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Marruecos

La violence aggrave la situation au Soudan

Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur les manifestants, faisant trois morts parmi les civils
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PHOTO/ARCHIVO  -   Démonstration au Soudan

Les Soudanais descendent une fois de plus dans la rue face à la violence des forces de sécurité. Cette fois, les manifestations ont répondu à un appel civil qui a été mis en scène dans une grande manifestation motivée par la démission du désormais ancien premier ministre, Abdullah Hamdok. 

La démission de Hamdok a ouvert la voie au retour des militaires au pouvoir, et contribue ainsi à l'effacement du projet démocratique soudanais. C'est pour cette raison que des milliers de civils ont envahi les rues de la capitale, Khartoum, en appelant à l'antimilitarisation du gouvernement soudanais, comme ils l'ont fait dans d'autres villes du pays.

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PHOTO/ARCHIVO  - Le premier ministre soudanais Abdullah Hamdok

Trois manifestants ont été abattus par les forces de sécurité au cours des protestations, ont déclaré des témoins à Reuters. Ces trois meurtres portent à 60 le nombre total de personnes tuées pendant les manifestations, un chiffre qui a commencé à être comptabilisé après le coup d'État du général Abdel Fattah Al-Burhan en octobre dernier. 

Lors de cette dernière manifestation, les civils ont tenté de rejoindre le palais présidentiel pour continuer à faire pression sur les militaires car, depuis l'insurrection, l'accord de partage du pouvoir et le processus de transition dans le pays réalisé en 2019 ont été stoppés.

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REUTERS/MOHAMED NURELDIN  -  Le chef du Conseil militaire de transition du Soudan, le lieutenant général Abdel Fattah Al-Burhan, et le chef de la coalition de l'opposition soudanaise, Ahmad al-Rabiah, célèbrent la signature de l'accord de partage du pouvoir.

Pour les militaires, cette prise de pouvoir est une "correction" qui vise à rétablir la stabilisation de la sécurité au Soudan. Cependant, depuis la prise du pouvoir, l'insécurité est devenue le lot quotidien de la population. Les manifestations ont augmenté de façon exponentielle et la violence des forces militaires a fait non seulement des morts, mais aussi des centaines de blessés et d'arrestations violentes. 

Ces actions ont rendu les Soudanais encore plus méfiants à l'égard des militaires et le Soudan est devenu une scène de confrontation entre les civils eux-mêmes. Alors qu'il existe un important sentiment de dégoût de la population à l'égard de l'autoritarisme militaire, un autre secteur de la population s'est montré favorable au retour des militaires, ce qui a entraîné une augmentation des tensions au sein même de la population.

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PHOTO/ ARCHIVO - Démonstration au Soudan

Cependant, l'abus de pouvoir de l'armée laisse la population dévastée. Selon le ministère de la Santé de Khartoum, "les forces de sécurité ont fait une descente à l'hôpital Arbaeen" et "ont attaqué le personnel médical" après avoir "tiré des gaz lacrymogènes à l'intérieur". 

La police a également déclaré dans un communiqué que "les manifestations ont été marquées par une déviation du calme et des cas d'agression et de violence de la part de certains manifestants à l'égard des forces présentes", notant que 60 suspects ont été arrêtés.

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PHTO/AFP  - Des manifestants soudanais descendent dans les rues de la capitale Khartoum, le 25 décembre 2021, pour protester contre l'armée.

L'internet et les communications continuent de souffrir de multiples restrictions, qui sont réduites surtout dans les dernières heures de la journée. Ces restrictions rendent très difficile le travail des journalistes et la communication entre les personnes, qui ne peuvent pas dénoncer les abus commis à l'encontre de la population. Outre les télécommunications, les liaisons terrestres entre les régions ont été restreintes dans les zones reliant Khartoum à Bahri ou Omdurman. 

 À la suite de l'escalade de la violence, la coalition des Forces pour la liberté et le changement, le groupe politique qui partageait le pouvoir avec les militaires, a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies d'ouvrir une enquête sur les meurtres et les dernières attaques contre les établissements de santé. 

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PHOTO/AFP  - Le général soudanais Abdel Fattah al-Burhan s'exprime lors de la conclusion d'un exercice militaire dans la région de Maaqil, dans le nord de l'État du Nil, le 8 décembre 2021.

Cette journée de protestations était la première de plusieurs séries de manifestations qui devraient avoir lieu dans le courant du mois en réponse à la démission de Hamdok.

En 2019, Abdullah Hamdok est devenu le premier ministre du Soudan, apportant de l'espoir à un pays fatigué de la violence et de la confrontation. Sa démission ouvre un nouvel épisode dans l'histoire du Soudan, qui lutte pour instaurer la démocratie, un système qui n'a jamais été établi dans le pays.