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Marruecos

L'Egypte et les Etats-Unis jouent les médiateurs dans le conflit au Soudan

Les deux puissances cherchent à mettre fin à la crise dans le pays africain
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi

PHOTO/REUTERS  -   Le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi

Le 13 janvier, le président égyptien, Abdel Fattah al-Sisi, a exprimé le soutien de son pays à la recherche d'une solution consensuelle au conflit qui oppose les parties civile et militaire du gouvernement soudanais.  

La confrontation politique maintient le Soudan dans un état de confrontation, en raison des protestations de la population civile suite au coup d'État perpétré le 25 octobre par l'armée soudanaise contre ses anciens partenaires civils du gouvernement. 

Avec la coalition des deux partis depuis 2019, une période de transition vers la démocratie a été mise en place. 

Le premier ministre soudanais Abdullah Hamdok
PHOTO/ARCHIVO  -  Le premier ministre soudanais Abdullah Hamdok

Toutefois, avec la démission d'Abdullah Hamdok du poste de premier ministre au début du mois de janvier, le paysage politique provoqué par le récent coup d'État se complique encore.  

Elle a également conduit à une nouvelle prise de pouvoir par les militaires, ce qui entraîne une vague de protestations et une escalade de la violence dans le pays. 

En raison des bonnes relations historiques entre l'Égypte et le Soudan, le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi a joué le rôle de médiateur entre les parties et les a exhortées à parvenir à un consensus sur l'élection d'un premier ministre qui prendra en charge la transition vers un nouveau gouvernement qui réussira à instaurer la démocratie dans le pays. 

"La situation au Soudan nécessite un consensus et un dialogue entre toutes les parties et forces afin qu'il y ait une issue et une action appropriée pour une période de transition qui verra des élections à la fin", a déclaré le président égyptien 

Démonstration au Soudan
PHOTO/ARCHIVO  -   Démonstration au Soudan
Médiation américaine 

 

Selon les informations du département d'État américain, David Satterfield, l'envoyé des États-Unis dans la Corne de l'Afrique, et Molly Phee, secrétaire d'État adjointe aux affaires africaines, se rendront la semaine prochaine (17-20 janvier) dans les capitales de l'Arabie saoudite, de l'Éthiopie et du Soudan, ce qui coïncide avec la crise actuelle que traversent ces pays africains.   

La délégation américaine rencontrera à Riyad les "Amis du Soudan", un groupe qui soutient la restauration du gouvernement de transition soudanais après le coup d'État militaire d'octobre.   

L'objectif de la réunion est de "mobiliser le soutien international" pour la mission de l'ONU, qui vise à "faciliter une nouvelle transition civile vers la démocratie" au Soudan, selon un communiqué du département d'État américain.  

Des milliers de manifestants soudanais favorables à la démocratie se sont rassemblés devant le palais présidentiel à Khartoum, bravant les gaz lacrymogènes, un déploiement massif de soldats armés et une coupure des télécommunications.
PHOTO/AFP  -   Des milliers de manifestants soudanais favorables à la démocratie se sont rassemblés devant le palais présidentiel à Khartoum, bravant les gaz lacrymogènes, un déploiement massif de soldats armés et une coupure des télécommunications

Après la réunion à Riyad, le prochain point de rencontre sera Khartoum, la capitale soudanaise, où ils rencontreront diverses organisations militantes pro-démocratie, des groupes de femmes et de jeunes, ainsi que des personnalités politiques et militaires.    

Dans le communiqué, le message envoyé par les Etats-Unis est que le pays "est engagé en faveur de la liberté, de la paix et de la justice pour le peuple du Soudan".   

Le dernier lieu de rencontre sera Addis-Abeba, où les deux responsables rencontreront le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed pour mettre fin à l'escalade de la guerre civile.    

Le général en chef soudanais Abdel Fattah Al-Burhan, au centre gauche, et le Premier ministre Abdalla Hamdok tiennent des documents lors d'une cérémonie visant à rétablir Hamdok, déposé lors d'un coup d'État en octobre.
PHOTO/Conseil souverain de transition du Soudan via AP - Le général en chef soudanais Abdel Fattah Al-Burhan, au centre gauche, et le Premier ministre Abdalla Hamdok tiennent des documents lors d'une cérémonie visant à rétablir Hamdok, déposé lors d'un coup d'État en octobre

Selon le communiqué, ils exigeront un cessez-le-feu, ainsi que la libération des prisonniers politiques et le rétablissement de l'accès humanitaire, encourageant le gouvernement à choisir la voie de la paix en "mettant fin aux frappes aériennes et autres hostilités".   

Selon les Nations unies, au moins 108 personnes ont été tuées depuis début janvier dans des frappes aériennes qui auraient été envoyées par les forces éthiopiennes dans le Tigré.  

Au milieu d'un conflit  

 

Notamment, suite à la démission du Premier ministre Abdullah Hamdok le 2 janvier, le corps de commandement des forces du Pacte national déclare qu'il tiendra des consultations dans le but de nommer un nouveau gouvernement intérimaire pour combler le vide. 

Des manifestants soudanais descendent dans les rues de la capitale Khartoum, le 25 décembre 2021, pour protester contre l'armée.
POHTO/AFP  -  Des manifestants soudanais descendent dans les rues de la capitale Khartoum, le 25 décembre 2021, pour protester contre l'armée

"L'organe de direction procédera à des consultations avec les composantes restantes pour nommer un gouvernement intérimaire jusqu'à ce que les parties se mettent d'accord à la fin du dialogue", a-t-il ajouté.    

Le Soudan est au cœur d'une crise qui a fragmenté le pays et sa population  

Le gouvernement actuel est confronté à des protestations massives de civils qui rejettent la continuité du commandement militaire dans les organes du pouvoir, exigeant la libération des dirigeants civils détenus, ce que les militaires refusent jusqu'à l'organisation de nouvelles élections.