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Poutine relâche la pression sur l'Europe et permet à l'Allemagne et aux autres pays de faire le plein d'essence

Cette décision intervient alors que les tensions s'intensifient avec le Belarus, qui a menacé de bloquer le transit du gaz passant par son territoire
El presidente ruso, Vladímir Putin

PHOTO/AFP  -   Le président russe Vladimir Poutine

La Russie apaise les tensions énergétiques en Europe et permet à plusieurs pays d'augmenter leurs réserves de gaz alors que les températures hivernales arrivent dans le centre et l'est du continent. Cette mesure a permis de réduire les prix du gaz naturel, qui ont baissé d'environ 50 % par rapport à leur niveau record, mais qui ont encore augmenté de plus de 66 % sur l'année. Les contrats à terme pour la livraison en décembre étaient hier à 4,8 $ par million d'unités thermiques, en baisse par rapport à 5,88 $ il y a quinze jours.

Le président russe Vladimir Poutine a choisi d'augmenter l'approvisionnement par le pipeline Yamal-Europe qui traverse les territoires de la Russie, du Belarus, de la Pologne et de l'Allemagne. Le transport vers la Slovaquie est également en cours de développement. En conséquence, du gaz est stocké dans les infrastructures souterraines européennes, selon les données de l'opérateur allemand Gascade. Entre-temps, l'accord commercial est en cours de négociation pour la mise en service de Nord Stream, qui relie l'Allemagne et la Russie par voie maritime.

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AFP/AFP - Carte montrant les pipelines qui transportent le gaz russe à travers l'Ukraine, et les pipelines qui contournent le pays.

L'agence de presse Tass a indiqué que les exportations de gaz du gazoduc de Yamal vers l'Allemagne avaient repris lundi soir. Mardi, le volume de gaz s'est élevé à près de 860 000 mètres cubes par heure, contre 360 000 mètres cubes 24 heures plus tôt.

Ce changement intervient alors que les tensions politiques dans la région s'aggravent avec l'arrivée de milliers de réfugiés à la frontière entre le Belarus et la Pologne, qui rechigne également à recevoir le soutien de l'UE. Mercredi, Charles Michel, président du Conseil européen, s'est rendu à Varsovie pour soutenir le gouvernement polonais face à ce qu'il considère comme des agressions de la part du gouvernement de Loukachenko. En réponse, le dirigeant biélorusse a menacé jeudi de couper l'approvisionnement en gaz de l'Europe, une mesure qui, toutefois, a peu de chances d'être mise en œuvre sans l'autorisation de Poutine.

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AFP/ERIC PIERMONT Y GENYA SAVILOV - Le géant russe de l'énergie Gazprom

Fin octobre, le président russe a demandé au PDG de Gazprom, Alexei Miller, de réapprovisionner les réservoirs en Autriche et en Allemagne une fois que les réserves de la Russie seraient remplies. À cette époque, la compagnie gazière russe a déclaré avoir atteint le niveau prévu de 72,6 milliards de mètres cubes de réserves de gaz en Russie. Elle a toutefois ajouté que l'opération se poursuivrait jusqu'au 8 novembre.

M. Poutine a voulu montrer un visage plus amical à un moment où les pays européens craignent des pannes d'électricité et des pénuries de gaz naturel cet hiver. Et à un moment où les États-Unis, tout en essayant d'enlever le pouvoir que l'énergie donne à la Russie, ont réduit les fournitures de gaz à l'Europe.