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Le Front Polisario menace le rallye Africa Eco Race lors de son passage au Maroc

Le groupe prévient qu'il "utilisera tous les moyens légitimes" pour "répondre à toute action" qui porterait atteinte à "sa souveraineté et son intégrité territoriale"
Africa Eco Race

PHOTO/AFRICA ECO RACE  -   Un cavalier traverse le Sahara lors de la 12e édition du rallye Africa Eco Race

Le Front Polisario a lancé une mise en garde contre tous les "concurrents, sponsors et participants" de l'Africa Eco Rally, la compétition sportive qui s'apprête à remplacer le Rallye Dakar. Dans une déclaration publiée jeudi, le gouvernement de l'autoproclamée République arabe sahraouie (RASD) a menacé l'organisation d'"utiliser tous les moyens légitimes" pour "répondre à toute action visant à porter atteinte à sa souveraineté et à son intégrité territoriale". 

Ce message intervient après la publication de l'itinéraire, confirmée en juin par l'organisation "en complicité avec les autorités de Rabat", dénonce le communiqué de la RASD. L'itinéraire vise à rejoindre la Mauritanie via le Maroc, et devrait donc traverser les environs du poste frontière de Guerguerat, le mur de séparation érigé en plein désert où le cessez-le-feu entre l'armée marocaine et le Front Polisario a été rompu en novembre 2020. 

L'édition 2022 de l'Africa Eco Race devrait débuter le 15 octobre au soir et se terminer deux semaines plus tard, le 30. Les concurrents partiront de Monaco et franchiront la ligne d'arrivée à Dakar, la capitale sénégalaise. Entre les deux, les coureurs auront une journée de repos dans la ville de Dakhla, et la course devrait atteindre son point culminant vers le 25 octobre.

Guerguerat
AFP/FADEL SENNA  -   Point de passage frontalier de Guerguerat

A un peu plus d'un mois du départ de la course, les organisateurs de l'Africa Eco Race n'ont pas répondu aux avertissements du Front Polisario. La compétition, fondée en 2008 dans le but de succéder au Rallye Dakar par le regretté Hubert Auriol, l'ex-pilote franco-éthiopien qui fut le premier vainqueur de la légendaire compétition, a dû être suspendue la même année face aux menaces de groupes terroristes. 

Un an après sa naissance, en 2009, et lors des éditions successives, l'événement a pu se dérouler avec un certain degré de normalité. Bien que non sans sa part de hauts et de bas. L'instabilité politique, communautaire et sociale dans la région a empêché la compétition de se dérouler dans un environnement sûr. La dangerosité de la route n'a pas diminué, en plus de la nouvelle menace voilée du Front Polisario. Cependant, l'édition de cette année avait déjà été reportée en raison des restrictions du COVID-19. 

Les organisateurs de l'Africa Eco Race assurent que, tout au long du parcours, ils "travaillent en étroite collaboration avec les différents ministères de chaque pays" pour garantir la sécurité. "Avant même que l'itinéraire soit accepté, des cartes détaillées du parcours sont soumises au gouvernement pour approbation", indiquent les organisateurs. 

Sur autorisation, les organisateurs font le point sur le calendrier et "s'efforcent de rencontrer les représentants de chaque région pour ajuster le parcours si nécessaire". Une fois le rallye lancé, ajoutent-ils, les pays traversés déploient leur personnel de sécurité, police ou armée, pour sécuriser non seulement le camp, mais aussi les routes.

Africa Eco Race
PHOTO/AFRICA ECO RACE  -   Journée de repos à Dakhla lors de la 12ème édition du Rallye Africa Eco Race

L'Africa Eco Race rappelle qu'"au Maroc, les procédures d'entrée et de sortie n'ont jamais été aussi fluides qu'en 2020, grâce à un travail de fond mené en toute transparence avec les autorités". Cette édition, finalement la dernière en raison de la pandémie, s'est terminée quelques mois avant la rupture du cessez-le-feu à Guerguerat. 

"L'ensemble du territoire de la République sahraouie, y compris ses espaces terrestres, maritimes et aériens, reste une zone de guerre où les combats se poursuivent", précise le communiqué. "Par conséquent, le gouvernement de la République sahraouie lance à nouveau un appel urgent à tous les pays du monde et aux secteurs public et privé pour qu'ils s'abstiennent de toute activité", ajoute le groupe, qui tient également les organisateurs responsables des éventuelles "conséquences". 

Toutefois, ce n'est pas la première fois que le Front Polisario menace l'organisation. En 2018, ils ont tenté d'intercepter le rassemblement, mais ont finalement cédé après la pression diplomatique des Nations unies, comme cela s'est produit deux ans plus tard, lorsqu'un groupe de jeunes a tenté de bloquer le poste frontière avec la Mauritanie en signe de protestation.