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Le ministre qatari des affaires étrangères se rend en Iran

Le ministre qatari des Affaires étrangères, Abdulrahman Al-Thani, a rencontré son homologue iranien peu après que Téhéran se soit déclaré prêt à discuter avec Washington s'il estime pouvoir parvenir à un "bon accord nucléaire"
AFP/KARIM JAAFAR

AFP/KARIM JAAFAR  -   Le cheikh Mohamed bin Abdulrahman al-Thani, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar, a été nommé nouveau vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères du Qatar.

Quelques jours avant que l'émir du Qatar, cheikh Tamim bin Hamad Al Zani, ne se rende à Washington D.C. pour rencontrer le président américain Joe Biden, les ministres des affaires étrangères de Doha et de Téhéran se sont rencontrés dans la capitale iranienne pour rapprocher leurs positions. Selon l'INRA, l'agence de presse étatique de la République islamique d'Iran, l'objectif de la réunion était de dynamiser les relations bilatérales entre les deux puissances face aux récents développements régionaux, et se veut un mécanisme pour contribuer à la stabilité et à la paix dans la région.  

Dans le contexte des renégociations du pacte nucléaire de 2015 et du durcissement des conditions américaines pour la reprise de l'accord, le calendrier de ces réunions est crucial.  

D'une part, Hosein Amir Abdolahian et Mohamad bin Abdulrahman Al Thani - respectivement ministres iranien et qatari des affaires étrangères - se sont rencontrés dans la capitale perse quelques jours après que des responsables de Téhéran se soient déclarés prêts à envisager de nouvelles discussions directes avec des représentants américains, mais uniquement s'ils estimaient pouvoir parvenir à un "bon accord nucléaire".

AFP -  Mapa de Irán que muestra las principales instalaciones nucleares 
AFP - Carte de l'Iran montrant les principales installations nucléaires

"Si nous atteignons un stade où la conclusion d'un bon accord assorti de solides garanties nécessite des discussions directes avec les États-Unis, nous l'envisagerons", a déclaré le ministre iranien Abdolahian. 

D'autre part, les réunions et les entretiens téléphoniques qui ont eu lieu jusqu'à présent entre Doha et Téhéran ont fait l'objet de diverses rumeurs. L'agence de presse Reuters a rapporté que, selon une source proche de l'entourage des ministres, M. Abdolahian a demandé au Qatar de servir de médiateur dans le processus de libération des citoyens américains et européens emprisonnés sur le territoire iranien. Cela semble être devenu une nouvelle condition tacite à la reprise du dialogue entre Téhéran et l'administration Biden. Toutefois, d'autres médias - tels que l'agence de presse iranienne - affirment que cette dernière visite n'avait pas pour but de faciliter les discussions directes avec la Maison Blanche, mais plutôt de discuter d'autres conflits, notamment au Yémen et en Afghanistan. 

"Bien que Doha et Téhéran entretiennent de bonnes et étroites relations, cette visite a alimenté certaines idées fausses", a rapporté l'IRNA.  

AFP PHOTO / HO / LEADER.IR - Una foto de la oficina del líder Supremo de Irán, el Ayatolá Alí Jomenei, en una reunión con el Emir de Qatar, el Jeque Tamim bin Hamad al-Thani, en la capital iraní, Teherán, el 12 de enero de 2020 
AFP PHOTO / HO / LEADER.IR - Une photo du bureau du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khomenei, lors d'une réunion avec l'émir du Qatar, le cheikh Tamim bin Hamad al-Thani, dans la capitale iranienne Téhéran, le 12 janvier 2020.

Toutefois, compte tenu des antécédents historiques du Qatar en tant que médiateur dans le conflit entre l'Iran et les États-Unis au sujet du pacte nucléaire de 2015, et à la lumière des récents développements, tout porte à croire que les autorités qataries font de gros efforts pour transférer les messages du gouvernement de Téhéran à Washington, et vice versa. De cette manière, la stratégie qatarie pourrait positionner Doha comme une nouvelle puissance clé dans le conflit nucléaire, ainsi que dans les pourparlers de Vienne visant à mettre fin à l'escalade des tensions.  

Une impasse ?  

Depuis la reprise des négociations nucléaires entre le nouveau gouvernement d'Ebrahim Raisi - principal représentant de la faction la plus dure du régime - et les signataires du Plan d'action global conjoint (JCPOA) en novembre dernier, les positions sur les progrès accomplis sont très disparates.  

Fin 2021, plusieurs représentants européens et américains ont qualifié la position de la nouvelle présidence perse d'"incohérente". Téhéran, quant à lui, a affirmé progresser "lentement et régulièrement" vers un nouvel accord, bien qu'il ait rejeté les demandes de Washington concernant la libération de quatre citoyens américains.  

PHOTO/ Delegación de la UE en Viena/EEAS/Handout via REUTERS  -  El secretario general adjunto del Servicio Europeo de Acción Exterior (SEAE), Enrique Mora, y el negociador nuclear jefe de Irán, Ali Bagheri Kani, y las delegaciones esperan el inicio de una reunión de la Comisión Conjunta del JCPOA en Viena, Austria, el 17 de diciembre de 2021 
PHOTO/ Delegación de la UE en Viena/EEAS/Handout via REUTERS - Le secrétaire général adjoint du Service européen pour l'action extérieure (SEAE), Enrique Mora, le négociateur en chef du nucléaire iranien, Ali Bagheri Kani, et des délégations attendent le début d'une réunion de la Commission mixte du JCPOA à Vienne, en Autriche, le 17 décembre 2021.

Jusqu'à présent, il y a eu huit négociations sans la présence américaine. Huit cycles de discussions au cours desquels les négociateurs perses et américains ont discuté indirectement pour rétablir l'accord nucléaire de 2015, qui s'est effondré après l'abandon unilatéral de Washington et les violations par l'Iran des restrictions atomiques.  

Pourtant, aujourd'hui, alors que les réunions à Vienne, les déclarations iraniennes sur une possible rencontre avec les États-Unis et les prétendues médiations qataries pourraient représenter des avancées dans ces négociations, il reste encore un certain nombre de questions à finaliser avant que toutes les parties initiales du JCPOA ne reviennent au pacte. Les limites imposées aux travaux atomiques de Téhéran, ainsi que les garanties sur la fin des mesures punitives, maintiennent toujours un fossé entre l'Iran, l'Allemagne, la Russie, la Chine, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.