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Le Soudan doit former un gouvernement intérimaire

Le lieutenant général Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil souverain de transition du Soudan, a ordonné aux sous-secrétaires d'assumer les fonctions ministérielles, à la suite des derniers licenciements résultant du coup d'État
al burhan

AFP/ASHRAF SHAZLY  -   Le général en chef de l'armée soudanaise Abdel Fattah al-Burhan s'adresse à une conférence de presse au Commandement général des forces armées à Khartoum, le 26 octobre 2021.

Le pays est plongé dans une crise politique et sociale depuis le début du mois de janvier, suite à la démission d'Abdallah Hamdok, premier ministre de la période de transition, en raison de désaccords avec les membres militaires du Conseil souverain. Il s'agit notamment de problèmes tels que le refus de restituer le Service des renseignements généraux, le retour des ambassadeurs limogés par Al-Burhan et le retour du chef de la télévision soudanaise, Luqman Ahmed, également limogé par Al-Burhan. Toutefois, la principale raison de sa démission est son incapacité à former un gouvernement civil après le coup d'État du 25 octobre. Sa démission a provoqué une manifestation massive des Soudanais contre l'armée pour avoir rendu impossible la formation d'un gouvernement civil qui conduirait à des élections libres et, par conséquent, le refus d'engager un processus démocratique.  

En réponse, Al-Burhan, président du Conseil de souveraineté du Soudan, a exprimé la nécessité de former un gouvernement intérimaire indépendant capable de remplir des fonctions pour les citoyens du Soudan. "Les tâches de la période de transition, qui consistent à instaurer la paix, à établir la sécurité, à résoudre les problèmes du peuple et à organiser des élections, doivent être réalisées", a déclaré Al-Burhan dans un communiqué publié par le bureau du porte-parole des forces armées, un jour après la démission d'Abdallah Hamdok. 

AP/MARWAN AKI  -   El primer ministro sudanés Abdalá Hamdok anuncia su nuevo gabinete en Jartum, Sudán, el lunes 8 de febrero de 2021. El nuevo gabinete incluye a ministros rebeldes como parte de un acuerdo de paz que las autoridades de transición alcanzaron con una alianza rebelde el año pasado
AP/MARWAN AKI - L'ancien Premier ministre soudanais Abdallah Hamdok

Mercredi dernier, une réunion entre le Conseil souverain de transition soudanais et les sous-secrétaires des ministères a eu lieu, au cours de laquelle chaque sous-secrétaire s'est vu attribuer les fonctions d'un ministère spécifique, dans le but de créer une voie vers la tenue d'élections. La réunion a également abordé l'évolution de la situation dans le pays et la recherche de solutions pour mettre fin à la crise politique.

Suite à la réunion de mercredi, Abdel Fattah al-Burhan, président du Conseil souverain de transition, a publié un décret le lendemain, annonçant la liste des 15 sous-secrétaires et les ministères qu'ils occuperont, ainsi que le fonctionnement des organes ministériels, notamment le ministère des Affaires étrangères, dirigé par Ali Sadiq Ali, et le ministère de l'Énergie et du Pétrole, dirigé par Mohammed Abdullah Mahmoud. Le même jeudi, la première réunion conjointe, présidée par Al-Burhan, a eu lieu entre le Conseil souverain de transition et le Cabinet après l'attribution des postes. L'assemblée a discuté et approuvé les budgets pour la nouvelle année. 

PHOTO/AFP  -   Miles de manifestantes sudaneses a favor de la democracia se concentraron frente al palacio presidencial en Jartum, desafiando los gases lacrimógenos, un despliegue masivo de soldados armados y un apagón de las telecomunicaciones
PHOTO/AFP - Des milliers de manifestants soudanais favorables à la démocratie se sont rassemblés devant le palais présidentiel à Khartoum, bravant les gaz lacrymogènes, un déploiement massif de soldats armés et une coupure des télécommunications.

Outre les ministères des Affaires étrangères et de l'énergie et du pétrole, le décret a complété la liste par le ministère des Affaires du cabinet, Osman Hussein Osman ; le ministère du développement urbain, des routes et des ponts, Abu Bakr Abu al-Qasim Abdullah ; le ministère de l'agriculture et des forêts, Abu Bakr Omar al-Bashi ; le ministère de l'industrie, Batul Abbas Allam Awad ; le ministère du commerce et de l'approvisionnement, Amal Saleh Saad ; le ministère de l'énergie et du pétrole, Mohammed Abdullah Mahmoud ; le ministère de l'irrigation et des ressources en eau, Dhu al-Bayt Abdul Rahman Mansour ; le ministère des communications et de la transformation numérique, Adel Hassan Mohammed Hussein ; le ministère de l'investissement et de la coopération internationale, Ahlam Madani Mahdi ; le ministère de la santé, Haitham Mohammed Ibrahim ; le ministère du travail et de la réforme administrative, Suad Tayeb Hassan ; le ministère des affaires religieuses et des dotations, Bdel Ati Ahmed Abbas ; le ministère de la culture et de l'information, Graham Abdel Kader ; et le ministère de la jeunesse et des sports, Ayman Sayed Salim. 

PHTO/AFP  -  Manifestantes sudaneses salen a la calle en la capital, Jartum, el 25 de diciembre de 2021, para protestar contra el Ejército
PHOTO/AFP - Des manifestants soudanais descendent dans les rues de la capitale Khartoum, le 25 décembre 2021, pour protester contre l'armée.

Lors de la réunion de jeudi, le Conseil souverain de transition est également parvenu à un accord avec la délégation américaine dans le pays africain sur la résolution de la crise actuelle dans le but de trouver un moyen de former un gouvernement indépendant à compétence nationale. L'objectif principal est d'achever la période de transition, mais la formation d'un gouvernement indépendant de compétence nationale, dirigé par un premier ministre civil, est essentielle. Le peuple soudanais compte également sur l'aide de la Russie et des Nations unies, qui souhaitent mener à bien un processus de transition menant à des élections prévues en 2023.

En plus de cette nouvelle initiative de formation d'un gouvernement interne par le lieutenant général, des manifestations sociales contre le coup d'État du 25 octobre ont eu lieu, dans lesquelles les gens demandent le retour à un gouvernement civil et l'éviction des militaires du pouvoir. Cette semaine, on estime qu'au moins sept personnes ont été tuées lors des manifestations.