Le Maroc augmente massivement les investissements publics pour relancer l'économie

Le gouvernement marocain entend créer 250 000 emplois directs au cours des deux prochaines années
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La situation économique du Maroc oblige le nouveau gouvernement du royaume alaouite à prendre des mesures historiques. Les conséquences de la pandémie de COVID-19 ont incité le gouvernement dirigé par le magnat Aziz Akhanouch à approuver des investissements publics records pour l'année à venir. Le chiffre s'élève à 245 milliards de dirhams - environ 23 milliards d'euros. Selon la ministre de l'économie et des finances, Nadia Fattah Al-Alawi, l'augmentation des dépenses publiques est une "mesure cruciale pour relancer l'économie", suite à l'impact de la réalité financière du Maroc.

Le projet de loi de finances (PLF) présente une projection importante pour la croissance de l'économie marocaine en 2021, à hauteur de 5,2 %. Le Fonds monétaire international (FMI) est encore plus optimiste à cet égard, indiquant une croissance économique de 5,7 % cette année. Ce chiffre ferait du Royaume le plus performant de la région du Maghreb, suivi par l'Algérie (3,4 %) et la Tunisie (3 %). Ces chiffres reflètent une amélioration encore plus grande si l'on considère qu'en 2020, l'économie marocaine a subi sa pire récession en 25 ans, plongeant de 7 % en raison de la pandémie.

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Relancer l'économie, c'est aussi augmenter l'emploi. Depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Akhanouch a clairement indiqué que l'une de ses priorités était la sphère sociale. C'est pourquoi le PLF vise à créer 250 000 emplois directs dans les deux prochaines années. "Notre priorité est de renforcer l'État social dans les secteurs de la santé, de l'éducation et de l'emploi, et d'avancer dans le projet de généralisation de la protection sociale", a déclaré le ministre Fattah lors d'une conférence de presse, qui a également mis en avant le secteur du tourisme, qui sera promu progressivement en raison des restrictions encore en vigueur avec plusieurs pays.

En effet, l'arrivée de la variante Delta Plus provoque de sérieux revers dans de nombreux pays, et le Maroc a décidé de suspendre tous les vols vers ceux qui souffrent le plus de cette variante du COVID-19. Actuellement, le royaume alaouite a interrompu ses liaisons aériennes avec les Pays-Bas, l'Allemagne et le Royaume-Uni. Ce dernier enregistre environ 50 000 cas de coronavirus par jour. Le ministère marocain de la santé met donc en garde contre "la nécessité d'éviter une éventuelle rechute des cas graves et critiques et des décès liés au COVID-19, qui se sont produits dans plusieurs pays européens".
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En plus de la menace que représente cette augmentation des infections dans de nombreux États européens, le Maroc doit faire face à plusieurs questions sensibles. La question du gaz avec l'Espagne et l'Algérie, ainsi que la rupture des relations diplomatiques et l'escalade conséquente de la tension avec cette dernière, sont quelques-uns des maux de tête auxquels le gouvernement de Rabat devra faire face à court terme. Aucune résolution de ces questions ne semble en vue, et le gouvernement d'Aziz Ajanuch doit s'y atteler dès que possible. Pour l'heure, il a commencé par promouvoir une augmentation des dépenses publiques, dont il espère qu'elle permettra une reprise économique dans les plus brefs délais.