PUBLICIDAD

Iberdrola

L'économie américaine bénéficie-t-elle de sa présence militaire à l'étranger ?

Un rapport du groupe de réflexion RAND tente de faire la lumière sur la question de savoir si les alliances militaires de Washington améliorent ses performances économiques
Les chars américains en Syrie

AFP/DELIL SOULEIMAN  -   Convoi de véhicules blindés américains près de la ville d'Al-Qahtaniyah, au nord-est du pays

Les États-Unis contrôlent actuellement quelque 750 bases militaires dans au moins 80 pays. La diplomatie américaine est divisée depuis la fin de la guerre froide sur cette question de la présence de ses troupes à l'étranger. Une école de pensée défend le rôle de Washington en tant que principal fournisseur de sécurité mondiale, car il recevrait en retour une série d'avantages politiques, militaires et économiques.

L'autre camp préconise de réduire considérablement le nombre de troupes stationnées dans les bases à l'étranger car, selon eux, il n'y a pas de tels avantages et, au contraire, cela entraîne une augmentation des dépenses qui prive les ressources d'autres postes importants. Il augmente également l'exposition aux attaques.

Une équipe de chercheurs du groupe de réflexion RAND, constituée de Bryan Rooney, Grant Johnson, Tobias Sytsma et Miranda Priebe, a analysé dans un nouveau rapport les avantages économiques potentiels des alliances militaires américaines et de la présence de troupes américaines à l'étranger. Dans ce document, les analystes exposent les raisons qui sous-tendent ces deux courants et tentent de déterminer si l'engagement militaire américain à l'étranger profite indirectement à l'économie américaine.

Vehículos blindados militares de Estados Unidos pasa en una patrulla por delante de un pozo de petróleo en Rümeylan (Rmeilan), en la provincia nororiental de Al Hasakah, Siria
AFP/DELIL SOULEIMAN - Un convoi de véhicules blindés américains patrouille dans le village d'Ein Diwar, dans la province d'Al Hasakah, au nord-est de la Syrie, le 4 novembre 2019

Le groupe adopte le point de vue de l'administration Biden, qui a souligné à plusieurs reprises les avantages que les États-Unis retirent de leurs alliances de sécurité et de leur présence militaire à l'étranger. Le mandat de l'ancien président Donald Trump a été caractérisé par une approche précisément opposée, qui a conduit au retrait de Washington de la scène internationale. Sur ce point, les républicains rejoignent l'aile la plus à gauche du Parti démocrate, qui dénonce les dépenses militaires excessives dans le budget.

Un autre argument avancé par les analystes de la sécurité qui préconisent le retrait de l'armée est que les engagements des États-Unis en matière de sécurité et la présence de troupes sur des bases étrangères "peuvent, de manière contre-intuitive, nuire à la sécurité nationale en exacerbant les tensions avec les rivaux", selon les recherches de la RAND. En ce sens, le volume tangible des avantages retirés par Washington de la présence étrangère est "moins important" pour les décideurs politiques que la capacité à dissuader ses adversaires ou le fait qu'elle incite ses alliés à adopter des politiques risquées qui augmentent la probabilité d'un conflit.

El presidente de Estados Unidos, Donald Trump
AP/ALEX BRANDON - L'ancien président des États-Unis, Donald Trump, a été

"Aucune des deux écoles du débat sur la grande stratégie n'a spécifié l'ensemble de ces arguments de manière théorique ou ne les a examinés de manière empirique", souligne l'équipe d'analystes dans l'introduction.

La recherche de la RAND prend toutefois en compte certains des effets secondaires économiques des alliances militaires. En premier lieu, parce que les États-Unis ont la capacité économique d'investir des budgets de défense importants. Et aussi parce que l'analyse doit tenir compte à la fois de la compensation économique directe fournie par l'État qui accueille la base militaire et des effets économiques indirects que cet accueil génère.

atalayar-joe-biden-jens-stoltenberg-pedro-sanchez-cumbre-otan-madrid-españa-estados-unidos
PHOTO/SOMMET DE L'OTAN - Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg, et le premier ministre, Pedro Sánchez, reçoivent le président des États-Unis, Joe Biden, à l'IFEMA

Les conclusions de l'étude fournissent quelques données pertinentes. Les consommateurs américains auraient perdu 0,4 % de leur pouvoir d'achat en 2006 si Washington avait décidé de quitter l'OTAN cinq ans plus tôt. Selon les analystes, ce changement semble faible, mais son impact est similaire à celui d'un accord commercial régional tel que l'Accord de libre-échange nord-américain et ils n'analysent pas dans quelle mesure cette perte de pouvoir d'achat pourrait se prolonger dans le temps.

Quant à l'appartenance à l'Alliance atlantique, les chercheurs suggèrent qu'elle est associée à des niveaux d'échanges plus élevés, selon les données sur le commerce bilatéral de produits manufacturés et le bien-être économique des États-Unis.

Les alliances militaires de Washington sont susceptibles d'éviter les conflits qui affectent certains échanges et investissements internationaux. "Cependant, la mesure dans laquelle les conflits étrangers affectent l'économie américaine en particulier reste peu claire", note le rapport.

Coordinateur Amériques : José Antonio Sierra