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Le gouvernement équatorien confronté au problème de la violence dans les prisons

Le gouvernement de Guillermo Lasso doit faire face à la multiplication des rixes et des meurtres dans diverses prisons de ce pays d'Amérique du Sud, qui ont provoqué une inquiétude sociale
Prison de l'Équateur

 -   Prison de l'Équateur

Près de 120 morts et plus de 80 blessés sont le résultat des derniers affrontements survenus cette semaine à l'intérieur de la prison du Centro de Privación de la Libertad Número 1 de Guayaquil, l'une des prisons de sécurité maximale de l'Équateur. 

Les rixes ont été perpétrées par des gangs rivaux qui se battent à l'intérieur de la prison et sont liées à divers problèmes internes tels que le trafic de drogue, la corruption des fonctionnaires ou la surpopulation dont souffre l'infrastructure pénitentiaire elle-même. 

La réforme du système pénitentiaire est l'un des dossiers en suspens du précédent gouvernement de Lenín Moreno (2017-2021) que le nouveau président Guillermo Lasso, au profil plus conservateur, doit désormais aborder.  

Guillermo Lasso, presidente de Ecuador

Après les derniers incidents, la ministre du gouvernement, Alexandra Vela, et le directeur du Service national de prise en charge intégrale des personnes privées de liberté et des adolescents délinquants (SNAI), Bolívar Garzón, ont annoncé des mesures fortes pour faire face à la crise carcérale, notamment pour réduire le nombre considérable de détenus dans les prisons. Pour lutter contre la surpopulation, des mesures ont été prises, telles que l'octroi de milliers de grâces à des prisonniers très âgés, à des femmes handicapées et à des malades en phase terminale, ainsi que le retour de prisonniers étrangers, cette dernière initiative étant liée à la demande de coopération internationale formulée par le pays latino-américain pour faire face à la crise carcérale. Cet appel à l'aide a été lancé par le propre ministre des affaires étrangères de l'Équateur, Mauricio Montalvo. 

Le gouvernement prévoit également de remodeler le complexe pénitentiaire de Guayaquil et de répartir les prisonniers dans différentes zones pour éviter les affrontements, comme le rapporte la BBC. Le problème des prisons est en train de devenir une question très médiatisée en raison de l'alarme sociale qu'il suscite. 

L'un des problèmes latents est la lutte de pouvoir entre les gangs rivaux au sein de certaines prisons. Le président Guillermo Lasso a qualifié de "regrettable" cette lutte de pouvoir qui conduit à des situations inacceptables et dangereuses. 

Cárcel de Ecuador

À cela s'ajoute la question du trafic de drogue en prison. Selon le site spécialisé Insight Crime, l'Équateur est devenu ces dernières années une "autoroute de la cocaïne vers les États-Unis et l'Europe" et cette situation affecte également le monde carcéral, un rapport également repris par la BBC. L'année dernière, la police nationale a saisi 128,4 tonnes de drogue, soit la plus importante saisie de la dernière décennie, selon les données du ministère équatorien de l'intérieur. 

À cet égard, Fausto Cobo, ancien directeur du SNAI, a déclaré sur le réseau social Twitter que la crise des prisons du pays découle de l'influence du monde du trafic de drogue sur l'ensemble de l'État équatorien. 

Pendant ce temps, des groupes de policiers et de militaires sont intervenus ce samedi dans la prison de haute sécurité de Guayaquil, à côté de la prison où a eu lieu mardi dernier un massacre qui a fait environ 120 morts. Quelque 1 000 militaires et policiers sont entrés dans les deux centres de détention, où des coups de feu ont été entendus, selon l'agence de presse EFE. 

Ejército de Ecuador

La police a indiqué que lors de l'intervention dans le centre de détention de la zone 8, les agents "ont été accueillis par des tirs de prisonniers", mais ont immédiatement réussi à neutraliser l'action, selon l'agence de presse EFE.

Coordinateur pour l'Amérique latine : José Antonio Sierra