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Le Mali dénonce la violation de son espace aérien par un avion militaire français

Bamako a rappelé que la France avait soutenu les sanctions imposées par la CEDEAO au Mali
Colonel Assimi Goita

AP/BABA AHMED  -   Colonel Assimi Goita

Le gouvernement de transition du Mali, dirigé par une junte militaire suite à deux coups d'État, a dénoncé ces dernières heures la violation de son espace aérien par un avion militaire français.

Dans un communiqué, la junte malienne affirme qu'un avion de transport militaire A400 immatriculé au FRBAN a effectué mardi un vol entre Abidjan (Côte d'Ivoire) et Gao (Mali), en violation de l'interdiction de survol du territoire malien, alors qu'il avait été appelé par les services techniques au sol.

La note ajoute que l'avion avait éteint son transpondeur pour ne pas être identifié et coupé la communication avec les organismes de contrôle maliens, mais a été identifié par les autorités maliennes comme étant l'avion français susmentionné.

Bamako dénonce la violation de son espace aérien par les autorités françaises et rappelle que la France a soutenu les sanctions sévères imposées au Mali par les pays de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) pour contraindre la junte militaire au pouvoir après deux coups d'État à organiser des élections.

Enfin, le communiqué met en garde contre les risques auxquels pourraient s'exposer les auteurs de ces pratiques en cas de nouvelles violations.

Les tensions entre Bamako et Paris ont atteint des niveaux élevés ces derniers mois, la partie française accusant le déploiement de mercenaires russes au Mali et le retrait d'une partie des troupes de la mission militaire anti-terroriste que la France mène sur le territoire malien. Air France a suspendu ses vols vers le Mali jusqu'à nouvel ordre.

Foto de archivo del coronel Assimi Goita (centro)
AFP/MICHELE CATTANI - Photo d'archive du colonel Assimi Goita (au centre)

Tout cela intervient à un moment où la situation au Mali est particulièrement délicate, avec une forte insécurité et des groupes djihadistes opérant dans une grande partie du pays, et un gouvernement de transition dirigé par une junte militaire qui a mené deux coups d'État en un an.

Le gouvernement censé être de transition a promis de convoquer des élections le mois prochain, mais non seulement il ne l'a pas fait, mais il a demandé que la transition soit prolongée pour une période allant de six mois à cinq ans, ce qui a provoqué la réaction des pays africains.

Les pays de la CEDEAO ont convenu lundi de fermer leurs frontières et de suspendre les échanges avec le Mali - à l'exception de certains produits de base - et de geler les comptes bancaires des membres de la junte militaire au pouvoir.

Un jour plus tard, ces sanctions ont reçu le soutien de la France et de l'Union européenne.