulser certains de ses membres comme condition à la reprise des relations.