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L'Irak dévoile un plan pour chasser les terroristes du camp d'Al-Hol

Les autorités irakiennes vont sécuriser la frontière avec la Syrie pour empêcher les terroristes de partir
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REUTERS/ALI HASHISH  -   Camp de déplacés d'al-Hol dans le gouvernorat de Hasakah, Syrie

Le camp d'Al-Hol est dans une situation dangereuse depuis des années, et loin d'être calmé, il est devenu de plus en plus dangereux. Il y a maintenant 62 000 personnes vivant dans un camp qui abrite des dizaines de milliers de parents de terroristes de l'ISIS. Ils restent dans une section spéciale soumise à de lourdes mesures de sécurité, ce qui n'empêche pas les attaques continues contre la population d'Al-Hol, où huit personnes ont été tuées au cours du seul mois de décembre. La situation pourrait s'aggraver après que les autorités irakiennes ont révélé l'intention de la Syrie de faire sortir les membres de l'organisation terroriste du camp.

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AFP/DELIL SOULEIMAN - Membres des forces spéciales des Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes.

Le général de division Yahya Rasoul, porte-parole du Premier ministre irakien Mustafa Al-Kadhimi, a publié une déclaration à la télévision dans laquelle il affirme qu'il existe un plan visant à faciliter le passage des terroristes de l'ISIS à travers la frontière commune entre l'Irak et la Syrie. Rasoul a déclaré qu'ils avaient pris des mesures pour "sécuriser la frontière irako-syrienne afin d'empêcher les terroristes d'entrer en Irak". Les familles qui occupent le camp d'Al-Hol sont en grande majorité des Irakiens qui y sont restés depuis que les autorités de Bagdad ont repris la ville de Mossoul en 2017.

Certains des habitants d'Al-Hol ont été déplacés vers d'autres camps situés dans la province irakienne de Ninive, ce qui n'a pas plu à une grande partie de la population, qui craignait la présence de terroristes dans le camp d'Al-Hol. Le sous-secrétaire du ministère irakien de l'Immigration, Karim Al-Nouri, a affirmé à l'époque que la grande majorité était irakienne et que sur les 30 000 personnes, deux tiers étaient des enfants et des jeunes de moins de 18 ans. Malgré cela, la coalition internationale dirigée par les États-Unis contre ISIS en Irak et en Syrie a mis en garde contre le risque de transformer Al-Hol en "incubateur" pour les extrémistes.

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AFP/DELIL SOULEIMAN - Camp de déplacés d'Al-Hol dans le nord-ouest de la Syrie

La peur autour de ce camp syrien a augmenté au fur et à mesure que l'année avançait. En 2021, 86 personnes ont été tuées, dont 63 réfugiés irakiens. Le chef de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdel Rahman, a averti que "le chaos et l'insécurité persistent à l'intérieur du camp" et que celui-ci est en train de devenir une "bombe à retardement". Les autorités du camp ont mené de nombreuses opérations contre les terroristes de l'ISIS, arrêtant jusqu'à 125 membres présumés de l'ISIS en mars, mais cela n'a pas empêché l'escalade de la violence.

La détection de ce plan visant à retirer les terroristes d'al-Hol permet aux forces irakiennes de renforcer leur présence à la frontière et d'éviter des dommages plus importants. Cependant, le danger ne semble pas diminuer, même si un dispositif de sécurité a été mis en place pour les proches des membres de l'ISIS. Le camp est de plus en plus bondé. Le nombre de réfugiés est passé de 50 000 à 62 000 en un peu plus de cinq mois et les pays occidentaux ayant des ressortissants à Al-Hol refusent de les rapatrier, aggravant encore les tensions dans un camp de plus en plus dangereux.